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	<title><![CDATA[Bouillie de scribe par Sakutei]]></title>
	<description><![CDATA[Flux RSS des articles]]></description>
	<pubDate>Sat, 20 Mar 2010 21:58:49 +0100</pubDate>
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		<title><![CDATA[Chapitre 33 : La mélodie du ver de sang.]]></title>
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		<description><![CDATA[Les thuad&egrave;nes nordiques forment une branche &agrave; part du peuple des hauts elfes. Longtemps d&eacute;consid&eacute;r&eacute;s, jug&eacute;s comme des barbares &agrave; peine capable de parler, ils furent r&eacute;habilit&eacute;s dans le Sidh quelques temps apr&egrave;s l'accession au pouvoir du troisi&egrave;me Gardien.
Entre autre badineries, les...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;"><em>Les thuad&egrave;nes nordiques forment une branche &agrave; part du peuple des hauts elfes. Longtemps d&eacute;consid&eacute;r&eacute;s, jug&eacute;s comme des barbares &agrave; peine capable de parler, ils furent r&eacute;habilit&eacute;s dans le Sidh quelques temps apr&egrave;s l'accession au pouvoir du troisi&egrave;me Gardien.<br />Entre autre badineries, les nordiques sont r&eacute;put&eacute;s pour leur go&ucirc;t de la boisson, des jeux de d&eacute;s, des chansons paillardes et leur formidable app&eacute;tit. Mais bien &eacute;videment, ce qui marque les esprits &agrave; leur sujets, ce sont leur dispositions exceptionnelles pour le combat. Personne ne peut voir un nordique entrer en rage berserk sans fr&eacute;mir dans ses braies m&ecirc;me si elle ne lui est pas destin&eacute;e. L'attaque absolue est c&eacute;l&egrave;bre dans les chants et les noms des h&eacute;ros qui y succombent sont grav&eacute;s dans les m&eacute;moires. Les r&eacute;cits de la seconde bataille de Mag Tuired s'y &eacute;tendent abondement.</em><br /><em><br />Moins connu en revanche, et moins spectaculaire est l'Anterserk.<br />On dit que cet art p&eacute;rileux est aussi difficile &agrave; dompter qu'un &eacute;talon sauvage mais qu'il conf&egrave;re alors &agrave; son d&eacute;tenteur une puissance proche de l'invincibilit&eacute;. Face &agrave; l'Anterserk, on raconte que plus l'ennemi est fort, et plus il tombe rapidement. Le simple fait d'envisager ce que &ccedil;a peut &ecirc;tre est effrayant.</em><br />&nbsp;<br />Quarante guerriers qui caracolent dans les herbes, &ccedil;a fait le double de bottes. Autant dire un sacr&eacute; raffut. La galopade du troupeau fait trembler le sol. Les hal&egrave;tements s'entrem&ecirc;lent et enflent en une esp&egrave;ce de mugissement bestial collectif. Les boucles de m&eacute;tal cliqu&egrave;tent, des pi&eacute;cettes tintent dans les bourses, on entend m&ecirc;me parfois le crissement plus discret du cuir entre deux respirations rauques. Les t&ecirc;tes ondulent comme une mar&eacute;e, cheveux au vent ou bien casqu&eacute;es de ce cuivre qui se pare de reflets chauds dans les lueurs des quelques torches emmen&eacute;es par les pr&eacute;voyants. <br />Quelques originaux se pensent assez en forme pour bavarder mais globalement les &eacute;changes sont limit&eacute;s &agrave; des grognements ponctu&eacute;s de jurons bien gras.<br /><br />Luk conduit le groupe par un chemin d&eacute;tourn&eacute;, tout autant pour &eacute;viter de traverser tout le camp et ses obstacles en forme de buveurs &eacute;croul&eacute;s que pour d&eacute;fouler un peu tout le monde, lui compris.<br />M&ecirc;me s'il est encore sous le coup de la col&egrave;re, le Marcheur-des-Cieux reste avant tout le commandant des thuad&egrave;nes. Tout bon chef sait qu'on ne m&egrave;ne pas des soldats au combat comme on entra&icirc;ne des f&ecirc;tards &agrave; une beuverie. Il ne s'agit pas seulement de les stimuler, il faut aussi les contr&ocirc;ler afin qu'ils agissent comme une entit&eacute; farouche et meurtri&egrave;re et non comme une bande de braillards &eacute;chevel&eacute;s. Et m&ecirc;me s'il faut admettre qu'il y a quelque chose de profond&eacute;ment jouissif dans le simple fait de se ruer torse nu avec juste un reflet de lune pour habiller le fer d'une hache brandie au dessus de sa t&ecirc;te, il faut &eacute;galement convenir que ce n'est pas une mani&egrave;re tr&egrave;s &eacute;volu&eacute;e de trucider son voisin. Et c'est bien souvent ce qui fait la diff&eacute;rence entre un vainqueur et un vaincu : l'&eacute;volution. L'adapt&eacute; pi&eacute;tine le d&eacute;pass&eacute;.<br /><br />Les thuad&egrave;nes &eacute;crasent finalement les derniers ronds de tr&egrave;fle blanc qui les s&eacute;parent du sommet de la coline bois&eacute;e o&ugrave; se tapit la grotte du Gardien. A une bonne centaine de m&egrave;tres, Luk l&egrave;ve le poing pour arr&ecirc;ter la troupe, provoquant une bousculade un peu confuse dans les derniers rangs.<br /><br /></span>- A partir de maintenant, plus un bruit. Nous devons estimer combien seront les tra&icirc;tres et s'ils sont alert&eacute;s, ils se cacheront.<br /><br /><span style="color: #888888;">Une s&eacute;ance de chuchotis assez bruyante s'en suit pour transmettre la consigne. Le Marcheur d&eacute;visage les quelques faci&egrave;s qu'il peut examiner sous les flambeaux. Les traces de l'ivresse semblent d&eacute;j&agrave; s'&ecirc;tre estomp&eacute;es sur la majorit&eacute; des pommettes et des l&egrave;vres. Les teints sont rouges, mais pas de cette mont&eacute;e de sang li&eacute;e &agrave; l'alcool. Les regards sont clairs et r&eacute;solus, en attente.<br /><br /></span>- Je vais y aller seul.<br /><br /><span style="color: #888888;">D&eacute;ception g&eacute;n&eacute;rale, les &eacute;paules s'affaissent. Sans s'en pr&eacute;occuper, Luk se d&eacute;tourne de quelques pas et fait un signe de l'index &agrave; son lieutenant. La masse muscl&eacute;e du nordique fait sentir ses effluves de transpiration acre d'un peu plus pr&egrave;s. Les deux guerriers s'avancent de quelques pas et s'accroupissent derri&egrave;re les branches basse d'un petit noisetier pour observer l'entr&eacute;e du palais. Une bonne quinzaine de lanciers arpentent la pierre lisse, visiblement en proie &agrave; un ennui ferme : le groupe de Crudug. Voil&agrave; qui est tr&egrave;s inhabituel&hellip; le Gardien moins que tout autre a besoin d'&ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;. <br />Luk laisse revenir doucement la branche souple qu'il tient en l'air et chuchotte &agrave; son lieutenant sous son haume de b&ecirc;te :<br /><br /></span>- Tu t'en doutes Bjorn, je veux surtout les prendre par surprise. J'ai l'intime conviction que Crugud va nous causer des probl&egrave;mes&hellip; et j'esp&egrave;re qu'il va nous en causer, <span style="color: #888888;">l</span><span style="color: #888888;"><span style="color: #888888;">&acirc;c</span>he t-il d'un ton &acirc;pre.</span><br />- Quoi ? T'as tellement envie que &ccedil;a de lui coller ton poing en travers de la figure ?<br />- Je n'aime pas ce genre de gaillard. Bien du style &agrave; te sectionner net le tendon du talon pendant que tu roupilles pour se prendre une avance sur la course &agrave; la gloire.<br /><span style="color: #888888;">Pour tout commentaire, le nordique se fend d'un &eacute;loquent :</span><br />- Hmm.<br /><span style="color: #888888;">Auquel son sup&eacute;rieur r&eacute;pond par un :</span><br />- Et puis il faut reconna&icirc;tre que ce n'est jamais bon de laisser mariner des gars dans le jus de leur sueur trop longtemps apr&egrave;s les avoir tir&eacute; de leur beuverie.<br />- Hmm.<br />- Oui bon &ccedil;a va ! Oui j'ai envie de le massacrer ! Il se tire en douce et ne s'est m&ecirc;me pas pr&eacute;occup&eacute; de Miyanne ?! Attend moi je vais lui rappeller qui c'est qui commande ici. Je veux bien &ecirc;tre tol&eacute;rant et avoir les id&eacute;es larges, mais je le chef ici, c'est moi ! Pas ce sous-fifre ridicule bouffi d'arrogance et de sa propre importance. (&hellip;). Quoi t'as pas vu comme il s'est amen&eacute; avec sa bouche en c&oelig;ur et ses&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Incroyable ce qu'une conversation sans r&eacute;partie peut amener comme petites confessions. Il faut ajouter au compte de Luk qu'il est passablement en rogne &ndash;contre tout le monde de surcro&icirc;t- et que &ccedil;a langue a tendance &agrave; s'emballer dans ce genre de situation. Sa diatribe ne s'interrompt que lorsque Bjorn racle le couloir qui lui sert de gorge :</span><br /><br />- Marcheur, pourquoi le Gardien aurait-il voulu r&eacute;cup&eacute;rer les cadavres ?<br />- Tu n'as pas encore compris ? <span style="color: #888888;">(Luk se mord la l&egrave;vre sous le coup de la nervosit&eacute;).</span> Il va les revivifier. Il va rendre la vie &agrave; ces corps ennemis !<br />- Hurmph. Le Gardien peut faire ce genre de chose ?? <span style="color: #888888;">La voix du nordique trahit son intense surprise. On peut vivre dans un monde baign&eacute; de magie et &ecirc;tre encore stup&eacute;fait par certains pouvoirs.</span><br />- Tu en doutais ? Oui, le Gardien peut donner la vie. Il est principe instruit et principe cr&eacute;ateur. Il est le Dagda Nuadien, celui qui fait fleurir ou mourir. <br /><span style="color: #888888;">Bjorn s'appr&ecirc;te &agrave; r&eacute;pliquer mais Luk abbat sa lourde pogne gant&eacute;e sur son &eacute;paule et pivote sur les talons pour le regarder plus attentivement au travers de la fente &eacute;troite de son heaume.</span><br />- Je sais que tu d&eacute;sapprouves tout &ccedil;a et je veux pas lire de cl&eacute;mence dans tes yeux. Cela dit, tu conviendras avec moi que rendre la vie &agrave; nos ennemis reviens &agrave; nier le sacrifices de nos fr&egrave;res ! Tous ces morts en vains ? Alors pourquoi le Gardien m'aurait-il envoy&eacute; ch&acirc;tier ces intrus ?<br /><br /><span style="color: #888888;">La v&eacute;rit&eacute; bien s&ucirc;r, c'est que Luk a agi de son propre chef. Mais &ccedil;a, il est inutile de le pr&eacute;ciser lorsqu'on s'est d&eacute;barass&eacute; de notions telles que l'amour-propre et l'honn&ecirc;tet&eacute;.</span><br /><br />- Je vois&hellip;<br />- Tant mieux pour toi, parce que moi je ne comprends pas. Et je comprends encore moins pourquoi ce Crudug vient pi&eacute;tiner mon autorit&eacute; ! <span style="color: #888888;">(Luk inspire un grand coup pour museler sa col&egrave;re encore quelques instants.)</span>. Reste attentif Bjorn, <span style="color: #888888;">l&acirc;che t-il pour toute instruction d'une voix sombre.<br /></span><br /><span style="color: #888888;">Et sans attendre de r&eacute;ponse, Luk se redresse et franchit le rideau des frondaisons basses pour s'avancer dans le p&eacute;rim&egrave;tre &eacute;clair&eacute; de l'entr&eacute;e. Il marche d'un pas mesur&eacute;, et malgr&eacute; son attirail guerrier au grand complet, son attitude ne d&eacute;mend rien des pulsions belliqueuses qui serpentent sous sa peau.<br />Les sentinelles r&eacute;agissent dans un bel ensemble, abaissant leurs piques pratiquement &agrave; la m&ecirc;me seconde. En se rapprochant, Luk examine chacun des visages, t&acirc;chant d'en reconna&icirc;tre un pour jouer plus facilement de son influence. Mais sur ce point, ses esp&eacute;rances doivent &ecirc;tre d&eacute;&ccedil;ues. Tous ces soldats sont pour ainsi dire inconnus au bataillon.<br /></span><br />- Qui- qui va l&agrave; ?? Qui es-tu ?? N'avance pas !<br /><br /><span style="color: #888888;">En voil&agrave; un qui n'a pas l'air d'&ecirc;tre en veine d'h&eacute;roisme. Visiblement ses mains glissent d&eacute;j&agrave; sur le bois lisse de sa lance car il les essuie une par une sur sa tunique. Mais avant que Luk ne puisse d&eacute;cliner son nom, une autre voix s'&eacute;l&egrave;ve de l'int&eacute;rieur de la grotte.</span><br /><br />- Qu'est ce qu'il se passe ?<br />- Un d&eacute;mon ! C'est un d&eacute;mon ! <br />- Cr&eacute;tin ! Laisse moi voir.<br /><span style="color: #888888;"><br />Alors que Luk s'avance tranquillement vers l'ouverture vaguement ronde, une autre silhouette &eacute;mmerge de l'obscurit&eacute; int&eacute;rieure pour se planter devant ses gardes. Front plat, m&acirc;choire &eacute;troite et une lueur stupidement born&eacute;e dans le regard qui donnerait &agrave; penser que les thuad&egrave;nes pourraient bien descendre du mouton.<br />Le commandant en chef de toutes les arm&eacute;es thuad&egrave;nes pousse un soupir en consid&eacute;rant celui que certains reconnaissent pour meneur. Une vraie t&ecirc;te d'abruti. De penser qu'un tel type lui met des b&acirc;tons dans les roues&hellip; La rage palpite &agrave; nouveau, glougloutant dans ses veines, avivant le rythme de son c&oelig;ur et &eacute;carquillant ses yeux fous. Il parvient n&eacute;nanmoins &agrave; maitriser sa voix pour entonner le salut rituel :<br /></span><br />- Salut &agrave; toi Crudug, tu ne me reconnais pas ? Ecarte tes hommes que je puisse passer, je dois voir le Gardien.<br />- Qu'est ce que&hellip; ?<br />- Im-m&eacute;-dia-te-ment.<br /><br /><span style="color: #888888;">Les incontestables accents d'autorit&eacute; font fl&eacute;chir la morgue du petit chef qui avance sa l&egrave;vre inf&eacute;rieure d&eacute;j&agrave; naturellement proh&eacute;minente, ce qui lui donne un air d'ahuri des collines pour le moins disgracieux. Il se tortille un instant, conscient d'&ecirc;tre perc&eacute; de part en part par les regards crois&eacute;s de ce nouveau venu cuirass&eacute; et de ses hommes. Finalement, il livre le fruit de ce qui semble &ecirc;tre une intense r&eacute;flexion :</span><br /><br />- Marcheur ?<br />- Ta perspicacit&eacute; est &eacute;poustoufflante. Aller &eacute;carte toi.<br />- Pourquoi cette tenue ?<br /><span style="color: #888888;">Luk s'approche encore de trois pas, juste &agrave; la limite des pointes toujours abaiss&eacute;es dans sa direction.<br /></span>- Oh tu n'est pas au courant Crudug ? Les thuad&egrave;nes se pr&eacute;parent &agrave; la guerre&hellip;<br />- Je le sais bien ! <span style="color: #888888;">Crache l'autre subitement.<br /><br />Le Marcheur-des-Cieux sourit sous casque, la col&egrave;re palpite maintenant entre les deux hommes comme un corps incandescent. Abaissant l&eacute;g&egrave;rement la t&ecirc;te, il reprend :<br /></span><br />- Laisse moi passer maintenant.<br />- Non.<br />- Veux-tu mourir ?<br />- Mes ordres viennent du Dagda Nuadien. Ils sont clairs et m&ecirc;me toi, Marcheur, tu ne peux les outrepasser.<br />- Ob&eacute;issez &agrave; mon ordre soldats ! Reculez imm&eacute;diatement pour laisser passer votre commandant !<br /><span style="color: #888888;">Les lanciers h&eacute;sitent, tirall&eacute;s au suplice par ce duel de volont&eacute;s.</span><br />- Que personne ne bouge ! Nous devons emp&ecirc;cher quiconque d'entrer, souvenez vous d'o&ugrave; nous tenons nos ordres !<br />- Ferme la Crudug !<br />- Marcheur, si tu avances encore nous serons contraints de t'abattre.<br /><span style="color: #888888;">Luk porte une main &agrave; sa poitrine, sinc&egrave;rement &eacute;tonn&eacute;.</span><br />- Tu pr&eacute;tends pouvoir me terrasser ?<br />- Ne soit pas si pr&eacute;tentieux, nous sommes assez nombreux pour te maitriser.<br />- Tu en es s&ucirc;r ? Ne te trompe pas dans ton estimation, elle pourrait t'&ecirc;tre fatale.<br />- Fanfaronnades !<br />- Non Crudug, je suis simplement parfaitement s&ucirc;r de moi. Il n'y a pas de raison de ne pas l'&ecirc;tre quand on est le plus fort. Lorsque l'on est plus puissant que son adversaire, on peut se targuer d'arrogance et de m&eacute;pris. Pour moi, vous tous ici, n'&ecirc;tes que des larves. <span style="color: #888888;">(</span><span style="color: #888888;"><span style="color: #888888;">P</span>uis d'une voix plus forte)</span>. N'oubliez pas &agrave; qui vous vous adressez ! Je suis le Marcheur-des-Cieux, et cette nuit, je suis sur le pied de guerre. Alors ?! Qui veut encore d&eacute;fier ma toute puissance ?!<br /><br /><span style="color: #888888;">Sans m&ecirc;me d&eacute;gainer, Luk d&eacute;tourne une lance d'un simplement mouvement sec de l'avant bras et passe dans la garde des piquiers. Ces derniers ne savent pas exactement comment r&eacute;agir ; deux d'entre eux reculent pour r&eacute;ajuster leurs armes sur la poitrine de leur chef mais la plupart son ind&eacute;cis. Il y en a m&ecirc;me un qui ploie un genou devant Luk en signe de soumission.</span><br /><br />- Marcheur, jamais je ne trahirai&hellip;<br />- Recule Marcheur !<br />- Stop !<br />- Crudug, c'est maintenant que tu te d&eacute;cides !<br />- Crudug qu'est ce qu'on fait ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Un bref silence s'en suit au cours duquel l'int&eacute;ress&eacute; se passe exactement quatre fois la langue sur les l&egrave;vres et se tord les mains. Et d'un coup :</span><br /><br />- Soldats ! Arr&ecirc;tez le Marcheur-des-Cieux ! Il ne doit PAS passer.<br />- Tu as tort de te croire capable de chose qui ne sont pas &agrave; ta port&eacute;e !<br /><br /><span style="color: #888888;">Luk d&eacute;vie &agrave; nouveau les lances de son bras cuirass&eacute; et allonge deux enjamb&eacute;es rapides. Les soldats encore loyaux &agrave; Crudug r&eacute;agissent en l'entourant d'un cercle d'&eacute;pines d'acier. Crudug lui-m&ecirc;me d&eacute;gaine son &eacute;p&eacute;e et la pointe &agrave; l'horizontale dans le prolongement de son bras. <br />Rapide comme un f&eacute;lin, Luk lui attrape le poignet et le tire &agrave; lui, faisant passer la lame courte par-dessus son &eacute;pauli&egrave;re. Il envoie sa t&ecirc;te m&eacute;chament casqu&eacute;e rebondir contre le&nbsp; visage qui s'avance &agrave; lui. Le bronze gagne, un os claque, Crudug braille. Il recule, les deux mains serr&eacute;es autour de son nez duquel suinte d&eacute;j&agrave; un sang vermillon. </span><br /><br />- ARrrghhh !<br /><span style="color: #888888;">Les lanciers sursautent.</span><br />- BJORN !<br /><br /><span style="color: #888888;">A peine finit-il de lancer cette syllabe rugueuse qu'un fracas se fait entendre. La sol se remet &agrave; trembler sous l'impact des bottes. Les gardes pris &agrave; revers n'ont que le temps de se retourner pour voir leurs propres fr&egrave;res et s&oelig;urs se ruer sur eux ! T&eacute;tanis&eacute;s par la charge, les braves se figent pour lutter et les autres pissent dans leur froc, l&acirc;chent leur pique et l&egrave;vent les deux mains, paumes vers le haut. L'empoignade commence, parfaitement in&eacute;gale et d'une violence parfaitement inutile. Les sang gicle d&eacute;j&agrave; sur les parois de la grotte. Les malheureux qui ont fait l'erreur de rester loyaux et courageux se font salement &eacute;charper par les lames vengeresse. Seule l'&eacute;troitesse de l'ouverture leur permet d'offrir une r&eacute;sistance &agrave; leurs assaillants.<br />Voyant &ccedil;a, Crudug d&eacute;tale dans la caverne, entra&icirc;nant avec lui quelques uns de ces guerriers. Luk s'&eacute;lance sur ses talons, faisant crisser les plaques de son armure &eacute;tincellante. Un simple coup d'&oelig;il par-dessus l'&eacute;paule lui permet de constater qu'un autre soldat vient de se lancer &agrave; ses trousses dans l'espoir vain de le rattraper.<br /><br />Les couloir tortueux du palais du Dagda ne sont pas propices &agrave; ce genre de course fr&eacute;n&eacute;tique. Mais Luk conna&icirc;t assez bien les lieux pour en exploiter les tours et les d&eacute;tours. Il sait o&ugrave; va Crudug, il n'y a pas trente-six destinations. Tout en courant, Luk s'adresse &agrave; voix basse au ma&icirc;tre du Sidh.</span><br /><br />- Gardien, je sais que tu m'entends&hellip; pourquoi ?<br /><span style="color: #888888;">La r&eacute;ponse ne se fait pas attendre, &eacute;chos murmur&eacute; parmi les soupirs venteux.</span><br />- Pourquoi pas Luk ?<br />- Ne joue pas avec moi ! C'est une trahison !<br />- N'est ce pas toi qui vient d'ordonner la mise &agrave; mort de mes braves protecteurs pour p&eacute;n&egrave;trer dans mon palais par la force ?<br /><span style="color: #888888;">Luk s'immobilise au d&eacute;tour d'une colonne de calcaire et l&egrave;ve son bras &agrave; mi hauteur pour s'appuyer sur la pierre froide.</span><br />- Je viens faire ce qui doit &ecirc;tre pour pr&eacute;server notre peuple et notre race.<br />- Dans ce cas, agis selon ton instinct Luk&hellip; et j'agirais selon le mien.<br />- M&ecirc;me si &ccedil;a signifie que l'on doit s'affronter ?!<br /><br /><span style="color: #888888;">La question reste sans r&eacute;ponse, la pr&eacute;sence du Gardien semble se faire boudeuse&hellip; ou est-ce simplement joueuse ? <br />Bient&ocirc;t, les &eacute;chos des pas du poursuivant se font entendre. Luk croise les mains devant son haume et prend une profonde inspiration. Au moment idoine, il pivote brutalement et ass&egrave;ne un sale coup de coude dans la figure du lancier qui bascule cul par-dessus t&ecirc;te.<br />Le Marcheur-des-Cieux rench&eacute;rit d'un coup de botte et d&eacute;gaine son &eacute;p&eacute;e d'un geste sec.<br /></span><br />- M..Marcheur&hellip; <span style="color: #888888;">l&acirc;che l'autre d'un ton implorant, tendant sa main droite comme pour se prot&eacute;ger.</span><br />- Trop tard, il ne fallait pas choisir le mauvais chef. Et il ne fallait pas non plus me suivre sans r&eacute;fl&eacute;chir. Imb&eacute;cile, tu l'as bien m&eacute;rit&eacute;.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le son sec et tranchant r&eacute;sonne sous la voute, suivi d'un gargouillis lamentable. La lame de bronze se teinte d'un sang de thuad&egrave;ne, ce peuple m&ecirc;me que Luk s'est jur&eacute; de d&eacute;fendre et prot&egrave;ger. </span><br /><br />- Parfois il faut couper un membre pourri pour sauver le corps, <span style="color: #888888;">l&acirc;che Luk pour toute &eacute;pitaphe avant de reprendre sa course.<br /><br />Il entame la lente et p&eacute;nible ascencion en spirale qui conduit &agrave; la salle du tr&ocirc;ne. Alors qu'il d&eacute;bouche dans l'anti-chambre &eacute;clair&eacute;e par des bassins phosphorescents, un bruit m&eacute;tallique le fait bondir en arri&egrave;re. Une lame fend l'air. Luk remonte ses coudes. Le sifflement se fait plus a&iuml;gu et se brise sur un tintement clair. Le Marcheur-des-Cieux abaisse lentement son avant bras, laissant Crudug retirer l'&eacute;p&eacute;e qu'il vient de parer de son brassard.<br /></span><br />- Une attaque sournoise hein ?<br />- Cr&egrave;ve Marcheur ! <span style="color: #888888;">La voix de Crudug est encore plus nasillarde &agrave; pr&eacute;sent, avec son nez cass&eacute; qui pisse le sang.</span><br />- Idiot, tu arrives deux cent ans trop tard pour esp&egrave;rer seulement me faire transpirer.<br />- AAAARgh !<br /><br /><span style="color: #888888;">Crudug s'&eacute;lance avec rage et, il faut le noter, une certaine bravoure. Luk fl&eacute;chit les genoux, esquive son assaut d'un simple bond et d&eacute;gaine son &eacute;p&eacute;e. Les deux lames s'entrechoquent une fois. Crudug doit reculer sous le coup d'une parade aussi brutale que puissante qui manque de lui d&eacute;mettre l'&eacute;paule. Au m&ecirc;me moment, un lancier surgit des ombres pour tenter de faire pencher la balance. A cause de son heaume, Luk n'a pas le temps de le voir arriver et sent une morsure br&ucirc;lante le saisir entre deux c&ocirc;tes, dans le d&eacute;faut de la cuirasse. <br />Il repousse le guerrier sans m&eacute;nagement, &eacute;t&ecirc;tant sa pique d'un revers bien senti et se retourne vers son adversaire principal. Le lancier d&eacute;sarm&eacute; d&eacute;tale sans demander son reste. Crudug repart d&eacute;j&agrave; &agrave; l'assaut, Luk d&eacute;vie sa lame de justesse. Les corps se heurent. Les deux l&acirc;chent des r&acirc;les sourds. Un bras s'&eacute;l&egrave;ve et claque contre un torse. Finalement ils se s&eacute;parent sur un nouvel &eacute;change violent et bref. Reculant de quelque pas, Luk cale ses appuis contre un stalagmite et s'&eacute;lance en rugissant. Comme pr&eacute;vu face &agrave; ce genre d'assaut, Crudug se voute pour amortir l'impact. Luk &eacute;crase son adversaire d'un terrible coup de taille, le for&ccedil;ant &agrave; se baisser d'avantage. Son &eacute;p&eacute;e crisse en poussant sur la garde de sa jumelle. <br />Crudug bande alors ses muscles pour se redresser d'un bloc. C'est ce qu'escomptait Luk. Port&eacute; par son mouvement, il d&eacute;tend ses jambes et bondit en l'air. Un&nbsp; saut prodidigieux qui le porte au dessus de la t&ecirc;te lev&eacute;e de Crudug. Sa main gant&eacute;e s'accroche &agrave; une asp&eacute;rit&eacute; du plafond qui s'effrite sous ses doigts. Suspendu entre deux respirations, il branle du chef &agrave; l'attention de son adversaire.<br /></span><br />- Et maintenant, contemple la raison pour laquelle on m'appelle le Marcheur-des-Cieux. Contemple et meurs !<br /><br /><span style="color: #888888;">Luk l&acirc;che sa prise et se laisse tomber de tout son poids. L'autre l&egrave;ve son &eacute;p&eacute;e pour parer le coup et ploie sous la violence du choc. Le bronze tinte &agrave; nouveau. Crudug se retourne pour chercher son capitaine et l&acirc;che un hoquet en consid&eacute;rant&hellip; rien.<br />Le Marcheur des Cieux ne se trouve pas l&agrave; o&ugrave; il aurait d&ucirc; atterir pour la bonne et simple raison qu'il vient de rebondir en l'air, utilisant la force de la parade pour se propulser &agrave; nouveau.<br />Crudug a juste le temps de lever la t&ecirc;te pour voir le haume de Luk &agrave; quelques centim&egrave;tres de son nez. Son &eacute;p&eacute;e lev&eacute;e en diagonale au niveau de son menton. Le geste parfait son bras pour lui trancher la gorge. Sans qu'un cri ne puisse s'&eacute;chapper de ses cordes vocales lac&eacute;r&eacute;es, le petit chef titube en arri&egrave;re, laissant &eacute;chapper un gros bouillon de sang de sa plaie ouverte. Il oscille de quelques pas, tente d'articuler quelque chose mais rien d'autre ne sort que d'avantage de sang. Encore et encore du sang. Ses doigts tentent de comprimer ce qu'ils ne peuvent pas r&eacute;parer. Finalement il tombe, incapable de contenir l'&eacute;coulement qui prive son cerveau du pr&eacute;cieux liquide.<br />Luk a d&eacute;j&agrave; rengain&eacute; lorsqu'il touche le sol. Il se redresse souplement et plape son flanc &eacute;corch&eacute; par le coup tra&icirc;tre. Rien de m&eacute;chant. <br />Des formes confuses qui s'avancent rapidement vers lui. Le puissant nordique qui revient accompagn&eacute; de deux hommes et une femme.</span><br /><br />- Bjorn&hellip;<br />- C'est termin&eacute; dans l'entr&eacute;e, les gars de Crudug se sont fait laminer. J'ai laiss&eacute; le troupeau pour garder les quelques brebis qui avaient attrap&eacute; la tremblante et nous voil&agrave;.<br />- Tu es bless&eacute;.<br /><span style="color: #888888;">C'est un constat, pas une question. L'&eacute;paule du lieutenant s'ouvre sur une estafilade qui laisse &eacute;chapper un filet sombre.</span><br />- Un moment d'inattention.<br />- C'est bien la premi&egrave;re fois que je te vois manquer d'attention&hellip; bon, soyons prudent, il reste sans doute quelques types en maraude l&agrave; dedans.<br /><br /><span style="color: #888888;">Les groupe s'enfon&ccedil;e dans le goulet plus &eacute;troit qui s&eacute;pare l'anti-chambre de la salle du tr&ocirc;ne &agrave; proprement parler. Leur arriv&eacute;e ne passe pas inapper&ccedil;ue, une maigre poign&eacute;e d'hommes se tiennent d&eacute;j&agrave; pr&ecirc;t &agrave; les recevoir, camp&eacute;s au sommet d'une courte vol&eacute;e de marche. Juste derri&egrave;re eux, on peut apercevoir la forme obscure du Gardien.</span><br /><br />- Le Dagda ! &Ccedil;a suffit, arr&ecirc;tons &ccedil;a. Ces larves ne vont pas m'emp&ecirc;cher de passer alors fait les reculer.<br /><br /><span style="color: #888888;">Les cinq thuad&egrave;nes s'immobilisent &agrave; distance respectable, les nerfs &agrave; fleurs de peau. En face, les trois lanciers post&eacute;s en arr&ecirc;t ne trahissent aucun sentiment, aucune nervosit&eacute;&hellip; rien. Le Gardien leur a probablement fait quelque chose pour qu'ils soient &agrave; ce point inexpressifs. Ce n'est pas bon.<br />Retenant les autres d'un mouvement sec de la main, Luk s'avance lentement, un pas apr&egrave;s l'autre. Son casque reluit d'&eacute;clats froids et bleut&eacute;s lorsqu'il passe &agrave; proximit&eacute; des bassins phosphorescents. Sa silhouette m&ecirc;me semble un instant devenir plus floue et plus t&eacute;n&eacute;breuse. Malgr&eacute; &ccedil;a, les autres guerriers ne remuent pas un cil. On ne pourrait jurer qu'ils respirent. <br />Mais Luk ne s'y laisse pas prendre. Avec une lenteur d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e, il d&eacute;gaine ses deux &eacute;p&eacute;es et les croise devant sa poitrine.</span><br /><br />- Derni&egrave;re chance&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Pas de r&eacute;ponse. Le commandant rejette la t&ecirc;te en arri&egrave;re, prend une courte inspiration et bondit en avant. D'un moulinet, il fait sauter deux lances et se retourne en croisant les bras. Ses &eacute;p&eacute;es jaillissent de chaque cot&eacute;s, fauchant deux des soldats qui reculent en sautillant. Tournant les talons, il pare un coup maladroit et r&eacute;plique avec une sauvagerie &eacute;claboussante. Prenant alors appui sur le corps d&eacute;capit&eacute; de son dernier adversaire, il se lance en avant et projette carr&eacute;ment son &eacute;p&eacute;e gauche vers le second bless&eacute;. Le m&eacute;tal tournoie en sifflant et percute le cr&acirc;ne casqu&eacute; de sa cible, laquelle s'&eacute;croule, toute molle. <br />Il n'en reste qu'un. Luk prend &agrave; nouveau appui sur une colonne pour se relancer. L'autre ajuste son arme. La lance crisse sur son pectoral, n'y arrachant que des &eacute;tincelles avant de se faire d&eacute;tourner. Un nouveau choc sourd, celui d'un corps qui d&eacute;vale les marches. Pas un cri n'a &eacute;t&eacute; prof&eacute;r&eacute; pendant le bref &eacute;change.<br /></span><br /><span style="color: #888888;">Le Marcheur-des-Cieux appuie sa botte contre le cr&acirc;ne fendu et tire d'un coup sec pour d&eacute;gager son &eacute;p&eacute;e. Il secoue ses deux lames une unique fois pour en chasser le sang qui vient t&acirc;cher le sol d'arcs de cerle dont la couleur appara&icirc;t d'un noir d'encre sous cet &eacute;clairage &eacute;trange. </span><br /><br />- Et maintenant, &ccedil;a suffit. <br /><span style="color: #888888;"><br />Luk monte les derni&egrave;res marches. Le Gardien lui tourne le dos, pench&eacute; sur les corps des humains. </span><br /><br />- GARDIEN !<br />- Ne crie pas ainsi Marcheur. Tu crois peut-&ecirc;tre que les &eacute;clats de cette escarmouche ne r&eacute;sonnent pas d&eacute;j&agrave; suffisement &agrave; mes tympans ?<br /><span style="color: #888888;">La forme t&eacute;n&eacute;breuse ne se retourne pas pour autant, des &eacute;clairs bleut&eacute;s frangent ses contours, lui conf&eacute;rant un aspect orageux comparable au ciel dehors.</span><br />- Alors arr&ecirc;te de me faire la sourde oreille.<br />- Et que veux-tu que je te r&eacute;ponde ? Mon guerrier, mon soldat. Tu es fait pour combattre et moi pour guider. Parfois, nos buts ne sont pas totalement en harmonie. C'est ainsi.<br />- C'est ainsi ? Voil&agrave; ton explication pour revivifier nos ennemis. Je te pr&eacute;viens Gardien, je ne te laisserai pas faire.<br />- Et comment compte-tu m'en emp&ecirc;cher ? Par l'&eacute;p&eacute;e ? Comme avec ces innocents soldats que tu as massacr&eacute; sans piti&eacute; ?<br />- Si notre sang doit couler pour qu'il soit pr&eacute;serv&eacute; par la suite, alors qu'il en soit ainsi.<br />- Vraiment ?<br />- Oui.<br />- Vraiment&hellip;<br /><span style="color: #888888;">La voix du Gardien prend une intonation plus profonde. Le sol se met &agrave; trembler et des raclements de pierre viennent perturber les &eacute;chos paisibles.</span><br />- Vraiment, <span style="color: #888888;">r&eacute;p&egrave;te t-il encore.<br />Il se passe quelque chose. Des mouvement dans l'air. Des pulsions dans la roche.</span><br /><br />- Marcheur ! Marcheur ! Raaaargh !<br /><br /><span style="color: #888888;">Le bruit du m&eacute;tal contre la pierre. Luk se retourne d'un bloc. Les gargouilles protectrices sont l&acirc;ch&eacute;es ! Leurs mouvements vifs et cruels sont trop rapides pour les guerriers. L'un des leurs est d&eacute;j&agrave; &agrave; terre, baignant dans son propre sang. Les trois autres reculent pr&eacute;cipitement dans un coin. La femme est &agrave; la tra&icirc;ne, ralentie par une blessure au genou, elle se fait attraper par la ceinture. La gargouille l'entra&icirc;ne en l'air, ignorant ses gesticulations inutiles sur son &eacute;piderme de pierre. </span><br /><br />- Arr&ecirc;te &ccedil;a ! Rappelle les !<br /><br /><span style="color: #888888;">Alors, au lieu de r&eacute;pondre, le Gardien appara&icirc;t soudainement tout contre Luk et l'attire dans une &eacute;treinte suffoquante.</span><br /><br />- Un nouveau choix se pr&eacute;sente &agrave; toi Luk, mais il faut penser vite. Vas-tu sacrifier tes compagnons pour m'emp&ecirc;cher de terminer ? <span style="color: #888888;">Murmure-t-il avant de le repousser d'un coup qui le laisse d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute; un court instant. Luk rel&egrave;ve les yeux et serre les dents.<br />Un cri de terreur s'&eacute;chappe de la gorge f&eacute;minine lorsqu'elle se voit projett&eacute;e avec violence contre le mur du fond. Sa t&ecirc;te butte contre le roche, elle glisse par terre, amorphe. Probablement morte sur le coup.</span><br /><br />- RAAAAH !<br /><br /><span style="color: #888888;">Aveugl&eacute; par la col&egrave;re. Luk l&egrave;ve ses deux &eacute;p&eacute;es et tente d'en frapper son ma&icirc;tre. Ce dernier esquive sans mal sa premi&egrave;re lame et s'empare de la deuxi&egrave;me dans sa poigne d'ours.</span><br /><br />- Est-ce sage Marcheur ? Est-ce sage ?<br />- Je te l'ai dit, je t'arr&ecirc;terai !<br />- Tu essaieras, et moi je tenterai de continuer. Voyons qui de nous deux est le plus fort.<br /><br /><span style="color: #888888;">La main du Gardien accentue sa pression, for&ccedil;ant Luk a plier le bras. Sa lame se rapproche dangeureusement de sa propre gorge ! Contraint &agrave; la d&eacute;fense, il laisse tomber sa deuxi&egrave;me &eacute;p&eacute;e et applique toute sa force &agrave; repousser son ma&icirc;tre et seigneur. M&ecirc;me ainsi, il commence &agrave; d&eacute;raper sur le sol, incapable de contenir la totalit&eacute; de cette puissance incommensurable.<br /><br /></span></span>
<div style="text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">***</span><br /><br /></span></div>
<span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">Bjorn recule d'un coup pour &eacute;viter les griffes de ces volatiles min&eacute;rals. La situation est critique et le Marcheur est aux prises avec le Gardien lui-m&ecirc;me ! Que doit-il faire ? Sa loyaut&eacute; directe lui commande de soutenir son captaine mais son honneur lui interdit de s'opposer au ma&icirc;tre des thuad&egrave;nes. Pourquoi ce genre de chose arrive t-elle ? <br />Fort heureusement pour le grand blond, toutes ces questions n'ont pas d'importance pour le moment. Les seuls chemins qui s'offrent &agrave; lui pour le moment sont la survie ou la mort.<br />A ses cot&eacute;s, le soldat recap&eacute; redouble d'ing&eacute;niosit&eacute; pour esquiver les attaques et tente m&ecirc;me de riposter. Un brave. Mais ses maigres coups d'estoc ne peuvent rien contre ses cr&eacute;atures faites de pierre. Alors le nordique s'avance et l&acirc;che son entame rituelle, celle qui pr&eacute;c&egrave;de le moindre de ses engagements au combat : </span><br /><br />- Laisse les moi.<br /><span style="color: #888888;"><br />C'est ainsi qu'il se bat. Toujours seul, jamais arm&eacute;, jamais prot&eacute;g&eacute;. Telle est la doctrine sacr&eacute;e des Anterserk. Le lancier recule, ob&eacute;issant mais n&eacute;anmoins perceptiblement (et compr&eacute;hensiblement) incr&eacute;dule. Les gargouilles fondent d&eacute;j&agrave; sur cette cible isol&eacute;e. Bjorn voit l'attaque. Il se concentre et entre dans cette transe o&ugrave; le temps semble s'&eacute;couler avec la consistance de la m&eacute;lasse &eacute;paisse des marais de goudron. Il conna&icirc;t les moindres d&eacute;tails du rituel et tout ne dure qu'un battement de cil. Des tatouages d'ordinaires invisibles apparaissent sur ses &eacute;paules, sa nuque, son front, ses pomettes. Ils coulent le long de ses joues barbues, &eacute;pousent les contours musculeux de ses avants bras et cerclent ses poignets. <br />Dans sa t&ecirc;te, il y a cette petite voix. Une voix de fillette qui chante une m&eacute;lodie douce et lointaine. Une m&eacute;lop&eacute;e diaphane tiss&eacute;e d'&eacute;chos et de bulles harmonieuses. S&eacute;r&eacute;nit&eacute;.<br /><br />S&eacute;r&eacute;nit&eacute; n'est pas son nom. Mais c'est la sensation qu'elle inspire &agrave; qui sait l'entendre ou la voir. Il est cependant bien plus difficile d'en apercevoir un d&eacute;tail que d'arriver &agrave; percevoir les notes fugaces de sa ritournelle enfantine. Bjorn ne conna&icirc;t que ses cheveux. Des m&egrave;ches si blondes qu'on les croirait blanches sous l'&eacute;clat intense du soleil bor&eacute;al. Elle porte un peigne en or blanc sur le cot&eacute; qui repr&eacute;sente un animal aquatique difficile &agrave; d&eacute;finir. Voil&agrave; tout ce qu'il sait de la fillette S&eacute;r&eacute;nit&eacute;.<br /><br />Lorsque Bjorn rel&egrave;ve ses paupi&egrave;res, il se tient dans cette sph&egrave;re lumineuse qu'il conna&icirc;t bien. Les gargouilles l'attaquent, les griffes mordent sa chair cruellement, d&eacute;figurent son visage impassible, infligeant au nordique des souffrances abominables. <br />Et pourtant, aucune trace de coupure, de lac&eacute;ration ni m&ecirc;me de coup. A la place, ce sont ses assaillantes qui &eacute;copent des dommages. Et malgr&eacute; leur r&eacute;sistance naturelle, leur &eacute;piderme se craquelle par endroit, des morceaux de graviers voltigent. Plus leurs attaques sont violentes et plus les d&eacute;g&acirc;ts augmentent en proportion. Comme si elles s'infligeaient elles-m&ecirc;me leurs coups.<br />Les dommages sont fictifs, mais la douleur elle, est bien r&eacute;elle. C'est le prix &agrave; payer pour cette d&eacute;fense absolue. Elle requiert un mental plus dur et plus tranchant que l'acier des humains. Bjorn continue d'encaisser. En temps normal, les attaques retourn&eacute;es terrassent ses adversaires sur le champ. Mais cette fois, il s'agit de cr&eacute;atures insensibles, cr&eacute;&eacute;es et anim&eacute;es par la volont&eacute; du Gardien. Alors il lui faut continuer &agrave; subir, &agrave; sentir son c&oelig;ur se faire transpercer encore et encore et &agrave; &eacute;couter la voix de S&eacute;r&eacute;nit&eacute; pour ne pas perdre pied. Il faut tenir. Plus facile &agrave; dire qu'&agrave; penser ! <br />Bjorn serre les poings &agrave; s'en faire blanchir les phallanges, ses dents crissent et d'un coup, sur un craquement d&eacute;sagr&eacute;able, un go&ucirc;t m&eacute;tallique envahi sa langue. La voix de S&eacute;r&eacute;nite se fait plus distante, plus difficile &agrave; percevoir au milieu du tumulte qui rugit &agrave; ses oreilles. Le m&eacute;lange des signaux alarm&eacute;s de son corps et les palpitations fr&eacute;n&eacute;tiques de son c&oelig;ur mena&ccedil;ent de le faire flancher.<br />Le nordique s'accroche, il se r&eacute;p&egrave;te en boucle les mantras de m&eacute;ditation, ignorant le go&ucirc;t du sang qui emp&acirc;te sa langue, r&eacute;primant les moindres &eacute;lancements qui voudraient secouer son &eacute;chine &agrave; chaque coup de griffe ou de bec. <br />Malgr&eacute; tout, il l&acirc;che une petite exclamation. Quelque chose ruisselle sur son poignet droit, son bouclier commence &agrave; se fissurer. Bjorn est en sueur, jamais encore il n'avait d&ucirc; tenir aussi longtemps. Il doit &ecirc;tre possible de franchir ce rideau de douleur ! La souffrance est comparable au flux et au reflux des mar&eacute;es. Il faut savoir r&eacute;sister vague apr&egrave;s vague. Ce n'est qu'un passage, une &eacute;preuve. Il faut tenir.<br />Et subitement, il l'entend &agrave; nouveau. Sa voix. Non ! Ce n'est pas la comptine m&eacute;lodieuse de la fillette au m&egrave;ches raides. C'est un autre son de cloche, plus grave, plus intense et plus chaotique &eacute;galement. Comme un galet que l'on viendrait de lancer dans un &eacute;tang au repos, cette intrusion subite ricoche dans la conscience du colosse, cr&eacute;ant une myriade de vaguelettes argent&eacute;es qui perturbent ses pens&eacute;es et lui renvoient les reflets sombres de ses tourments.</span><br /><br />- C'est une douloureuse &eacute;preuve que tu endures l&agrave;.<br /><br /><span style="color: #888888;">C'est le Gardien ! Il se tient l&agrave;, tout pr&egrave;s de lui et pourtant non, il est l&agrave; bas, aux prises avec le Marcheur-des-Cieux. Comment est-ce possible ? Bjorn ne peut m&ecirc;me pas formuler cette question. La pr&eacute;sence du ma&icirc;tre du Sidh est trop coercitive, trop pr&eacute;gnante pour admettre le doute. Et d'ailleurs, il n'est pas temps de penser. La voix reprend, comme chuchott&eacute;e dans le creux de son oreille :</span><br /><br />- Moi non plus, je n'aimais pas la bagarre. Quand j'&eacute;tais petite, je passais beaucoup de temps sur la c&ocirc;te sauvage &agrave; regarder les vagues. Je m'&eacute;merveillais du simple fait de voir toujours le m&ecirc;me mouvement de l'eau.<span style="color: #888888;"> (Le ton se fait musical, lancinant, &agrave; l'image des vagues).</span> Les galets qui se soul&egrave;vent et retombent doucement en roulant sur les rochers lisses. L'&eacute;cume qui bordait la ligne d'eau d'une frange de bulles iris&eacute;es, parfois roses dans la lueur du soir, grises dans celle du matin.<br /><br /><span style="color: #888888;">Bjorn ne peut rien r&eacute;pondre, d'une part parce que cette voix qui emplit son esprit l'emp&ecirc;che de penser et d'autre part parce qu'il est comprim&eacute; tout entier par une douleur aussi intense qu'intol&eacute;rablement prolong&eacute;e.</span><br /><br />- Quand j'&eacute;tais jeune fille, je retournais souvent l&agrave; bas&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">La Gardienne continue de baigner le nordique dans ses souvenirs. Dans quel but ? Pourquoi ? Et comment peut-elle venir lui murmurer ce relent de ressac tout en combattant le Marcheur ?? Bjorn r&eacute;alise alors que son capitaine n'a pas la moindre chance de l'emporter face aux pouvoirs de la Gardienne. Elle est bien plus puissante et plus absolue que tout ce qu'il avait pu imaginer.</span><br /><br />- &hellip; un jour, j'y ai vu une ondine. Elle &eacute;tait si belle ! Je me souviens avoir voulu lui ressembler. Et tu sais ce qu'elle m'a dit ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Peut-il tenter d'accaparer suffisement les pens&eacute;es de la Gardienne pour offrir une ouverture au Marcheur ? Non, probablement pas, autant tenter de vider l'oc&eacute;an avec une coupe pour sauver quelqu'un de la noyade &agrave; l'autre bout. Et puis de toute mani&egrave;re, il ne saurait m&ecirc;me pas comment faire. Et d'ailleurs, voudrait-il le faire ? Peut-il prendre parti pour l'un ou pour l'autre ?<br /></span><br />- &hellip; et que j'en mourrai ce jour l&agrave;.<br /><br /><span style="color: #888888;">Bjorn a rat&eacute; une partie de la d&eacute;claration, ce qui est inattendu car la Gardienne accapare la quasi-totalit&eacute; de son esprit. Peut-&ecirc;tre qu'il l'a entendue mais &eacute;trangement, il ne parvient pas &agrave; s'en rappeler.<br /><br /></span></span>
<div style="text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">***</span><br /></span></div>
<span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;"><br />Le rideau se d&eacute;chire dans toute sa longueur. Le nordique tombe &agrave; genoux en haletant p&eacute;niblement. Luk pivote subitement et constate avec un regain de terreur que son lieutenant vient de succomber ! D'abord Faneur, puis Miyanne et maintenant Bjorn. Ses proches et ses fid&egrave;les tombent comme des mouches. Tout &ccedil;a &agrave; cause d'id&eacute;es stupides de part et d'autre ! Frustr&eacute;, il donne un &agrave;-coup violent sur son &eacute;p&eacute;e et parvient &agrave; repousser le Gardien de quelques pas. Le bras de fer se r&eacute;&eacute;quilibre aussit&ocirc;t.<br />Et voil&agrave; qu'il lui parle.</span><br /><br />- Alors Marcheur-des-Cieux, allons nous continuer encore longtemps ?<br />- Je ne lacherai pas prise, <span style="color: #888888;">souffle Luk entre ses l&egrave;vres serr&eacute;es.</span><br />- Ce heaume te va bien, mais il semble te rendre les id&eacute;es encore plus &eacute;troites que d'habitude. Quand admettras tu donc que nous n'avons pas le choix ?<br />- Pas ce soir en tout cas, humph !<br /><br /><span style="color: #888888;">Un rire s'&eacute;chappe de la silhouette massive et t&eacute;n&eacute;breuse. Un rire de vieille femme. C'en est si perturbant que Luk rel&acirc;che un demi pas de terrain.<br /></span><br />- Bien il est temps d'en finir.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le Gardien jette ses hanches en avant et d&eacute;loge proprement son captaine qui se rattrape de justesse sur le bord des marches. La t&ecirc;te aux bois de cerf se penche comme pour &eacute;valuer la situation. Luk se remet imm&eacute;diatement en garde, pr&ecirc;t &agrave; r&eacute;engager le duel m&ecirc;me si de toute &eacute;vidence, il ne joue pas en sa faveur. <br />Alors le ma&icirc;tre du Sidh change encore de forme jusqu'&agrave; adopter celle d'une ombre plus fine et moins imposante. A peu pr&egrave;s de la m&ecirc;me taille que Luk et proportionn&eacute; comme un thuad&egrave;ne athl&eacute;tique. La silhouette toujours drap&eacute;e de t&eacute;n&egrave;bres tend son bras en avant. Les &eacute;clairs bleut&eacute;s rampent, se concentrent et s'entretissent. Finalement, c'est un long gourdin qui appara&icirc;t dans le creux de sa paume. La masse d'airin du Dadga. L'arme qui peut accorder la mort ou la vie selon la volont&eacute; de son d&eacute;tenteur. L'un des symboles du pouvoir des thuad&egrave;nes.<br />L'arme l&eacute;gendaire se pointe &agrave; l'horizontale, d&eacute;signant une zone en contrebas o&ugrave; se terrent les deux rescap&eacute;s de l'empoignade. Apparement les gargouilles ne les ont pas achev&eacute;&hellip;</span><br /><br />- Vous deux, quittez cet endroit. Le Marcheur-des-Cieux et moi allons discuter. Que personne ne vienne nous d&eacute;ranger. PERSONNE !</span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/twitter.png" alt="Twitter" class="icon" /></a> <a href="http://del.icio.us/post?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222&amp;title=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur del.icio.us&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/delicious.png" alt="del.icio.us" class="icon" /></a> <a href="http://www.facebook.com/sharer.php?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222&amp;t=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Facebook&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/facebook.png" alt="Facebook" class="icon" /></a> <a href="http://digg.com/submit?phase=2&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222&amp;title=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Digg&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/digg.png" alt="Digg" class="icon" /></a> <a href="http://www.technorati.com/faves?add=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Technorati&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/technorati.png" alt="Technorati" class="icon" /></a> <a href="http://myweb2.search.yahoo.com/myresults/bookmarklet?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222&amp;t=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Yahoo!&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/yahoo.png" alt="Yahoo!" class="icon" /></a> <a href="http://www.stumbleupon.com/refer.php?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222&amp;title=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Stumbleupon&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/stumbleupon.png" alt="Stumbleupon" class="icon" /></a> <a href="http://www.google.com/bookmarks/mark?op=edit&amp;output=popup&amp;bkmk=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222&amp;title=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Google&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/google.png" alt="Google" class="icon" /></a> <a href="http://blogmarks.net/my/new.php?mini=1&amp;simple=1&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222&amp;title=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Blogmarks&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/bmarks.png" alt="Blogmarks" class="icon" /></a> <a href="http://mystuff.ask.com/mysearch/QuickWebSave?v=1.2&amp;t=webpages&amp;title=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Ask&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/ask.png" alt="Ask" class="icon" /></a> <a href="http://slashdot.org/bookmark.pl?title=Chapitre+33+%3A+La+m%C3%A9lodie+du+ver+de+sang.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Slashdot&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/slashdot.png" alt="Slashdot" class="icon" /></a><br /><hr />Article original rédigé par Sakutei et publié sur <a href="http://sakutei.eklablog.com">Bouillie de scribe par Sakutei</a> <br /> Reproduction interdite sans autorisation]]></content:encoded>
		<pubDate>Sat, 20 Mar 2010 11:17:01 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/chapitre-33-la-melodie-du-ver-de-sang-a1090222</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-03-20T11:17:01+01:00</dc:date>
	</item>
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		<title><![CDATA[Chapitre 32 : Et la Mer…]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/chapitre-32-et-la-mer-a1074531</link>
		<description><![CDATA[Et la mer va venir m'embrasser,
 Pour que j'aille &agrave; la maison,
 Rien ne pourra plus m'arr&ecirc;ter maintenant. 
 
Dans le noir complet, il est difficile d'estimer les distances. La notion de l'espace s'efface en m&ecirc;me temps que la vue. Ne restent que les sifflements du vent aux oreilles et le...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;"><em><span class="lyriks-t">Et la mer va venir m'embrasser,<br /></span><span class="lyriks-t">Pour que j'aille &agrave; la maison,<br /></span><span class="lyriks-t">Rien ne pourra plus m'arr&ecirc;ter maintenant.</span></em><br /><span style="color: #888888;"><br />Dans le noir complet, il est difficile d'estimer les distances. La notion de l'espace s'efface en m&ecirc;me temps que la vue. Ne restent que les sifflements du vent aux oreilles et le froissement des v&ecirc;tements sur la peau pour t&eacute;moigner d'une chute vertigineuse et interminable.<br />Thrace ne crie plus mais des larmes sal&eacute;es s'&eacute;chappent de ses yeux vides. Petites gouttelettes d'oc&eacute;an qui se d&eacute;collent de ses joues et se perdent &agrave; mesure qu'elle s'enfonce toujours plus profond&eacute;ment dans les profondeurs abyssales. Depuis combien de temps ? Encore combien de temps ?<br />Elle ne saurait trop le dire, elle a jusqu'&agrave; d&eacute;samorc&eacute; le r&eacute;flexe de se contracter dans la crainte de l'impact. Elle est comme suspendue, en attente. Patiente et totalement d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e.<br /><br />Finalement, elle se redresse et essuie ses joues en y plaquant les paumes de ses gants. L'odeur du vieux cuir lui redonne la sensation d'&ecirc;tre vivante. Depuis combien de temps est-ce qu'elle ne tombe plus ? Le vent de s'engouffre plus dans ses cheveux. Elle ne sent plus rien. Elle se tient simplement debout dans l'obscurit&eacute; la plus &eacute;paisse et la plus totale qui soit, au point qu'il lui est m&ecirc;me impossible de voir le bout de ses doigts lorsqu'elle les porte contre son visage.<br /><br />Thrace s'accroupit en passe sa main au niveau de ses pieds pour tenter de palper le sol. Rien. Elle ne sent rien. Ce n'est pas comme si &ccedil;a main s'enfon&ccedil;ait, quelque chose la retient. Mais elle n'a aucun toucher, ce qui est particuli&egrave;rement d&eacute;stabilisant. Elle reste ainsi, prostr&eacute;e sur elle-m&ecirc;me et immobile, t&acirc;chant de calmer la peur panique qui s'accroche &agrave; ses nerfs.<br />Il ne lui semble pas qu'elle soit morte. Non, elle sent toujours la morsure insistante du froid intense. Cet air glacial qui lui r&acirc;pe la gorge &agrave; chaque inspiration. Elle sent &eacute;galement les battements tr&eacute;pidants de son c&oelig;ur chaud et vif. Elle peut go&ucirc;ter la saveur sal&eacute;e de ses propres larmes sur ses l&egrave;vres.<br /><br />Donc elle est quelque part. Un &eacute;trange endroit qui n'admet ni lumi&egrave;re, ni mati&egrave;re. Ce constat &eacute;tant maigrement pos&eacute; en &eacute;tait pour contenir sa trouille, Thrace d&eacute;cide de tenter d'explorer les lieux. Si tant est que l'on puisse appeler cela un lieu.<br />Elle soul&egrave;ve sa semelle, plie le genou et tente un pas timide et lent. D'abord d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;e par l'absence de rep&egrave;re, elle a du mal &agrave; assurer ses appuis. Sans doute aurait-elle tr&eacute;buch&eacute; si il y avait une quelconque notion de sol pour s'y ramasser. <br />Petit &agrave; petit, elle prend confiance et encha&icirc;ne les pas l'un apr&egrave;s l'autre, gardant les bras &eacute;cart&eacute;s &agrave; la mani&egrave;re d'une &eacute;quilibriste. Le fait de se mouvoir ainsi ne lui apporte aucune sensation de d&eacute;placement. Elle pourrait aussi bien faire du surplace. <br />Mais Thrace continue. D'abord parce que la sensation de contraction et d'&eacute;tirement de ses muscles lui apporte un certain r&eacute;confort. Ensuite, parce qu'il n'y a de toute fa&ccedil;on pas grand-chose d'autre &agrave; tenter ; la seule alternative consistant &agrave; rester immobile, inenvisageable &eacute;tat pour une ondine.<br /><br />Alors qu'elle abandonne tout espoir de voir un quelconque changement dans ces catacombes t&eacute;n&eacute;breuses, elle se fige soudainement sur une sensation tr&egrave;s &eacute;trange et pourtant tr&egrave;s famili&egrave;re. Pendant quelques secondes suppl&eacute;mentaires, elle ne per&ccedil;oit que son souffle et les battements de son c&oelig;ur.<br />Et puis &ccedil;a recommence. Cette fois, elle parvient &agrave; d&eacute;m&ecirc;ler ses sens pour parvenir &agrave; l'ind&eacute;niable conclusion qu'il s'agit d'un son. Sachant ce qu'elle doit chercher, Thrace tend l'oreille et retient sa respiration.<br /><br />Des clapotis. Tr&egrave;s l&eacute;gers et tr&egrave;s diffus. Comme l'&eacute;chos d'un &eacute;chos. Mais elle l'entend nettement &agrave; pr&eacute;sent ; de l'eau. <br />L'ondine se focalise sur cette perception et reprend sa marche h&eacute;sitante dans ce qu'elle pense &ecirc;tre la direction du son. En tant qu'&eacute;l&eacute;mentaire, Thrace b&eacute;n&eacute;ficie d'une affinit&eacute; &eacute;troite avec le domaine aquatique, ce qui lui permet de comprendre sans h&eacute;sitation que cette eau rampe et ne court pas. Elle l&egrave;che le sol lentement et discr&egrave;tement sans chercher &agrave; jouer ou bondir. De l'eau rampante. Pourquoi et comment ? Questions secondaires pour le moment. Seul compte le son.<br /><br />Progressivement, Thrace remarque que les clapotis augmentent ou diminuent en fonction de sa direction. Elle se guide donc uniquement sur ce rep&egrave;re. En op&eacute;rant ce qu'elle estime &ecirc;tre un rapprochement, l'ondine parvient &agrave; identifier plusieurs composantes dans ce bruit de fond rassurant. Il y a les clapotis rampants, les cr&eacute;pitements solitaires de gouttes &eacute;vad&eacute;es et des ruissellements plus langoureux. Il y a &eacute;galement autre chose. Un tintement qui ne s'apparente en aucun cas &agrave; un liquide ; une composante dure.<br />Des petits frappements irr&eacute;guliers qui sonnent comme des aiguilles m&eacute;talliques sur de la roche. Thrace ne peut s'emp&ecirc;cher d'associer cette id&eacute;e avec la vision de corps minuscules, pourvus de multiples pattes pointues qui caracolent et s'arr&ecirc;tent brutalement comme des insectes affair&eacute;s.<br />Plus elle s'approche et plus ces tintements deviennent insistants. Au d&eacute;but simples mart&egrave;lements, ils acqui&egrave;rent bient&ocirc;t des notes, tant&ocirc;t sourdes et graves, tant&ocirc;t courtes et aigues. Une m&eacute;lop&eacute;e pour lamelles de m&eacute;tal vibrant &agrave; chaque impact. Mal &agrave; l'aise, l'ondine se sent soudainement oppress&eacute;e par ce grouillement gr&ecirc;lant. Elle recherche la trace de l'eau mais ne parvient qu'&agrave; s'embrouiller un peu plus dans ce concert dysharmonique de notes agressives et tranchantes. Son instinct de tueuse lui souffle qu'il y a quelque chose de dangereux dans la proximit&eacute; de cette activit&eacute;. <br />Thrace porte machinalement la main sur la poign&eacute;e de sa petite &eacute;p&eacute;e et commence &agrave; battre en retraite prudemment. Sans voir ni sentir, il est tr&egrave;s difficile d'estimer la r&eacute;ussite d'une telle op&eacute;ration. Elle recule n&eacute;anmoins, un pas apr&egrave;s l'autre en se fiant &agrave; ses seuls mouvements pour estimer sa direction.<br />Mais le m&eacute;tal ne semble pas vouloir se taire. Sont-ce l&agrave; des cr&eacute;atures qui se r&eacute;galent d&eacute;j&agrave; d'avoir rep&eacute;r&eacute; une proie ? Thrace s'est-elle fourvoy&eacute;e directement dans un nid d'araign&eacute;es m&eacute;talliques qui jouent avec elle pour mieux savourer sa peur ? Cette id&eacute;e lui flanque un frisson angoiss&eacute; qu'elle repousse brutalement par une bouff&eacute;e de col&egrave;re. Personne ne jouera avec elle !<br />Fron&ccedil;ant les sourcils, elle recule encore d'un pas, puis un autre, s'effor&ccedil;ant de d&eacute;lier les doigts de ses deux mains dans l'&eacute;ventualit&eacute; assez probable o&ugrave; elle aurait besoin d'agir rapidement. Elle per&ccedil;oit maintenant le grincement d'articulations, les raclements de plaques, les sifflements de lames. C'est l&agrave;. C'est tranchant et c'est mena&ccedil;ant. Il faut reculer.<br /><br />Thrace ram&egrave;ne lentement son pied gauche en arri&egrave;re et soudainement, elle pivote d'un bloc et l&acirc;che une exclamation de col&egrave;re flamboyante. Son &eacute;p&eacute;e jaillit hors de sa ceinture vient r&eacute;sonner contre une lame invisible. La tueuse sent l'onde du choc lui remonter dans le bras. Et tout aussi subitement, pression se retire. <br />Elle se met &agrave; respirer plus lourdement et pivote &agrave; nouveau brutalement pour contrer une autre attaque dans le dos. La pression est plus forte cette fois et Thrace se voit contrainte d'enserrer son poignet de sa main libre pour appuyer sa parade. Toute tremblante, elle voit bri&egrave;vement les deux fils des lames s'arracher une &eacute;tincelle avant de se s&eacute;parer. <br />Vite ! Vite ! Les deux bras &eacute;cart&eacute;s, Thrace guette le prochain mouvement, se basant uniquement sur son instinct. Elle pressent le coup avant m&ecirc;me qu'il se pr&eacute;sente et bondit subitement en arri&egrave;re en ramenant ses genoux sur sa poitrine. Quelque chose de pointu lui effleure le tibia. Retombant de cette &eacute;trange mani&egrave;re qui n'apporte aucune sensation, Thrace se baisse et per&ccedil;oit le d&eacute;placement de l'air au-dessus de sa t&ecirc;te.<br /><br /></span>- Ah ah&hellip; Tr&egrave;s bien.<br /><br /><span style="color: #888888;">Quelle voix rugueuse ! Flanc et chevilles. Thrace se retourne et anticipe les deux attaques. Son agresseur semble s'amuser &eacute;norm&eacute;ment et sa voix est &agrave; l'image de son attitude : fuyante, spectrale et terriblement tranchante.</span><br /><br />- &hellip; mais, ce petit jeu&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">La nuque. Elle se retourne et l&egrave;ve sa lame &agrave; hauteur de visage pour contrer. Non ! Par derri&egrave;re, elle a juste le temps de placer son &eacute;p&eacute;e en diagonale pour&hellip;</span><br /><br />- &hellip; est termin&eacute;.<br /><br /><span style="color: #888888;">L'ondine l&acirc;che un hoquet de stupeur en sentant la morsure froide et incisive tout contre sa gorge. Dans le m&ecirc;me temps, une pr&eacute;sence piquante et pointue se manifeste dans son dos, irritant ses reins, ses omoplates et venant lui chatouiller le lobe de l'oreille.</span><br /><br />- Ta garde est faible petite cr&eacute;ature, <span style="color: #888888;">lui susurre t-on avec un d&eacute;lice non dissimul&eacute;.</span><br /><br /><span style="color: #888888;">Comment est-ce possible ?! Elle avait plac&eacute; son &eacute;p&eacute;e de mani&egrave;re &agrave; d&eacute;vier le coup et pourtant elle n'a rien senti. C'est comme si l'attaque &eacute;tait pass&eacute;e au travers. Palpant son arme de la main gauche, Thrace remarque alors qu'il manque au moins la moiti&eacute; de la lame. Que s'est-il pass&eacute; ?? Trop tard pour ce genre de question, elle est maintenant enti&egrave;rement &agrave; la merci de son agresseur, ne pouvant risquer un seul mouvement sans se faire trancher la gorge.</span><br /><br />- Je me demande quel go&ucirc;t tu as, <span style="color: #888888;">continue la voix.</span><br /><span style="color: #888888;"><br />L'ondine serre les dents et retient un cri lorsqu'une lame p&eacute;n&egrave;tre lentement mais inexorablement dans le muscle de son &eacute;paule. Elle ressent intimement le glissement du m&eacute;tal dans sa chair et les d&eacute;chirements qu'elle provoque. Elle se raidit lorsque le pic ressort de l'autre cot&eacute; de son &eacute;paule.</span><br /><br />- Bieeeen, bieeeeen&hellip; je sens ta douleuuur, je sens ta saveuuuur.<br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace grimace pour ne pas hurler, elle se mord la langue et s'emp&ecirc;che de bondir pour &eacute;chapper &agrave; l'&eacute;treinte cruelle lorsque deux autres lames lui lac&egrave;rent la cuisse et l'avant bras de la m&ecirc;me mani&egrave;re.</span><br /><br />- Je continuuuuue&hellip;<br />- Attendez ! Attendez ! <br />- Ouiiii ?<br />- Je&hellip; Qui &ecirc;tes vous ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Il faut gagner du temps, c'est peut-&ecirc;tre la seule mani&egrave;re d'esp&eacute;rer &eacute;chapper &agrave; cette torture. De fait, son agresseur marque un temps d'arr&ecirc;t dans ses empalements et grince pos&eacute;ment comme pour m&ucirc;rir sa r&eacute;ponse.</span><br /><br />- Tu peux m'appeler&hellip; Acier, <span style="color: #888888;">siffle t-il avec un ton qui &eacute;voque une pierre &agrave; aiguiser passant lentement, tr&egrave;s lentement sur le fil d'une faux.</span><br />- A-acier ?<br />- C'est &ccedil;a, c'est bieeeen. Tu as peeeeur.<br />- Vous &ecirc;tes&hellip; un fomoire ?<br />- Moi ! Un fomoire ! CRINCRINCRIN !<br /><br /><span style="color: #888888;">Les tressautements subits dont est prise l'ossature aiguis&eacute;e qui menace sa gorge met Thrace au supplice lorsque les lames qui la traversent suivent le m&ecirc;me mouvement. La douleur lui monte &agrave; la t&ecirc;te et nappe son cerveau d'une m&eacute;lasse rouge. Elle se contient pour ne pas s'&eacute;vanouir, r&eacute;unissant ses perceptions &agrave; d&eacute;faut de pouvoir fixer quelque chose. Elle sent la chaleur ti&egrave;de de son sang couler le long de ses membres, &eacute;trange contrepoint &agrave; cette ambiance glaciale et coupante. <br />Le d&eacute;nomm&eacute; Acier cesse bient&ocirc;t de hoqueter dans cette parodie inqui&eacute;tante de rire et r&eacute;compense les efforts de sa captive par une m&eacute;chante taillade sur la pommette. Cette fois, Thrace hurle de douleur. Il lui est d'autant plus difficile de r&eacute;primer ses cris qu'elle ne peut pas pr&eacute;voir d'o&ugrave; viendra le prochain coup.<br /><br /></span>- Je vais te d&eacute;couper petite cr&eacute;ature. Lentement et d&eacute;licatement. Je vais d&eacute;chirer tes enveloppes et laisser tes fluides s'&eacute;couler de tes plaies. Puis je te trancherai ces extensions qui te servent &agrave; te d&eacute;placer. Alors, j'ins&egrave;rerai mes lames dans ton corps jusqu'&agrave; ce que tu ne sentes en toi plus que ma douloureuse pr&eacute;sence.<br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace voudrait r&eacute;pondre quelque chose mais il l'en emp&ecirc;che en lui collant une lame dans la bouche, tout contre sa langue. L'ondine se met &agrave; trembler de tous ces membres, ses dents claquent contre l'acier froid. Une larme s'&eacute;chappe de ses yeux fous.</span><br /><br /><em>S&oelig;ur, s&oelig;ur. Ne pleure pas, ne t'&eacute;coule pas.</em><br /><span style="color: #888888;"><br />Des hallucinations ou des voix dans sa t&ecirc;te ? Peut-&ecirc;tre les deux &agrave; la fois. Les membres d'Acier se raidissent subitement, interrompant leurs insupportables mouvements d'un seul bloc.</span><br /><br /><em>S&oelig;ur, s&oelig;ur, tu ne dois pas mourir.</em><br />- Taaaaah ! Elles sont l&agrave; !! N'approchez pas, celle-ci est MA proie !<br /><em>Menteur, tueur, corrupteur et d&eacute;membreur, celle-ci ne t'appartient pas.</em><br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace suit vaguement l'&eacute;change et ne peut qu'encourager mentalement les voix sibyllines. Sa salive coule paresseusement par sa bouche ouverte et vient s'enrouler autour de son menton, rejoignant une tra&icirc;n&eacute;e de sang qui s'&eacute;vade de sa pommette ouverte.</span><br /><br /><em>S&oelig;ur !</em><br />- RAAAAH !<br /><span style="color: #888888;"><br />Les lames d'Acier se retirent soudainement avec une telle brutalit&eacute; que Thrace en tombe &agrave; genoux, la t&ecirc;te basse. Le cruel d&eacute;membreur se retire pr&eacute;cipitamment, comme chass&eacute; par ces voix effac&eacute;es. <br />C'est en ouvrant les yeux que Thrace remarque qu'elle les avait ferm&eacute;s. Une douce lueur bleut&eacute;e l'enveloppe. Une aura amicale et tendre qui l'invite &agrave; reprendre courage et &agrave; se lever. Toute tremblante, l'ondine rejette ses cheveux en arri&egrave;re d'un mouvement de t&ecirc;te pour mieux contempler cette lumi&egrave;re si longtemps &eacute;vanouie. Suivant les injonctions de cette clart&eacute;, elle se rel&egrave;ve et tend ses deux mains en avant pour se laisser guider.<br /></span><br /><em>Vient, notre s&oelig;ur ! Vient ! Et soit heureuse de cette rencontre !</em><br /><br /><span style="color: #888888;">Les voix la tirent en avant, la for&ccedil;ant &agrave; bouger et &agrave; reprendre ses mouvements. En se d&eacute;pla&ccedil;ant, Thrace retrouve la sensation de circulation de son sang. Elle per&ccedil;oit &eacute;galement &agrave; nouveau les clapotis qui l'ont attir&eacute; plus t&ocirc;t. Ses pas s'acc&eacute;l&egrave;rent dans cette brume aigue-marine et en bougeant, elle remarque des visages et des corps f&eacute;minins qui se moulent et se coulent entre les gouttes suspendues.<br />Cette constatation provoque une bouff&eacute;e chaleur irradiante dans son corps meurtri. Comme rentrer chez soi apr&egrave;s une longue et difficile absence. Les l&egrave;vres de la jeune fille se retroussent sur un sourire de qui&eacute;tude.<br /></span><br />- Vous &ecirc;tes&hellip; des ondines.<br /><em>Oui, notre s&oelig;ur, tu es comme nous et nous sommes comme toi.</em><br /><br /><span style="color: #888888;">Sous l'effet du torrent d'&eacute;motions qui se d&eacute;verse en elle, de nouvelles larmes jaillissent au coin des yeux de Thrace. Mais cette fois, ce sont des larmes de joie et non de souffrance. Jamais encore elle n'avait rencontr&eacute; ses semblables. Sa main droite se d&eacute;tend et laisse &eacute;chapper le moignon inutile de son &eacute;p&eacute;e cass&eacute;e. Adieu Acier, c'est l'heure de l'Eau.</span><br /><br /><em>Rejoins nous s&oelig;ur, laisse toi aller !</em><span style="color: #888888;"><br />Elles l'invitent &agrave; se m&eacute;tamorphoser sous forme liquide pour se glisser dans la brume. </span><br />- Mais il fait si froid&hellip; je vais.<br /><em>Ne crains rien, fais nous confiance.</em><br /><br /><span style="color: #888888;">Alors, parce qu'elle bless&eacute;e, &eacute;puis&eacute;e et que cette lueur &eacute;veille en elle une pl&eacute;nitude comme jamais elle n'en a connu, l'ondine abandonne sa forme humaine et entrem&ecirc;le ses gouttes &agrave; celles de ses s&oelig;urs.<br /><br />Thrace se laisse flotter librement dans ce conflux aquatique. C'est une sensation incomparable. Elle ressent une extase et une volupt&eacute; telles qu'elle n'a jamais approch&eacute;es. Elle se d&eacute;lecte du contact des ondines et partage leurs sensations, amplifiant les siennes du m&ecirc;me coup. Chacune des s&oelig;urs dissoutes sont &agrave; la fois dispers&eacute;es et r&eacute;unies. Chacune des particules de leur corps s'entrelacent et se conjuguent dans un mouvement harmonieux et sensuel.<br />Reli&eacute;es par leur &eacute;l&eacute;ment, les ondines n'ont plus besoin de parler pour &eacute;changer. Les informations, les &eacute;motions et les souvenirs poss&eacute;d&eacute;s par l'une sont directement diffus&eacute;s aux autres.<br />C'est ainsi que Thrace se voit mise &agrave; nu, d&eacute;voilant son pass&eacute;, ses tribulations et ses douleurs. Ses s&oelig;urs partagent et all&egrave;gent son fardeau, elles se lamentent avec elle sur la m&eacute;tamorphose cruelle qui doit faire d'elle une fomoire et s'interrogent sur les moyens d'y rem&eacute;dier.<br />Dans le m&ecirc;me temps, elles lui apprennent leur histoire et leur destination. Il n'y a pas grand-chose &agrave; en dire. Leur pass&eacute; commence il y a peu de temps ou une &eacute;ternit&eacute;, ici c'est la m&ecirc;me chose. Elles ont &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es par la Grande S&oelig;ur pour aller la secourir. Et c'est aupr&egrave;s d'elle qu'elles retournent &agrave; pr&eacute;sent.<br /><br />Au bout d'un temps impossible &agrave; d&eacute;terminer, Thrace ressent l'approche du terme de leur p&eacute;riple. Elle comprend alors qu'il lui faut se s&eacute;parer du conflux pour le moment afin de rencontrer la Grande S&oelig;ur seule. Son c&oelig;ur se d&eacute;chire &agrave; cette id&eacute;e mais c'est ainsi que les choses doivent &ecirc;tre.<br />C'est ainsi que la brume finit par se dissiper, laissant sur le sol une jeune fille v&ecirc;tue de cuir noir et couverte du sang qui s'&eacute;coule de ses blessures. Elle semble endormie et son visage se r&eacute;v&egrave;le dans toute sa beaut&eacute; en cet instant paisible. Elle ne tarde cependant pas &agrave; se relever et &agrave; grimacer de douleur au rappel des &eacute;lancements qui enflamment ses membres.</span><br /><br />- Sois la bienvenue Emilie.<br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace occup&eacute;e &agrave; comprimer son &eacute;paule entre ses doigts ne peut retenir un hoquet de stupeur. Elle &eacute;carquille les yeux en vain, l'obscurit&eacute; ayant repris ses droits. La voix qui s'adresse maintenant &agrave; elle est infiniment douce, comme l'eau qui &eacute;pouse les contours d'un relief. <br /></span><br />- Emilie, c'est ton nom n'est-ce pas ?<br />- Je ne le r&eacute;v&egrave;le &agrave; personne, <span style="color: #888888;">finit par articuler Thrace avec difficult&eacute;.</span><br />- Nos s&oelig;urs m'ont tout dit, lorsqu'elles m'ont rejointe. J'ai assimil&eacute; toute ton histoire et je pleure de voir que l'une des n&ocirc;tres ait tant souffert.<br /><span style="color: #888888;"><br />Thrace ne trouve rien &agrave; r&eacute;pondre, elle se sent prise au d&eacute;pourvu mais inhabituellement confiante et heureuse d'&ecirc;tre l&agrave;.</span><br /><br />- Je ne vois rien&hellip;<br />- Approche toi.<br /><br /><span style="color: #888888;">Ob&eacute;issant sans attendre, l'ondine rampe lentement et finis par entrer dans une bulle de lumi&egrave;re &eacute;blouissante qui lui fait plisser les yeux. Le temps de s'accommoder, son interlocutrice v&ecirc;tue de blanc s'approche et s'agenouille devant elle.</span><br /><br />- Bois ceci.<br /><span style="color: #888888;">Elle tend ses mains en coupe juste devant son visage et Thrace peut voir les reflets miroitants de l'eau pure les emplir petit &agrave; petit.</span><br />- Non ! Je ne peux pas.<br /><span style="color: #888888;">Boire ou manger un aliment du Sidh revient &agrave; s'en interdire tout d&eacute;part. Cette r&eacute;solution est si fermement ancr&eacute;e en elle que Thrace commence &agrave; soup&ccedil;onner qu'on la lui a implant&eacute;e par magie. Elle d&eacute;tourne le visage, ce qui provoque un soupir chez l'ondine blanche.</span><br />- Tu es brave Emilie mais m&ecirc;me ta force ne peut pas te permettre d'affronter autant d'obstacles. Bois cette eau, je t'assure qu'elle ne te fera aucun mal. Au contraire ! Allons, ne te laisse donc pas mourir pour une id&eacute;e.<br /><br /><span style="color: #888888;">A-t-elle vraiment le choix de toute fa&ccedil;on ? Surmontant sa r&eacute;pulsion, Thrace d&eacute;cide alors de se fier &agrave; la parole de cette femme &eacute;blouissante et hoche la t&ecirc;te. Les pointes de ses cheveux noirs trempent dans l'eau lorsqu'elle se penche pour boire. Elle aspire le liquide entre ses l&egrave;vres ass&eacute;ch&eacute;es et ressent imm&eacute;diatement une intense sensation de bien-&ecirc;tre. &Ccedil;a picote jusqu'au bout des doigts, &ccedil;a r&eacute;chauffe et &ccedil;a apaise dans le m&ecirc;me temps. C'est intense. Parfait.</span><br /><br /><span style="color: #888888;">Finalement, Thrace rejette la t&ecirc;te en arri&egrave;re et savoure cette euphorie profonde et r&eacute;paratrice. Elle peut sentir ses blessures se refermer, ses plaies se r&eacute;sorber et sa fatigue s'&eacute;vaporer. Lorsqu'elle se redresse, ses membres ont recouvert leur souplesse et leur vigueur. Elle se sent &agrave; nouveau enti&egrave;re et vibrante de vitalit&eacute;.</span><br /><br />- Merci&hellip; je me sens beaucoup mieux.<br /><br /><span style="color: #888888;">La femme agenouill&eacute;e se rel&egrave;ve lentement et incline la t&ecirc;te en souriant. Puis elle laisse ses mains retomber le long de son corps de sorte que les manches profond&eacute;ment &eacute;vas&eacute;es de sa robe viennent les recouvrir.</span><br /><br />- Je suis heureuse de te rencontrer Emilie. Je suis Sataline, grande ondine des eaux souterraines. Il est bien rare pour nous de rencontrer une s&oelig;ur de la surface.<br />- Grande ondine ? Vous &ecirc;tes&hellip; la m&egrave;re ? <br /><br /><span style="color: #888888;">Un rire cristallin s'&eacute;chappe de la gorge de la femme blanche. Comme Thrace, elle porte sur le visage la marque ruisselante de sa nature. Son &acirc;ge difficile &agrave; estimer semble n&eacute;anmoins plus avanc&eacute; que celui de Thrace. Hormis ce point, leurs principales diff&eacute;rences viennent de leur accoutrement - l'une harnach&eacute;e de cuir noir et l'autre simplement drap&eacute;e d'une robe blanche - mais aussi de la couleur de leurs cheveux. Les m&egrave;ches ailes de corbeau de la jeune tueuse contrastent &eacute;trangement sur la chevelure ondul&eacute;e et bleut&eacute;e de sa vis-&agrave;-vis.</span><br /><br />- Non, non. La m&egrave;re&hellip; c'est la mer. Mais tu peux me consid&eacute;rer comme ta grande s&oelig;ur en quelque sorte.<br />- O&ugrave; sommes nous ? <span style="color: #888888;">Encha&icirc;ne directement Thrace sans pouvoir retenir plus longtemps cette question br&ucirc;lante.</span><br />- Tu es au fond du trou et je ne pense pas que tu pourras descendre bien plus bas. Ici tout est ancien mais pas forc&eacute;ment v&eacute;n&eacute;rable ni v&eacute;n&eacute;r&eacute;. Les cr&eacute;atures qui se d&eacute;placent dans cette obscurit&eacute; sont aussi celles qui savent en profiter. Et tu as certainement vu l'effet pervers que produit cette noirceur sur Acier.<br />- Acier&hellip; quel &eacute;trange nom. Quelle est cette chose ?<br />- Je vois que tu as beaucoup de questions, l<span style="color: #888888;">ui sourit-elle visiblement amus&eacute;e par cet &eacute;change &agrave; br&ucirc;le pourpoint. Il faut admettre, il ne doit pas se passer grand chose au quotidien par ici. Mais qu'est ce que une journ&eacute;e en ce lieu t&eacute;n&eacute;breux ? </span><br />- Pour te r&eacute;pondre, <span style="color: #888888;">reprend-elle</span>, Acier est l'&eacute;l&eacute;mentaire du m&eacute;tal. C'est un hybride qui est apparu apr&egrave;s nous, filles de l'eau. Une cr&eacute;ation li&eacute;e &agrave; l'apparition de la vie. Il reste n&eacute;anmoins extr&ecirc;mement dangereux et suffisamment ancien pour parler d'un temps o&ugrave; les fomoires n'&eacute;taient qu'une bande de braillards d&eacute;guenill&eacute;s.<br />- Vous connaissez les fomoires ?<br />- Et comment pourrait-il en &ecirc;tre autrement ? <span style="color: #888888;">S'exclame t-elle d'un ton joyeux.</span> Nous les avons vu ramper hors de leurs trous boueux et assembler des outils. Nous les avons observ&eacute;s pr&eacute;tendre conqu&eacute;rir les mers et d&eacute;fier le temps. Et finalement, nous les avons regard&eacute;s tomber et mourir par l'&eacute;p&eacute;e et la lance. On peut dire qu'ils sont divertissants !<br />- Je vois&hellip;<br />- Ici Emilie, tu d&eacute;couvriras des races et des cr&eacute;atures bien plus immortelles que ces pr&eacute;tendus immortels. Ce qui leur semble une &eacute;ternit&eacute; n'est pour nous qu'une ondulation sur la surface. En fait, le temps est beaucoup plus lent ici. As-tu remarqu&eacute; le froid ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace lui renvoie un sourire crisp&eacute;. "Comment pourrait-il en &ecirc;tre autrement ?" A-t-elle envie de r&eacute;pondre. Rien que d'y penser, elle se remet &agrave; grelotter bien que le froid soit beaucoup moins intense maintenant qu'elle se tient dans cette sph&egrave;re de lumi&egrave;re.<br />Maintenant accoutum&eacute;e &agrave; la luminosit&eacute;, la jeune fille inspecte les environs. Elle se trouve dans une grande bulle immacul&eacute;e dont les parois dansantes produisent parfois des formes fuyantes. Elle a parfois l'impression de voir un visage ou une jambe, un fugace instant avant qu'autre chose ne vienne les remplacer. Thrace se demande fugacement si elle peut esp&eacute;rer un jour remonter &agrave; la surface. Malgr&eacute; elle, sa nature lui commande de tout faire pour revoir le ciel.</span><br /><br />- Ce froid n'est pas une temp&eacute;rature. C'est un effet du ralentissement des ondes cr&eacute;atrices. Non ne dis rien, je ne vais pas tout t'expliquer mais apprends ceci : tout dans ce monde est cr&eacute;&eacute; &agrave; partir d'ondes. Le son en est la manifestation la plus accessible, mais aussi la plus grossi&egrave;re. Le son peut na&icirc;tre d'une simple vibration, ce qui est une onde tr&egrave;s lente. C'est pourquoi tu peux encore entendre des bruits ici !<br />La lumi&egrave;re par contre est faite d'une palpitation beaucoup plus fine et rapide. De m&ecirc;me que la mati&egrave;re.<br />- La mati&egrave;re est faite d'ondes ?!<br />- Tu serais surprise de savoir &agrave; quel point ce que tu consid&egrave;res comme solide est en r&eacute;alit&eacute; compos&eacute; majoritairement de vide. <span style="color: #888888;">(Voyant que son h&ocirc;te fronce les sourcils, Sataline hoche la t&ecirc;te et balaye cette phrase du bout des doigts)</span>. Mais oublie tout &ccedil;a, tu as plus important &agrave; faire que de t'encombrer l'esprit avec ce genre de choses. Mais pour en revenir au froid, il est directement li&eacute; &agrave; ce ralentissement. La vie elle-m&ecirc;me doit se d&eacute;battre pour s'imposer dans ce lieu o&ugrave; m&ecirc;me la lumi&egrave;re est bannie. Pour &ccedil;a, elle se regroupe autour de centres de pouvoir qui sont capable de mettre en mouvement ce qui est fig&eacute;.<br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace prend alors conscience de la v&eacute;ritable nature de l'entit&eacute; qui lui fait face en toute simplicit&eacute;. Cette grande ondine qui se pr&eacute;sente sans faire de mani&egrave;res sous le modeste titre de grande s&oelig;ur EST un centre de pouvoir ! Elle est capable de faire na&icirc;tre la lumi&egrave;re autour d'elle et de cr&eacute;er le mouvement ! Son pouvoir cr&eacute;ateur d&eacute;passe de loin tout ce que Thrace avait imagin&eacute;. Et pourtant, elle lui parle si simplement, si naturellement&hellip; l'estimant presque comme une &eacute;gale alors que la diff&eacute;rence qui les s&eacute;pare est aussi imposante que l'oc&eacute;an l'est pour une goutte.</span><br /><br />- L'eau rampante&hellip; <span style="color: #888888;">l&acirc;che la jeune fille sans trop savoir pourquoi.</span><br />- Oui, ici l'eau rampe. C'est le seul mouvement que nous parvenons &agrave; lui insuffler &agrave; distance. Mais plus elle est proche <span style="color: #888888;">(Sataline fait na&icirc;tre une v&eacute;ritable fontaine dans le creux de sa paume)</span> et plus il est facile de lui redonner son enthousiasme. Comme &agrave; toi Emilie.<br /><span style="color: #888888;"><br />Les gouttes ruissellent entre ses doigts et s'&eacute;crasent sur le sol en produisant des sons ronds. Puis Sataline referme le poing, tarissent du m&ecirc;me coup la source de cette effervescence.</span><br /><br />- Ne sois pas si intimid&eacute;e Emilie. Je ne suis qu'une petite chose en comparaison de la mer. <br /><span style="color: #888888;">Thrace s'efforce de ne pas tiquer &agrave; chaque fois qu'elle emploie son vrai nom.</span><br />- La mer est capable de plus ?<br />- Bien s&ucirc;r, la mer est totale, la mer est absolue. Notre m&egrave;re &agrave; toutes les deux est bien plus puissante que je ne le serai jamais. C'est peut-&ecirc;tre ce qui attire les &ecirc;tres vivants. Le pouvoir attire toujours. M&ecirc;me le mien. La volont&eacute; cr&eacute;atrice des anciens &eacute;l&eacute;mentaires est si forte qu'elle est perceptible pour ceux qui s'entra&icirc;nent &agrave; la ressentir. Les fomoires la recherchent et nous l'envient. Les maigres bribes qu'ils parviennent &agrave; d&eacute;tacher du flux et &agrave; manipuler sont bien loin d'&ecirc;tre initiatrices mais ils s'en servent parfois&hellip; pour alt&eacute;rer les ondes.<br /><br /><span style="color: #888888;">A ces mots, Thrace se raidit subitement en consid&eacute;rant la main tendue qui vient de s'avancer vers son visage. <br /></span><br />- Ils te l'ont fait n'est-ce pas ? Ils t'ont inocul&eacute; cette "chose" qui corrompt ton essence. Oui je le vois, tes canines sont d&eacute;j&agrave; l&eacute;g&egrave;rement protub&eacute;rantes. Maudits d&eacute;mons !<br /><span style="color: #888888;"><br />Apeur&eacute;e par cet &eacute;clat soudain. L'ondine recule d'un pas et porte une main &agrave; sa dentition dont elle palpe prudemment les contours. Ses &eacute;paules s'affaissent sous l'effet du constat &eacute;vident qu'elle retire de son examen. Quatre petites pointes, encore timides mais bien l&agrave;. Un frisson de d&eacute;go&ucirc;t la traverse.</span><br /><br />- Pouvez-vous me lib&eacute;rer de cette mal&eacute;diction ?<br />- Je crains que non malheureusement. Je pourrais bien s&ucirc;r modeler tes ondes &agrave; ma guise mais je risquerais d'alt&eacute;rer ta personnalit&eacute;. Je&hellip; ne veux pas d&eacute;truire ce qui fait que tu es unique. Seuls les fomoires peuvent d&eacute;faire ce qu'ils t'ont fait.<br />- Mais ils refusent !<br /><span style="color: #888888;">La d&eacute;tresse pointe ses f&ecirc;lures dans la bouche de l'ondine. Sa "grande s&oelig;ur" l'attrape soudainement par les deux &eacute;paules pour la regarder droit dans les yeux.</span><br />- Il faudra te montrer forte Emilie. Tu devras peut-&ecirc;tre encore combattre et souffrir. J'en suis d&eacute;sol&eacute;e pour toi.<br />- Pas autant que moi, <span style="color: #888888;">soupire Thrace avec le c&oelig;ur gros.</span> Alors il va falloir que je remonte les affronter n'est-ce pas ?<br />- De toute mani&egrave;re ta place n'est pas ici. Tu es diff&eacute;rente tout en &eacute;tant notre semblable.<br />- Parce que je viens de la surface.<br />- Pas seulement. Laisse moi t'expliquer encore une chose. Nous sommes toutes cr&eacute;&eacute;es par l'eau. Que l'on soit asservies ou sauvages, c'est l'&eacute;l&eacute;ment liquide qui nous donne la vie. Ni ces pr&eacute;tentieux thuad&egrave;nes, ni ces bravaches Fir Bolgs ne sont responsables de notre cr&eacute;ation. Et pourtant, je sais qu'ils se plaisent &agrave; le penser. <span style="color: #888888;">(Elle ach&egrave;ve sa phrase sur un soupir)</span>. Ces elfes, ils sont si hautains&hellip; blancs ou noirs, ils sont pareils. Enfin l&agrave; n'est pas la question. Toi Emilie, tu n'es pas uniquement compos&eacute;e d'eau et c'est ce qui te rend si impr&eacute;visible et si forte.<br />- Vous voulez dire, parce que j'ai une part humaine ?<br />- Non tu n'y es pas. Ecoute, t'es-tu d&eacute;j&agrave; demand&eacute; pourquoi tu es une tueuse ? Les marins qualifient souvent notre m&egrave;re d'&ecirc;tre une vorace pr&eacute;datrice mais en r&eacute;alit&eacute; il n'en est rien. La mer accueille toutes les cr&eacute;atures en son sein et ce n'est pas de sa faute s'ils ne savent pas respirer. Qu'ils se plaignent plut&ocirc;t de leur propre corps car c'est en se remplissant d'eau que leur poumons les &eacute;touffent ! Non, l'eau a toujours et sera toujours synonyme de vie. Et pourtant, toi tu es une experte de la mort. Sais-tu que tu es capable de tuer quelqu'un de plus de vingt-sept mani&egrave;res diff&eacute;rentes ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace fronce les sourcils. Les connaissances de Sataline d&eacute;passent de loin les siennes et elle dispose apparemment d'un esprit aussi ancien que sage,&nbsp; capable de d&eacute;crypter sa personnalit&eacute; bien mieux qu'elle ne pourrait le faire en trois jours d'introspection intensive. Alors elle &eacute;coute, religieusement et muettement.</span><br /><br />- Tu es une assassine Emilie. Veux-tu savoir pourquoi ?<br />- Oui.<br />- Alors &eacute;coute moi bien. Tu as l'instinct d'une tueuse parce que tu es le fruit de l'union de l'eau et d'une autre cr&eacute;ature d&eacute;vou&eacute;e &agrave; la mort. <br />- Une autre cr&eacute;ature&hellip;<br />- Tu as d&eacute;j&agrave; entendu l'histoire de la chute des fomoires n'est-ce pas ?<br />- Je&hellip; oui, mais quel est le rapport ?<br />- Tu t'en souviens certainement, &agrave; l'issue de la bataille ultime contre les thuad&egrave;nes, tous les fomoires furent captur&eacute;s et encha&icirc;n&eacute;s au terrible pouvoir du c&oelig;ur. Mais en r&eacute;alit&eacute;, quelques uns ont &eacute;chapp&eacute; &agrave; cette mal&eacute;diction. <span style="color: #888888;">(La grande ondine fait de vagues gestes de la main qui pourraient en fait s'apparenter &agrave; des vagues justement).</span><br />Le cours d'une bataille n'est pas difficile &agrave; pr&eacute;voir et il arrive que le courage fasse d&eacute;faut &agrave; certains. Et ce f&ucirc;t le cas de plusieurs d'entre eux qui se sont enfuis, l&acirc;chement ou sagement&hellip; en tout cas ce f&ucirc;t leur chance.<br />Ces fuyards, s'ils n'&eacute;taient pas tr&egrave;s nombreux au d&eacute;part, le furent encore moins quelques heures plus tard. En ces temps sauvages, je n'&eacute;tais pas confin&eacute;e dans les sous-sols et je les ai vus. J'ai m&ecirc;me suivi leurs p&eacute;riples avec passion, par le biais de nos innombrables petites s&oelig;urs. <span style="color: #888888;">(Sa voix se fait plus distante, comme emport&eacute;e par la r&ecirc;verie)</span>. Je suis tomb&eacute;e en fine bruine sur leurs yeux morts et fig&eacute;s. J'ai embrass&eacute; leurs corps cribl&eacute;s de fl&egrave;ches, emport&eacute;s par le courant tumultueux de rivi&egrave;res. J'ai re&ccedil;u leur dernier souffle angoiss&eacute; dans le brouillard.<br />A la fin, je ruisselais dans le col d'une tunique d&eacute;chir&eacute;e. Et sous ce v&ecirc;tement se tapissait la seule survivante de ce sanglant massacre. Une guerri&egrave;re assez talentueuse et forte pour &eacute;chapper &agrave; ses poursuivants. Une femme r&eacute;solue &agrave; d&eacute;fier son macabre destin. <br /><br /><span style="color: #888888;">Sataline marque une courte pause pour observer les r&eacute;actions de la jeune fille. Prenant une voix plus lente et plus sourde, elle reprend :</span><br /><br />- Elle s'appelait Mara, et &agrave; l'&eacute;poque, elle &eacute;tait capitaine d'un bataillon d'&eacute;lite. Pourquoi avait-elle abandonn&eacute;e ses fr&egrave;res d'armes en plein c&oelig;ur du combat ? Je ne saurais le dire, car si j'ai coul&eacute; sur ses formes et &eacute;pous&eacute; ses tremblements, je ne me suis pas infiltr&eacute;e dans son c&oelig;ur.<br />En revanche, j'ai suivi les contours haineux de son visage tandis que ses traits se d&eacute;formaient sous l'effet de la honte et du d&eacute;sespoir. Et puis je l'ai perdue un de ces jours ensoleill&eacute;s o&ugrave; tout semblait vouloir se dissoudre dans l'atmosph&egrave;re.<br />Ce n'est que bien plus tard, en fusionnant avec une de mes s&oelig;urs que j'ai appris ce qu'il en &eacute;tait advenu. D&eacute;cid&eacute;e &agrave; se venger, Mara, la farouche et t&eacute;n&eacute;breuse capitaine d&eacute;chue s'&eacute;tait enti&egrave;rement d&eacute;di&eacute;e &agrave; l'art t&eacute;n&eacute;breux de la mort que les humains nomment n&eacute;cromancie. En fait, elle en f&ucirc;t la cr&eacute;atrice. Ses pas et sa qu&ecirc;te de plus grands pouvoirs la port&egrave;rent loin &agrave; l'est. Aux confins de territoires que nul n'a jamais explor&eacute;. L&agrave; bas, elle d&eacute;veloppa ses talents et cultiva sa haine pour les fils de D&egrave;na. Quelle ne f&ucirc;t pas sa surprise alors de tomber quelques ann&eacute;es plus tard sur une bande d'elfes ren&eacute;gats qui avaient &eacute;t&eacute; exil&eacute;s par leurs propres fr&egrave;res ! <br />Les Fir Bolgs et Mara conclurent rapidement une alliance afin de coupler leur vengeance. Et c'est ici que les choses se rapprochent de notre pr&eacute;sent.<br />Il y a plusieurs ann&eacute;es de &ccedil;a, un soir, elle s'est rendue pr&egrave;s d'une mare avec quelques uns de ces nouveaux complices. Avec leur aide, est parvenue &agrave; capturer l'une des n&ocirc;tres dans un cristal de roche. <br />Habiles artisans, les Fir Bolgs construisirent un dispositif sous les ordres de Mara qui contraignit l'ondine &agrave; adopter et garder forme humaine. Alors, par un accouplement aussi &eacute;trange que pervers, Mara a instill&eacute; son essence &agrave; l'int&eacute;rieur de l'ondine, d&eacute;chirant sa nature et y d&eacute;versant ses sentiments.<br />Les Fir Bolgs ont conserv&eacute; leur captive sous bonne garde, surveillant sa grossesse et &eacute;tudiant ses r&eacute;actions. La pauvre fille de l'eau est d&eacute;c&eacute;d&eacute;e neuf mois plus tard en donnant la vie &agrave; une cr&eacute;ature qui devait porter la double marque de la mort et de l'eau. Une cr&eacute;ature impr&eacute;gn&eacute;e d'une haine farouche et irr&eacute;pressible envers les thuad&egrave;nes. Une jeune femme &agrave; la chevelure aussi noire que l'est le c&oelig;ur de sa m&egrave;re fomoire et aux traits aussi purs que ceux de son innocente m&egrave;re ondine. <br /><span style="color: #888888;"><br />Thrace perd soudainement l'&eacute;quilibre, ne voulant pas entendre la suite. Mais c'est impossible bien entendu.</span><br /><br />- Cette abomination, c'est toi Emilie.</span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/twitter.png" alt="Twitter" class="icon" /></a> <a href="http://del.icio.us/post?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531&amp;title=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur del.icio.us&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/delicious.png" alt="del.icio.us" class="icon" /></a> <a href="http://www.facebook.com/sharer.php?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531&amp;t=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Facebook&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/facebook.png" alt="Facebook" class="icon" /></a> <a href="http://digg.com/submit?phase=2&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531&amp;title=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Digg&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/digg.png" alt="Digg" class="icon" /></a> <a href="http://www.technorati.com/faves?add=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Technorati&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/technorati.png" alt="Technorati" class="icon" /></a> <a href="http://myweb2.search.yahoo.com/myresults/bookmarklet?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531&amp;t=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Yahoo!&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/yahoo.png" alt="Yahoo!" class="icon" /></a> <a href="http://www.stumbleupon.com/refer.php?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531&amp;title=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Stumbleupon&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/stumbleupon.png" alt="Stumbleupon" class="icon" /></a> <a href="http://www.google.com/bookmarks/mark?op=edit&amp;output=popup&amp;bkmk=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531&amp;title=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Google&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/google.png" alt="Google" class="icon" /></a> <a href="http://blogmarks.net/my/new.php?mini=1&amp;simple=1&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531&amp;title=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Blogmarks&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/bmarks.png" alt="Blogmarks" class="icon" /></a> <a href="http://mystuff.ask.com/mysearch/QuickWebSave?v=1.2&amp;t=webpages&amp;title=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Ask&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/ask.png" alt="Ask" class="icon" /></a> <a href="http://slashdot.org/bookmark.pl?title=Chapitre+32+%3A+Et+la+Mer%E2%80%A6&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-32-et-la-mer-a1074531" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Slashdot&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/slashdot.png" alt="Slashdot" class="icon" /></a><br /><hr />Article original rédigé par Sakutei et publié sur <a href="http://sakutei.eklablog.com">Bouillie de scribe par Sakutei</a> <br /> Reproduction interdite sans autorisation]]></content:encoded>
		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 23:20:19 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/chapitre-32-et-la-mer-a1074531</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-03-12T23:20:19+01:00</dc:date>
	</item>
	<item>
		<title><![CDATA[Chapitre 31 : Résolution cloutée.]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/chapitre-31-resolution-cloutee-a1072264</link>
		<description><![CDATA[Le conseil s'est prononc&eacute;, les thuad&egrave;nes se battront comme ils l'ont toujours fait : au son des tambours et des cors, dans la plaine et lors d'un affrontement unique et d&eacute;cisif. Luk s'est retenu de peu de s'emporter sous les effets conjugu&eacute;s de la col&egrave;re et de la frustration. Il suffit parfois...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">Le conseil s'est prononc&eacute;, les thuad&egrave;nes se battront comme ils l'ont toujours fait : au son des tambours et des cors, dans la plaine et lors d'un affrontement unique et d&eacute;cisif. Luk s'est retenu de peu de s'emporter sous les effets conjugu&eacute;s de la col&egrave;re et de la frustration. Il suffit parfois de peu de choses pour faire pencher la balance d'un cot&eacute; ou de l'autre.<br />La d&eacute;claration de l'ancien a fait son petit effet, d&eacute;molissant tranquillement tous les efforts oratoires du Marcheur-des-Cieux par un simple mot : l'honneur. Une bien belle notion pour s&ucirc;r, du moment qu'elle reste coiff&eacute;e des lauriers de la victoire ! Car on ne perd pas avec honneur. On perd tout court, et on meurt. A quoi sert l'honneur dans le royaume des morts ?<br />Ligne de conduite pour certains. Hmmm. Surtout une mani&egrave;re de ne pas entacher leur propre conscience, voil&agrave; ce qu'est l'honneur. Et d'ailleurs, la guerre est sale, c'est une activit&eacute; sans moralit&eacute;, sans justice ni logique. Alors pourquoi faudrait-il toujours s'encombrer de principes ? Que n'ont-ils pas compris que leur survie va se jouer au cours de cet affrontement ! D'y repenser, Luk botte rageusement un caillou inoffensif qui va ricocher contre un rocher un peu plus loin.<br />Apr&egrave;s cette d&eacute;claration, la s&eacute;ance s'est conclue rapidement sur l'id&eacute;e qu'il faut pr&eacute;parer aux humains un spectacle qu'ils ne seront pas pr&egrave;s d'oublier. Les meneurs de cohortes sont redescendus stimuler leurs troupes, chope en pogne. La chasseresse s'est &eacute;vanouie dans les t&eacute;n&egrave;bres, silencieuse, gracile et froide comme le courant d'air qui a donn&eacute; son nom. Les autres se sont &eacute;gaill&eacute;s de ci de l&agrave;, certains reprenant le long et sinueux chemin qui m&egrave;ne aux cavernes o&ugrave; les thuad&egrave;nes ont pour habitude de prendre leur repos quand il ne sont pas sur le pied de guerre. Pour le moment bien s&ucirc;r, ces terriers rocheux ne sont peupl&eacute;s que de faibles, de vieillards et de trop jeunes pour faire la guerre.<br /><br />Finalement, il ne reste plus que quatre silhouettes aux v&ecirc;tements gonfl&eacute;s par les rafales de vents de plus en plus violentes. Deux d'entre elles sont accroupies, une autre est adoss&eacute;e contre une pierre lev&eacute;e, et la derni&egrave;re tient un r&eacute;cipient dans sa main.<br />Luk vide sa coupe d'un trait et la repose &agrave; m&ecirc;me le sol, l&agrave; o&ugrave; les serviteurs la r&eacute;cup&egrave;reront. Derri&egrave;re lui, Bjorn et S&eacute;toine se sont lanc&eacute;s dans une partie de d&eacute;s tout autant pour tuer le temps que pour respecter le silence &eacute;pais qui nappe leur commandant. La d&eacute;cision du conseil ne pla&icirc;t pas &agrave; Luk, elle le plonge m&ecirc;me dans des ab&icirc;mes d'anxi&eacute;t&eacute; et les affres du doute. Doit-il contrevenir &agrave; la parole du conseil et n'en faire qu'&agrave; sa t&ecirc;te ? L'id&eacute;e est tentante mais le chaos g&eacute;n&eacute;r&eacute; par son attitude pourrait tout aussi s&ucirc;rement d&eacute;truire les thuad&egrave;nes que s'il les entra&icirc;nait au combat les yeux band&eacute;s et &agrave; cloche-pied.<br />Que faire ? Luk continue &agrave; se morfondre jusqu'&agrave; ce qu'une voix claire le tire de son marasme :<br /></span><br />- On dirait qu'il va pleuvoir.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le barde, dernier membre du conseil encore pr&eacute;sent, pointe le ciel du doigt et remonte sa capuche sur ses lourdes boucles brunes comme pour se pr&eacute;munir de gouttes pr&eacute;coces. C'est vrai, un front de nuages noir d'encre voile le scintillement rassurant des &eacute;toiles. Il y a dans l'air cette tension et cette lourdeur particuli&egrave;re qui pr&eacute;c&egrave;dent le d&eacute;cha&icirc;nement des &eacute;l&eacute;ments. Depuis la saveur humide du vent jusqu'au claquement sec des banni&egrave;res en passant par les cr&eacute;pitements agressif des torches.<br /><br />Luk reporte son regard sur la fine silhouette encapuchonn&eacute;e qui lui fait face. Le barde. Une bien &eacute;trange personne enrob&eacute;e de malice et d'&eacute;nigmes, &agrave; commencer par celle de son nom. Il aime &agrave; se faire appeler La Lyre ou encore Musard et parfois Ch&eacute;ri par celles qui ont la faveur de sa couche. Mais le plus souvent, c'est tout simplement le barde. Sans fa&ccedil;on ni majuscule. <br />Les thuad&egrave;nes ne savent pas grand-chose de celui qui r&eacute;cite et compose pour eux balades, &eacute;pop&eacute;es et contes au coin du feu. Familier avec tout le monde, distant avec personne, le barde est r&eacute;put&eacute; pour &ecirc;tre enjou&eacute; et toujours &agrave; l'aff&ucirc;t des discussions anim&eacute;es, r&eacute;servant des r&eacute;parties cinglantes et parfois cruelles aux participants qui auraient la b&ecirc;tise de laisser s'agiter leur langue plus vite que leur raison. Il semble &ecirc;tre partout et depuis toujours. Et de m&ecirc;me que personne ne conna&icirc;t son vrai nom, on ignore &eacute;galement son &acirc;ge.<br />Le temps est capricieux chez les thuad&egrave;nes et ne se creusent des marques de la vieillesse que ceux qui le d&eacute;sirent, comme le Porteur de M&eacute;moire. Certains voient dans les rides une marque v&eacute;n&eacute;rable qui impose le respect. Le barde lui, s'en cogne gentiment, pr&eacute;f&eacute;rant que sa vigueur puisse encore assumer les cons&eacute;quences parfois f&acirc;cheuses de son irr&eacute;v&eacute;rence capricieuse. Ainsi, il n'est pas rare de le voir, hilare et bondissant, s'enfuir &agrave; toutes jambes apr&egrave;s avoir entortill&eacute; les nerfs d'une bande de t&ecirc;tes br&ucirc;l&eacute;es au bout de ses doigts pour en jouer comme d'une harpe.<br />Mais son inconstante bouffonnerie dissimule un esprit aff&ucirc;t&eacute; et alerte. Le barde n'est pas celui qui consigne l'histoire dans son int&eacute;gralit&eacute;. Non, son r&ocirc;le est d'observer et de mettre en valeur les temps importants de celle-ci. Par ses chants et ses po&egrave;mes, il enjolive ou enlaidit les d&eacute;tails d'une bataille, d'un banquet ou de fun&eacute;railles. Curieusement, il est probablement la seule personne &agrave; disposer d'assez de recul pour porter un regard neutre sur le pass&eacute;.</span><br /><br />- Dis-moi le barde, ton avis sur tout ceci, <span style="color: #888888;">murmure t-il dans le vent en &eacute;tendant sa main pour d&eacute;signer la plaine de Mag Tuired.</span><br />- Ceci vaut bien cela du moment qu'il y a toujours un si et un la dans la m&eacute;lodie, Marcheur !<br /><span style="color: #888888;">Voyant que son interlocuteur fait la moue devant cette r&eacute;ponse absconse, le barde sourit &eacute;l&eacute;gamment sous cape et croise les bras sur la poitrine avant de reprendre :<br /><br /></span>- Je veux dire par l&agrave; que cette bataille que tu redoutes tant n'est qu'une note sur la partition du temps. Du moment qu'il reste quelque chose, alors ce n'est qu'un soupir dans la musique. Un petit battement de cr&eacute;puscule avant une aube nouvelle o&ugrave; nous chanterons peut-&ecirc;tre un autre air. Telle est la nature m&ecirc;me dans laquelle le Sidh a &eacute;t&eacute; enracin&eacute;.<br />- C'est bien ce que je redoute, le barde&hellip; qu'il ne reste plus rien.<br />- Non, non. C'est vigoureusement impossible Marcheur ! Il restera toujours quelque chose m&ecirc;me lorsque le dernier d'entre nous aura rendu son dernier soupir.<br /><br /><span style="color: #888888;">Luk fait jouer ses puissantes &eacute;paules cuirass&eacute;es pour se d&eacute;rouiller et contemple toujours la plaine en contrebas. Il esp&egrave;re que personne n'a remarqu&eacute; le brusque frisson qui s'est tortill&eacute; le long de son &eacute;chine en r&eacute;ponse aux derni&egrave;res paroles du barde. Pour masquer son trouble, il adopte un ton rugueux et abrupt.<br /><br /></span>- Comment peux-tu en &ecirc;tre aussi certain ?<br />- Regarde moi Marcheur, peux-tu dire que tu me connais ? Tu ignores mon nom, mes origines et tout ce qui compose ma personnalit&eacute;. Et pourtant j'existe &agrave; tes yeux car je suis le miroir de tes actes. Je suis le reflet de notre peuple par mes chants et mes s&eacute;r&eacute;nades. Le fait que je n'ai aucune r&eacute;alit&eacute; en tant que personne ne veut pas dire que je n'existe pas. Et de m&ecirc;me, lorsque le dernier des thuad&egrave;nes aura cess&eacute; de rendre hommage &agrave; la nature et se figera dans son dernier repos, cela ne signifiera pas que nous aurons cess&eacute; d'exister pour autant.<br />- Je vois o&ugrave; tu veux en venir mais je n'y crois pas. Tu penses que nous vivrons dans l'&eacute;ternit&eacute; des m&eacute;moires, par les chants et les balades de ceux qui composeront sur notre fin et notre &egrave;re. Je n'y crois pas. Ce n'est pas la vie, ce ne sont que ses cendres !<br />- C'est vrai, la m&eacute;moire est importante mais ce n'est pas ce dont je veux parler.<br />- Alors que veux-tu dire &agrave; la fin ! Exprime toi simplement pour une fois ! <span style="color: #888888;">L&acirc;che le guerrier d'un ton exasp&eacute;r&eacute; qui fait relever la t&ecirc;te des deux joueurs accroupis dans leur coin.</span><br />- Le plaisir de vivre ne serait pas le m&ecirc;me, r<span style="color: #888888;">&eacute;torque le barde amus&eacute;. Sans se laisser d&eacute;monter, il se redresse souplement et attrape la lyre pendue &agrave; son cot&eacute;. Avec une tendresse presque maternelle, il pince les cordes une &agrave; une pour en v&eacute;rifier l'accordage et se lance dans une improvisation en trilles bondissantes.</span><br /><br /><span style="color: #888888;">Luk se retient d'aller le secouer par le col, sachant pertinemment que &ccedil;a ne servirait &agrave; rien. Alors il patiente, les poings crisp&eacute;s et la m&acirc;choire serr&eacute;e.<br /><br /></span>- Laisse moi te raconter l'histoire de Tug.<br />- Je n'ai pas le temps pour tes comptines le barde.<br />- Pourtant celle-ci devrait te plaire. Elle raconte l'histoire d'un homme, Tug. Un homme simple et honn&ecirc;te qui ne cherchait rien d'autre qu'une vie paisible dans sa cabane. Un soir que le soleil d&eacute;clinait derri&egrave;re les montagnes lointaines, un guerrier tout d'or cuirass&eacute; se pr&eacute;senta &agrave; lui. Son armure &eacute;tait si &eacute;tincelante dans les lueurs couchant que Tug d&ucirc; se couvrir les yeux, sans pouvoir d&eacute;visager ce brillant inconnu. <br />"Suis moi", lui dit-il simplement d'un voix claire et forte. Surpris par ce pr&eacute;ambule, Tug lui demanda pourquoi il devrait le suivre, s'interrogeant l&eacute;gitimement sur les raisons qui motivaient une invitation aussi spontan&eacute;e qu'inattendue.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le barde laisse un instant de flottement qu'il emplit par d'agiles mouvement de doigts sur les cordes vibrantes. Au fur et mesure de son histoire, ses notes deviennent plus graves et ses accords moins rayonnants, comme si une part de t&eacute;n&egrave;bres s'emparait de sa musique.</span><br /><br />- "Je viens te chercher. Suis-moi, nous vivrons ensemble un destin pareil &agrave; nul autre ! H&acirc;te toi car le monde ne t'attendras pas pour continuer sa route." Mais Tug le regardait avec incr&eacute;dulit&eacute; et il lui r&eacute;pondit tr&egrave;s simplement "Je ne cherche pas l'aventure mon bon sire, je n'aspire qu'&agrave; une vie calme et sans mouvement. Une vie qui ne changera pas du jour au lendemain. Une vie dans laquelle je peux pr&eacute;voir qu'elle sera mon &eacute;tat, quelle sera ma journ&eacute;e et sans variation plus grande que celle des saisons qui s'encha&icirc;nent paisiblement. C'est de cette mani&egrave;re que je me prot&egrave;ge et que j'aspire &agrave; rester." Alors sans mot dire, le guerrier tira son &eacute;p&eacute;e et tua Tug pour qu'il n'ait jamais &agrave; subir de changement et qu'il ne souffre jamais.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le barde laisse la derni&egrave;re note s'&eacute;vader &agrave; la suite de ses s&oelig;urs dans le vent et il rabaisse son instrument. Son regard brun se perd quelque part entre les pierres lev&eacute;es et la troupe assembl&eacute;e plus bas.<br /></span><br />- Veux-tu dire qu'il faut toujours choisir la voie de la souffrance ? Quel est le rapport avec notre mort ?!<br />- Il y a plusieurs interpr&eacute;tations &agrave; cette histoire. A toi d'en tirer tes conclusions mais retiens ceci Marcheur : La mort ne rime pas avec la fin. La mort rime avec d'abord et la fin avec cr&eacute;tin. Ah ah !<br /><br /><span style="color: #888888;">D'un bond rapide, il dispara&icirc;t &agrave; la vue du Luk et d&eacute;vale la pente du tertre sans plus de bruit qu'un rongeur affair&eacute;. Le barde n'a jamais &eacute;t&eacute; frileux pour dire tout haut ce que personne ne pense tout bas. Le go&ucirc;t de l'&eacute;tranget&eacute; et de la nouveaut&eacute; se conjuguent chez lui d'une bien &eacute;trange mani&egrave;re avec son espi&egrave;glerie et la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; dont il fait preuve en toute occasion.<br />Luk se fend d'un soupir profond et fait signe &agrave; ses deux hommes pour partir. Les trois soldats traversent les rangs de l'arm&eacute;e toujours en effervescence. Les festivit&eacute;s dureront toute la nuit, tant qu'il y aura de la bi&egrave;re dans les tonneaux et du gibier autour des feux de camp.<br /></span><br />- Marcheur, un mot en priv&eacute; ?<br />- D'accord. S&eacute;toine, tu peux disposer.<br />- Pas ici.<br /><br /><span style="color: #888888;">Bjorn et Luk se fraient un chemin &agrave; travers les broussailles vers un petit ruisseau dont les cascades rieuses couvrent les murmures des deux hommes. Cette conversation, le commandant des thuad&egrave;nes s'y attendait autant qu'il la redoutait, mais il n'est pas du genre &agrave; se d&eacute;filer. Il n'est pas comme le Tug de la chansonnette du barde.</span><br /><br />- Marcheur, je peux parler directement ?<br />- Je n'en attends pas moins de toi.<br />- Alors bordel ! Dis moi &agrave; quoi tu joues ?! D'abord cette embuscade &agrave; un contre trois dans la caverne, ensuite ces mensonges et maintenant tu parles de bafouer nos plus anciennes et respectables traditions ! <br />- Je veux sauver les thuad&egrave;nes Bjorn. Je te demande juste de me suivre et de me faire confiance.<br />- Ne te fous pas de moi ! Tu te comportes comme une pucelle terroris&eacute;e par l'id&eacute;e de se faire violer. N'as-tu pas entendu l'avertissement du barde ? Craindre la mort c'est s'y condamner !<br />- Ne me joue pas ce num&eacute;ro&hellip;<br />- Je te jouerai l'air que je veux si cela me permet d'avoir une r&eacute;ponse ! Je sens que tu me caches des choses.<br /><span style="color: #888888;"><br />Luk aime beaucoup Bjorn. Non seulement c'est un combattant hors pair mais en plus il s'av&egrave;re &ecirc;tre de bon conseil. Cela dit, &ccedil;a fait trop longtemps qu'il se ronge les sangs et son anxi&eacute;t&eacute; finit par lui faire perdre son calme. <br /></span><br />- Ta gueule ! Tu ne comprends rien c'est tout ! Nous sommes dans une situation impossible et je m'efforce de faire tenir les morceaux. Qu'est ce que tu crois, que je me pisse dessus &agrave; l'id&eacute;e de combattre ? C'est &ccedil;a que tu penses du moi ? Hein !<br /><span style="color: #888888;">Le nordique se met &agrave; faire les cent pas, nerveux.</span><br />- Je ne dis pas &ccedil;a, je dis que ta trouille est en train d'obscurcir ton jugement Marcheur.<br />- Je te dis que tu ne PEUX PAS comprendre.<br />- Alors explique moi !<br />- Non !<br />- Parle moi bon sang !<br />- LAISSE MOI.<br /><br /><span style="color: #888888;">La lourde paluche du nordique s'abat sur l'&eacute;paule de Luk qui sous l'effet du choc se rebiffe brutalement et envoie son poing dans l'estomac du colosse. Bjorn est un dur mais Luk est entra&icirc;n&eacute; au combat depuis son plus jeune &acirc;ge et l'impact sourd le fait se plier en deux.<br /></span><br />- Oh tr&egrave;s bien, tu le prends comme &ccedil;a !<br /><br /><span style="color: #888888;">Il pousse un sifflement entre ses dents et attrape son capitaine par la taille. Luk lui envoie un solide coup de botte avant de tr&eacute;bucher. S'en suit une empoignade pour le moins chaotique. Les deux corps se heurtent et se ratent dans le noir le plus complet. Quelque chose roule sur le sol et tombe dans l'eau dans un vague plouf. Des grognements et des g&eacute;missements sauvages ponctuent les coups qui portent ou se contentent de fendre le vide. L'un comme l'autre &eacute;clusent leur nervosit&eacute; et se mettent sur la tronche sans merci mais sans m&eacute;chancet&eacute; non plus.<br />Finalement, Luk se fait plaquer au sol par le nordique et ils se regardent (ou du moins essaient), tout essouffl&eacute;s et meurtris.</span><br /><br />- Pur&eacute;e&hellip;<br />- Oui hein.<br />- Bjorn tu p&egrave;ses trop lourd.<br />- C'est parce que tu tapes trop fort.<br /><span style="color: #888888;"><br />A cet acc&egrave;s de violence s'en suit une crise de fou rire irr&eacute;pressible et sans motif. Les deux guerriers s'assoient dos &agrave; dos pour reprendre leur souffle et se rafra&icirc;chir le visage et les avant-bras au ruisseau.</span><br /><br />- Taaah merde&hellip; j'ai perdu mon bracelet.<br />- Faudra que tu s&eacute;duises une autre fille pour t'en faire offrir un nouveau.<br />- Ah ! Avec la gueule que je vais me taper dans les jours &agrave; venir, je crains fort que mon potentiel s&eacute;duction soit s&eacute;v&egrave;rement amoch&eacute;. Aaah t'&eacute;tais oblig&eacute; de me cogner le pif ?<br />- Tu peux parler, j'ai du mal &agrave; parler avec ce que tu m'a coll&eacute; dans les gencives.<br /><br /><span style="color: #888888;">Un instant de silence paisible s'en suit. La paix s'est bri&egrave;vement r&eacute;tablie entre le capitaine et son lieutenant blond. Mais le motif de la dispute est toujours l&agrave;, comme un torchon enflamm&eacute; entre eux deux. Il est temps de flanquer ce truc &agrave; la rivi&egrave;re aussi.</span><br /><br />- Marcheur ?<br />- Mmmh.<br />- Tu n'envisages pas de&hellip; Je veux dire, tu sais que je te suivrai mais je dois savoir ce que tu as l'intention de faire. <br />- Qu'est ce que tu crois ?<br />- Pour parler franchement, j'ai cru un instant que tu allais nous trahir. Nous abandonner peu avant la bataille et tenter de sauver ta peau seul.<br />- Tu as cru...<br />- Je suis d&eacute;sol&eacute; Luk, toute cette ambiance me monte &agrave; la t&ecirc;te. Mais je sais maintenant qu'il n'en est rien.<br />- Ah bon ?<br />- Oui ! Rien de tel qu'une empoignade pour se remettre les id&eacute;es en place. Je crois que &ccedil;a nous fera du bien &agrave; tous quand &ccedil;a p&egrave;tera. C'est comme cet orage qui ne se d&eacute;cide pas &agrave; crever les nuages. &Ccedil;a &eacute;nerve tout le monde.<br />- Mmh.<br />- Quoi ?<br />- Je vais te donner une preuve de ma loyaut&eacute; envers mon peuple. <br />- Mais puisque je te dis que&hellip;<br />- Toi peut-&ecirc;tre Bjorn, mais je tiens &agrave; ce que personne, PERSONNE ne doute de mon engagement.<br /><span style="color: #888888;"><br />Le Marcheur-des-Cieux semble soudainement habit&eacute; par une force int&eacute;rieure aussi obscure que puissante. Un filament de la crainte que l'on ressent en pr&eacute;sence du Gardien. <br />Il se rel&egrave;ve et entra&icirc;ne son lieutenant &agrave; travers le camp, vers sa tente personnelle qu'il n'utilise pas beaucoup ses derniers temps. <br /></span><span style="color: #888888;"><br />L'int&eacute;rieur est d'une sobri&eacute;t&eacute; martiale, une paillasse et un coffre sur lesquels sont jet&eacute;s p&egrave;le-m&ecirc;le des couvertures et des v&ecirc;tements. Il y a aussi une petite table o&ugrave; son dispos&eacute;es de la viande encore fumante, du pain, un tonnelet de bi&egrave;re et des coupes. Luk en tire deux et en tend une &agrave; Bjorn.</span><br /><br />- Elle est sans doute ti&egrave;de mais &ccedil;a nous fera du bien.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le colosse &eacute;ponge le sang qui lui ruisselle du nez d'un revers de l'avant bras et accepte le breuvage avec reconnaissance. Vidant d'un trait la sienne, Luk tire son couteau plat taille une tranche de pain qu'il recouvre d'une tranche de viande juteuse et passe la tartine &agrave; son lieutenant avant de faire de m&ecirc;me pour lui.</span><br /><br />- Sers toi encore si le c&oelig;ur t'en dis.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le nordique ne se fait pa prier. Pour sa part, Luk ass&egrave;che une nouvelle coupe avant de se diriger vers le fond de la tente. Il bascule le couvercle du coffre et fourrage un instant dedans pour en tirer un casque de bronze. Un simple coup d'&oelig;il suffit pour le juger magnifique dans les lueurs chaudes et dansantes des torches mais seul un examen plus d&eacute;taill&eacute; permet d'en admirer la facture.<br />C'est un de ses heaumes qui couvrent le nez et les joues, ne laissant qu'une fine ouverture en forme de "T" sur le devant. Sur celui-ci elle est particuli&egrave;rement &eacute;troite, laissant &agrave; peine une meurtri&egrave;re pour le regard qui se retrouve renfonc&eacute; sous l'arcade sourcili&egrave;re renforc&eacute;e. Il est pratiquement impossible d'esp&eacute;rer atteindre les yeux de son porteur sans enfiler la lame directement dans l'ouverture, ce qui demanderait une pr&eacute;cision qu'on a rarement l'occasion d'exercer en plein combat.<br />Le reste du casque est d&eacute;cor&eacute; d'arabesques en relief et le cimier est rehauss&eacute; d'un panache de plumes blanches. Sur les deux cot&eacute;s, une paire d'imposantes cornes peintes en rouge se recourbent au niveau de la m&acirc;choire, fermant d&eacute;finitivement l'acc&egrave;s &agrave; tout le visage.</span><br /><br />- Tu vois ce casque. Lorsque je le porte, je ne peux ni manger, ni boire et il serait tr&egrave;s inconfortable pour dormir. Pour l'enfiler, il faut l'ouvrir l&eacute;g&egrave;rement sans quoi il ne passe pas.<br /><span style="color: #888888;"><br />Luk le tourne et pr&eacute;sente deux fentes qui coupent le bronze du bas jusqu'au deux tiers de chaque cot&eacute;. Puis il s'en coiffe, tirant fermement sur les paragnathides pour qu'elle recouvrent ses joues jusqu'&agrave; la ligne de sa m&acirc;choire.</span><br /><br />- Et maintenant tu vas m'aider &agrave; le sceller.<br />- Quoi ?! <span style="color: #888888;">L&acirc;che le nordique en s'&eacute;tranglant presque sur une bouch&eacute;e.</span><br /><span style="color: #888888;">Le Marcheur tire une poign&eacute;e de rivets de son coffre, puis il se penche pour fouiller dans le tas de tissus par terre et en extirpe un petit marteau. Il se rel&egrave;ve et tend le tout au nordique.</span><br />- Ferme le de mani&egrave;re &agrave; ce que je ne puisse l'&ocirc;ter.<br />- Marcheur je&hellip;<br />- Fais&ndash;le.<br /><span style="color: #888888;">Luk d&eacute;barrasse la table de son contenu et vient s'agenouiller devant, posant la t&ecirc;te &agrave; m&ecirc;me le plateau comme pour une ex&eacute;cution. Voyant la r&eacute;solution de son sup&eacute;rieur, le nordique n'a d'autre choix que d'ob&eacute;ir. </span><br /><br />- Je vais tenter de ne pas t'exploser les tempes au passage.<br />- Je t'en serais reconnaissant&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Bjorn l&egrave;ve son marteau et enfonce les rivets uns &agrave; uns. Resserrant &agrave; chaque fois un peu plus les ouvertures sur les cot&eacute;s jusque &agrave; ce que les bords se touchent. A chacun des coups, la t&ecirc;te de Luk rebondit sur la table, lui arrachant un unique juron, la premi&egrave;re fois. A l'issue de l'ouvrage, Bjorn se redresse et s'&eacute;ponge le front.</span><br /><br />- &Ccedil;a va ?<br />- Un peu la t&ecirc;te qui tourne mais &ccedil;a va passer.<br /><span style="color: #888888;"><br />D&eacute;posant les outils sur la table, le nordique consid&egrave;re la silhouette maintenant mena&ccedil;ante du commandant en chef des arm&eacute;es et se gratte la tempe. Luk peut voir la foule de questions qui bataillent ferme derri&egrave;re ses iris claires. Chacune exigeant une r&eacute;ponse et se jugeant primordiale au regard des autres.</span><br /><br />- Pourquoi ?<span style="color: #888888;"> Finit-il par dire, ce qui semble un compromis honn&ecirc;te.</span><br /><span style="color: #888888;">Mais au lieu de r&eacute;pondre, Luk pivote face &agrave; son lieutenant et pose ses deux mains sur ses solides &eacute;paules.</span><br />- Maintenant Bjorn, je t'en fais le serment solennel. Je ne retirerai pas ce casque tant que cette guerre ne sera pas termin&eacute;e. <br />- Je ne veux pas d&eacute;molir ton entrain mais si les humains viennent dans un mois ou plus ?<br />- Surveille mon panache au c&oelig;ur de la m&ecirc;l&eacute;e Bjorn ! Car s'il roule &agrave; terre, c'est que ma t&ecirc;te aura &eacute;t&eacute; tranch&eacute;e !<br />- Marcheur&hellip;<br />- Bjorn, <span style="color: #888888;">tranche Luk avec emphase,</span> me suivras-tu sans mettre en doute mes motivations &agrave; pr&eacute;sent ? Seras-tu mon bouclier quand j'aurai besoin de protection et mon &eacute;p&eacute;e quand je convoquerai la fureur des thuad&egrave;nes ?<br /><br /><span style="color: #888888;">En cet instant, le Marcheur-des-Cieux EST le marcheur des cieux, il irradie litt&eacute;ralement d'une aura de puissance et de force vitale. Avec sa voix plus grave et plus sourde, filtr&eacute;e par le casque, son port altier et la marque de sa r&eacute;solution en couvre-chef, Luk s'impose plus que jamais comme le chef de guerre des thuad&egrave;nes. Sous l'&eacute;motion, Bjorn tombe &agrave; genoux devant son capitaine et lui renouvelle son all&eacute;geance avec une voix presque exalt&eacute;e.</span><br /><br />- Marcheur, je te suivrai en tous lieux et en tous temps ! M&ecirc;me si pour cela nous devons aller au plus profond des t&eacute;n&egrave;bres chercher le peu de lumi&egrave;re qui permettra de nous sauver, je te suivrai et je t'&eacute;paulerai. Jamais je ne conna&icirc;trai plus d'honneur que celui de combattre &agrave; tes cot&eacute;s.<br /><br /><span style="color: #888888;">S'en suit un instant de silence solennel tandis que les deux hommes, l'un debout et l'autre &agrave; genoux, se d&eacute;visagent. Finalement, Luk tend les bras pour relever son lieutenant et ami, son fr&egrave;re d'arme et de poing, son confident et son assistant.</span><br /><br />- Maintenant aide moi &agrave; rev&ecirc;tir le reste de mon armure, je vais avoir l'air ridicule avec ce casque lourd seul.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le capitaine thuad&egrave;ne d&eacute;boucle sa cuirasse de routine et ses brassards puis il sort une s&eacute;rie de paquets soigneusement emball&eacute;s de son coffre d&eacute;cid&eacute;ment bien profond. D&eacute;nouant les tissus, il offre aux torches des reflets orang&eacute;s sur une s&eacute;rie de protections de bronze autrement plus fringantes et dont la facture n'est pas sans &eacute;voquer celle de son casque d&eacute;sormais ins&eacute;parable de sa t&ecirc;te sans l'aide d'un forgeron. Les deux hommes s'activent.</span><br /><br />- Il va falloir r&eacute;unir tous les lieutenants et les meneurs de cohorte pour pr&eacute;parer notre strat&eacute;gie. Puisque nous allons devoir affronter les humains sur un champ de bataille, je tiens &agrave; ce que tout soit mis au point dans les moindres d&eacute;tails. Il faudra faire venir tout le monde sur le terte, y compris celui qui va remplacer Faneur-de-la-Tourbe&hellip; comment s'appelle t-il d&eacute;j&agrave; ?<br />- S&eacute;toine, je lui ai pris dix trix aux d&eacute;s.<br />- Mmh, voil&agrave;. Attends, moins l&acirc;che ici, redonne un tour. Bon, cette fois, nous devrons agir de concert et &ecirc;tre coordonn&eacute;s si nous voulons avoir une chance. Il ne s'agit pas de se lancer en hurlant comme d'habitude.<br />- &Ccedil;a va en d&eacute;cevoir beaucoup.<br />- Ils seront surtout d&eacute;&ccedil;us quand ils briseront leurs lames sur les armures de nos ennemis.<br />- Mmmh.<span style="color: #888888;"> L&acirc;che le g&eacute;ant blond pour tout commentaire en resserrant une lani&egrave;re d'un cran pour ajuster une &eacute;pauli&egrave;re. La t&ecirc;te cornue de Luk se redresse soudainement lorsqu'il prend conscience d'un d&eacute;tail qui s'est d&eacute;rob&eacute; &agrave; son attention depuis trop longtemps.</span><br /><br />- O&ugrave; est Miyanne ??<br />- Miyanne ? Elle doit &ecirc;tre rentr&eacute;e &agrave; pr&eacute;sent.<br /><br /><span style="color: #888888;">Au lieu de r&eacute;pondre par une autre question, Luk soul&egrave;ve un rabat de la tente et penche la t&ecirc;te au dehors pour beugler &agrave; un soldat de lui trouver la jeune femme au plus vite ou de lui en ramener des nouvelles dare dare. Voyant son chef surgir comme un diable avec son casque &agrave; corne terrifiant flanque une frousse subite au planton passablement &eacute;m&eacute;ch&eacute; &agrave; cette heure. Il sautille un instant et d&eacute;tale &agrave; toutes jambes pour ex&eacute;cuter ses ordres.<br /><br />En attendant son retour, Luk ach&egrave;ve de s'&eacute;quiper totalement et boucle son ceinturon auquel pendent ses deux &eacute;p&eacute;es. Il vide le reste de son coffre sur sa paillasse et saisit un petit brassard de cuir entre les doigts.</span><br /><br />- Tiens, tu le veux Bjorn ? J'en aurai plus besoin.<br />- Non &ccedil;a va, tu sais que je n'ai besoin ni d'arme ni d'armure.<br />- Comme tu voudras, <span style="color: #888888;">l&acirc;che t&ndash;il en le balan&ccedil;ant n&eacute;gligemment pas dessus son &eacute;paule.</span><br /><br /><span style="color: #888888;">Luk se pr&eacute;pare comme s'il ne devait jamais revoir sa tente. Il empoche un collier de mailles fines et passe un anneau dor&eacute; &agrave; son index puis d&eacute;laisse le reste. La sentinelle n'est toujours pas de retour mais le camp est grand. <br />Si elle est revenue, Miyanne peut-&ecirc;tre n'importe o&ugrave;, et connaissant les app&eacute;tits de l'imp&eacute;tueuse rousse, &agrave; cette heure, elle p<span style="color: #888888;">ourrait &ecirc;tre dans les bras d'un ou deux hommes. Peut-&ecirc;tre m&ecirc;me d'une autre femme. Miyanne est du genre inventive et curieuse.</span></span><span style="color: #888888;"><br /><br />Si elle est revenue. <br /><br />Nerveux, Luk saisit sa coupe et la remplit au tonnelet avant de r&eacute;aliser qu'il ne peut pas la porter &agrave; ses l&egrave;vres. Il la jette au sol et se tourne vers un Bjorn qui s'applique &agrave; imiter la m&ecirc;me impassibilit&eacute; que les pierres qui jonchent la plaine. Sans succ&egrave;s, le capitaine peut voir les commissures de ses l&egrave;vres se tortiller sous l'envie de rire.</span><br /><br />- Sans commentaire lieutenant !<br />- Oui capitaine.<br />- Bon, on sort, je ne tiens plus en place.<br /><br /><span style="color: #888888;">Luk fais virevolter la toile sur ses talons et s'engage d'un pas vif entre les grappes d'hommes et de femmes agglutin&eacute;s autour des feux de camp. Il se fait accrocher plusieurs fois, salu&eacute; pour sa prestance et sa tenue qui fait honneur aux traditions guerri&egrave;res&hellip; ou est-ce bierri&egrave;re ? Les buveurs s'emm&ecirc;lent un peu. Les questions qu'il l&acirc;che &agrave; propos de sa seconde lieutenant restent sans r&eacute;ponse. Personne n'a vu ou entendu parler d'elle depuis ce matin. Le c&oelig;ur du capitaine commence &agrave; bondir d'anxi&eacute;t&eacute; et il se pr&eacute;pare mentalement &agrave; retourner dans la grotte lorsqu'une id&eacute;e lui vient :</span><br /><br />- Bjorn, c'est bien Crudug qu'on a crois&eacute; en revenant tout &agrave; l'heure ?<br />- Crudug. Oui c'est &ccedil;a. Il portait une convocation du Gardien&hellip;<br />- &hellip; et il s'est avanc&eacute; dans la grotte avec un petit groupe pour "s'assurer que tout s'est bien pass&eacute;" si je me rappelle bien.<br />- C'est exact.<br />- Alors, o&ugrave; est Crudug ? En d&eacute;nichant ce salopard, on aura forc&eacute;ment des nouvelles de Miyanne.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le salopard en question s'av&egrave;re beaucoup plus facile &agrave; tracer. Plusieurs soldats s'accordent pour dire qu'il est revenu avec son groupe dans la soir&eacute;e. Quand &agrave; savoir s'il &eacute;tait accompagne d'une rousse&hellip; impossible &agrave; dire. Luk apprend bient&ocirc;t que Crudug s'est attard&eacute; un moment pour manger puis qu'il s'est rendu directement au palais du Gardien, d'apr&egrave;s ses dires.<br />A ces mots, l'expression du capitaine se fait plus soucieuse. Personne ne peut le voir froncer les sourcils, mais en revanche, le ton plus abrupt de sa voix est parfaitement perceptible m&ecirc;me au plus allum&eacute; de ses interlocuteurs.</span><br /><br />- Bjorn, je sens qu'il se passe quelque chose. Ce Crudug mijote quelque chose. Quelque chose que je ne sais pas&hellip; ou qu'on ne veut pas que je sache. Je ne sais pas s'il &oelig;uvre pour le compte du Gardien ou s'il ment mais &ccedil;a n'est pas clair !<br />- A quoi penses tu ?<br />- Il y a de la trahison dans l'air. Il faut trouver ce type au plus vite !<br /><br /><span style="color: #888888;">Sur ces entrefaites, un soldat tout essouffl&eacute; finit par les rejoindre &agrave; l'issue de ce qui semble &ecirc;tre une sacr&eacute;e galopade. Il est accompagn&eacute; par un autre, compl&egrave;tement inconnu aux yeux de Luk.</span><br /><br />- Marcheur-des-Cieux ! Au rapport.<br />- Oui quoi ?<br />- Voici Sigurd, il est l'amant en date le plus (tah) r&eacute;cent de Miyanne.<br />- Alors, parle, je t'&eacute;coute !<br /><br /><span style="color: #888888;">Luk tr&eacute;pigne litt&eacute;ralement sur place. D'un cot&eacute; il br&ucirc;le d'en savoir plus sur ce que trafique Crudug et de l'autre il ne peut plus attendre d'avoir des nouvelles de la jeune femme.<br /></span><br />- Elle n'est pas revenue Marcheur. Je l'aurais su, elle serait venue me voir j'en suis s&ucirc;r.<br /><br /><span style="color: #888888;">Volage comme elle est, &ccedil;a, Luk en est moins certain. N&eacute;anmoins, cette d&eacute;claration vient s'ajouter &agrave; ce qui commence &agrave; ressembler &agrave; une pile de soup&ccedil;ons. Pris de l'impression que les &eacute;v&egrave;nements lui &eacute;chappent, il se frappe bruyamment la paume de la main et l&acirc;che un juron. Bjorn tourne la t&ecirc;te vivement en remarquant son agitation :</span><br /><br />- Par Mara mais qu'est ce qu'il se passe Marcheur ?<br />- Je voudrais bien le savoir&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Luk tourne un rond un court instant et finit par pointer un index sur "l'amant".</span><br /><br />- Toi, tu n'as pas bu ?<br />- Non, j'attendais son retour et je n'ai pas la t&ecirc;te &agrave; &ccedil;a&hellip;<br />- Tr&egrave;s bien. Prends six hommes et dirige toi vers la grotte du passage. Trouve Miyanne !<br />- A vos ordres Marcheur ! <span style="color: #888888;">Le jeune homme s'&eacute;lance, visiblement trop heureux de se mettre en qu&ecirc;te de celle qu'il pense &ecirc;tre l'amour de sa vie.</span><span style="color: #888888;"> Bjorn le regarde partir et se frotte le menton.</span><br />- N'est ce pas pr&eacute;matur&eacute; Marcheur ? Je veux dire, c'est risqu&eacute; et &agrave; cette heure, les soldats ne sont pas tr&egrave;s frais.<br />- Mon instinct me dit que Miyanne est en danger mais je ne peux pas l'aider sans laisser les coud&eacute;es franches &agrave; Crudug et je veux savoir ce qu'il trafique ! Pourquoi est-il all&eacute; dans cette foutue grotte si ce n'&eacute;tait pas pour secourir le dernier groupe ?<br />- Je ne sais pas.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le soup&ccedil;on se transforme soudainement en intuition. Le visage de Luk s'&eacute;claire sous son casque tandis que l'agitation qu'il cr&eacute;e autour de lui commence &agrave; f&eacute;d&eacute;rer une nu&eacute;e de spectateurs oscillants sur leurs jambes mal assur&eacute;es.</span><br /><br />- "S'assurer que tout c'&eacute;tait bien pass&eacute;" ?? Par la d&eacute;esse fun&egrave;bre, il cherchait les corps des humains ! Le Gardien l'a envoy&eacute; r&eacute;cup&eacute;rer les cadavres ! Pourquoi ?!<br /><span style="color: #888888;">Et au moment o&ugrave; il se fait cette r&eacute;flexion, un rire sec s'&eacute;chappe de la fente de son heaume ornement&eacute;.</span><br />- Mais il ne les a pas trouv&eacute; vu qu'on les a balanc&eacute; dans la grande fosse ! Ah ah ! Rien ni personne ne pourra les attraper l&agrave; bas.<br /><span style="color: #888888;"><br />C'est &agrave; ce moment l&agrave; que Luk remarque le dandinement affreusement g&ecirc;n&eacute; de son fid&egrave;le bras droit et ami. Un frisson glacial s'empare de son &ecirc;tre tandis que la pr&eacute;somption cruelle d'avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;sob&eacute;i se fraie un chemin coulant dans ses entrailles.</span><br /><br />- Bjorn ? Tu as bien&hellip; jet&eacute; les corps dans le pr&eacute;cipice ? <span style="color: #888888;">Demande t-il d'une voix qui oscille entre douceur onctueuse et crachat tremblant.</span><span style="color: #888888;"> Lorsqu'il rel&egrave;ve la t&ecirc;te, le nordique a des larmes aux yeux plus &eacute;loquentes que tout ce qui pourrait sortir de sa bouche.</span><br />- Je suis d&eacute;sol&eacute; Marcheur, je n'ai pas pu&hellip; nos traditions&hellip; l'insulte&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Le cri de folie qui s'&eacute;chappe soudainement de la gorge du Marcheur-des-Cieux fait tourner les t&ecirc;tes &agrave; plusieurs dizaines de m&egrave;tres &agrave; la ronde. </span><br /><br />- TRAHISON !! TRAHISON !! RAAAAAAH ! <br /><span style="color: #888888;"><br />Luk tourne brutalement le dos &agrave; Bjorn et clame d'une voix de stentor, agitant vigoureusement les bras pour souligner ses paroles.</span><br /><br />- Quinze soldats avec moi ! Nous montons chez le Gardien IMMEDIATEMENT !<br /><br /><span style="color: #888888;">Son ordre percutant est bient&ocirc;t repris dans toutes les gorges sous la forme d'un appel aux armes alarm&eacute;. Les thuad&egrave;nes ne comprennent pas, mais la vision d&eacute;mente de leur chef casqu&eacute; suffit &agrave; muer l'ivresse en une violence impr&eacute;cise et d&eacute;brid&eacute;e.<br />Le Marcheur-des-Cieux se retourne face &agrave; Bjorn. Des &eacute;motions conflictuelles s'affrontent dans son c&oelig;ur. Il se m&acirc;chonne les l&egrave;vres nerveusement et finit par juguler son acc&egrave;s de folie. Sa voix sombre retrouve des accents de mesure lorsqu'il s'adresse &agrave; son lieutenant.</span><br /><br />- Ce n'est pas enti&egrave;rement ta faute Bjorn. Mais si tu veux te racheter, viens avec moi et ne remets plus jamais en cause mes d&eacute;cisions.<br />- Merci Marcheur.<br /><br /><span style="color: #888888;">Luk se retourne face &agrave; la petite colonne de guerrier qui s'est constitu&eacute;e tant bien que mal. Il y a l&agrave; une quarantaine d'hommes et de femmes, mal &eacute;quip&eacute;s, mal r&eacute;veill&eacute;s ou pas encore couch&eacute;s. Vraiment, les traditions festives devraient &ecirc;tre revues. Mais il faut profiter de cette mobilisation.</span><br /><br />- Fr&egrave;res et s&oelig;urs, un tra&icirc;tre s'est lev&eacute; parmi nous ! Il a partag&eacute; notre ale, il a mang&eacute; notre nourriture et couch&eacute; au milieu de nous comme l'un des n&ocirc;tres mais ne vous y fiez pas : son c&oelig;ur est fourbe et plein de venin. En ce moment m&ecirc;me, il r&eacute;pand son fiel aupr&egrave;s du Gardien, tentant de pervertir notre ma&icirc;tre et notre protecteur. Celui-l&agrave; m&ecirc;me que nous avons jur&eacute; de d&eacute;fendre jusqu'&agrave; la mort !<br />Ce soir, nous honorons ce pacte de sang ! H&acirc;tons nous, en avant ! Au palais ! Au palais ! <br /><span style="color: #888888;"><br />Des exclamations color&eacute;es viennent saluer sa d&eacute;claration. Les jurons fusent des bouches avin&eacute;es, les armes sont brandies en l'air, la soif de vengeance se r&eacute;pand comme un feu de paille. Hommes et femmes sont bient&ocirc;t tous contamin&eacute;s par la fureur noire de leur capitaine.<br />Alors, prenant lui-m&ecirc;me la t&ecirc;te du contingent, le guerrier s'&eacute;lance au pas de course pour remonter la plaine venteuse.</span></span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/twitter.png" alt="Twitter" class="icon" /></a> <a href="http://del.icio.us/post?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264&amp;title=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur del.icio.us&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/delicious.png" alt="del.icio.us" class="icon" /></a> <a href="http://www.facebook.com/sharer.php?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264&amp;t=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Facebook&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/facebook.png" alt="Facebook" class="icon" /></a> <a href="http://digg.com/submit?phase=2&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264&amp;title=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Digg&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/digg.png" alt="Digg" class="icon" /></a> <a href="http://www.technorati.com/faves?add=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Technorati&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/technorati.png" alt="Technorati" class="icon" /></a> <a href="http://myweb2.search.yahoo.com/myresults/bookmarklet?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264&amp;t=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Yahoo!&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/yahoo.png" alt="Yahoo!" class="icon" /></a> <a href="http://www.stumbleupon.com/refer.php?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264&amp;title=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Stumbleupon&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/stumbleupon.png" alt="Stumbleupon" class="icon" /></a> <a href="http://www.google.com/bookmarks/mark?op=edit&amp;output=popup&amp;bkmk=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264&amp;title=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Google&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/google.png" alt="Google" class="icon" /></a> <a href="http://blogmarks.net/my/new.php?mini=1&amp;simple=1&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264&amp;title=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Blogmarks&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/bmarks.png" alt="Blogmarks" class="icon" /></a> <a href="http://mystuff.ask.com/mysearch/QuickWebSave?v=1.2&amp;t=webpages&amp;title=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Ask&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/ask.png" alt="Ask" class="icon" /></a> <a href="http://slashdot.org/bookmark.pl?title=Chapitre+31+%3A+R%C3%A9solution+clout%C3%A9e.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-31-resolution-cloutee-a1072264" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Slashdot&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/slashdot.png" alt="Slashdot" class="icon" /></a><br /><hr />Article original rédigé par Sakutei et publié sur <a href="http://sakutei.eklablog.com">Bouillie de scribe par Sakutei</a> <br /> Reproduction interdite sans autorisation]]></content:encoded>
		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 20:32:35 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/chapitre-31-resolution-cloutee-a1072264</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-03-11T20:32:35+01:00</dc:date>
	</item>
	<item>
		<title><![CDATA[Chapitre 30 : L'eau est-elle faite pour monter ?]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/chapitre-30-l-eau-est-elle-faite-pour-monter-a1056475</link>
		<description><![CDATA[A califourchon sur une poutre fa&icirc;ti&egrave;re, on apprend beaucoup de choses. On entend les fameux bruits de couloir qui peuvent se r&eacute;v&eacute;ler plus riches en information qu'une v&eacute;ritable discussion. On surprend les mouvements empress&eacute;s de gens occup&eacute;s. Si l'on est habile, on peut m&ecirc;me d&eacute;duire une...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;">A califourchon sur une poutre fa&icirc;ti&egrave;re, on apprend beaucoup de choses. On entend les fameux bruits de couloir qui peuvent se r&eacute;v&eacute;ler plus riches en information qu'une v&eacute;ritable discussion. On surprend les mouvements empress&eacute;s de gens occup&eacute;s. Si l'on est habile, on peut m&ecirc;me d&eacute;duire une partie de l'agencement des pi&egrave;ces en observant les attitudes et les objets transport&eacute;s par ceux qui passent.<br />Mais pour le moment, recroquevill&eacute;e au sommet de l'assemblage, Thrace s'affaire surtout &agrave; faire la sourde oreille aux grondements caverneux de son estomac. Combien de temps depuis son dernier repas ? La derni&egrave;re fois, elle s'est r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e en buvant l'eau de cet aventurier malchanceux. Et depuis&hellip; plus rien. <br />Tous ces combats, cette faiblesse subite et ce froid continuel sapent son &eacute;nergie &agrave; une vitesse alarmante. L'ondine n'est pas s&ucirc;re de pouvoir atteindre la surface sans rien avaler. Et pourtant, cette simple pens&eacute;e lui flanque la frousse. Elle conna&icirc;t les l&eacute;gendes et les avertissements : quiconque mangera ou boira un produit du Sidh sera condamn&eacute; &agrave; y demeurer pour toujours. Pas question de finir ses jours ici.<br />Incroyablement optimiste, elle ne pensait vraiment pas rester aussi longtemps dans le nid des grands elfes. Mais voil&agrave; qu'elle se retrouve coinc&eacute;e dans un repaire de d&eacute;mons qui se sont mis en t&ecirc;te de l'&eacute;lever comme une pouliche qu'on dresse et fa&ccedil;onne. <br />Et &ccedil;a non plus, il n'en est pas question.<br />Alors pour le moment, Thrace se concentre sur son &eacute;vasion en esp&eacute;rant que son corps fatigu&eacute; tiendra le coup. Mais pour &ccedil;a, jouer les acrobates n'est pas recommand&eacute;. Une tactique diff&eacute;rente est envisageable, pense t-elle soudainement en avisant une silhouette solitaire qui remonte le couloir.<br />Sans un bruit, elle passe ses jambes par-dessus la poutre et se suspend par les mains. Elle penche la t&ecirc;te, retient son souffle et compte mentalement jusqu'&agrave; trois avant de l&acirc;cher prise.<br />Courte chute suivie d'une r&eacute;ception craquante. La cape verte mange les dalles et pousse un cri de surprise. Vive comme un serpent, Thrace ram&egrave;ne sa main droite. Son &eacute;p&eacute;e glisse en sifflant. Elle vrille le poignet pour ajuster la lame. L'autre se rebiffe. Elle lui file un coup de genou dans les reins et se penche en avant. Un raclement. Le bronze accroche un instant l'&eacute;clat dor&eacute; des torches et se teinte soudainement d'une gicl&eacute;e rubiconde. Le fomoire se d&eacute;tend.<br />L'ondine se redresse et essuie sa lame sur le corps inanim&eacute; en prenant garde &agrave; ne pas souiller sa cape. Puis elle le fait basculer d'un coup de botte et examine un instant sa victime. Jeune, comme toujours&hellip; sa gorge tranch&eacute;e laisse &eacute;chapper une tra&icirc;n&eacute;e de sang baveuse qui empoisse le sol. Elle s'empresse de d&eacute;grafer la broche qui retient sa cape et le fait rouler sur le cot&eacute; pour r&eacute;cup&eacute;rer le v&ecirc;tement.<br />Pour le prix d'un nouveau cadavre, voil&agrave; qui aura le double avantage de lui tenir un peu chaud et de la faire passer inaper&ccedil;ue. Elle aurait d&ucirc; y penser avant. Mais ce n'est pas le moment de faiblir.<br />Faisant tournoyer le tissu, elle passe la cape sur ses &eacute;paules et referme la broche avec un petit claquement. Remontant la capuche sur ses traits trop reconnaissables, elle reprend son chemin en s'effor&ccedil;ant d'adopter un pas tranquille mais suffisamment h&acirc;tif pour avoir l'air occup&eacute;e.<br />Inutile de chercher &agrave; cacher le corps, non seulement elle y perdrait du temps, mais en plus elle ne conna&icirc;t pas suffisamment cet endroit pour d&eacute;nicher une zone moins passante que les autres. Autant profiter de sa petite avance pour aligner de la distance.<br /><br />Malgr&eacute; les indications laiss&eacute;es par son ge&ocirc;lier, l'ondine a bien du mal &agrave; s'y retrouver dans ce d&eacute;dale de coursive et d'escaliers. Elle garde &agrave; l'esprit que le salut se trouve en haut et qu'il lui faut s'appuyer une sacr&eacute;e grimpette avant d'esp&eacute;rer &eacute;chapper &agrave; ce froid mordant.<br />C'est donc avec une intense d&eacute;ception qu'elle se retrouve finalement &agrave; d&eacute;boucher dans la grande salle centrale&hellip; Cette pi&egrave;ce si grande et si froide qui semble suspendue dans les airs et dont on ne voit ni le plafond ni le fond. L'endroit m&ecirc;me o&ugrave; elle s'est battue et est rest&eacute;e enferm&eacute;e dans une des pi&egrave;ces en sous-sol. L'endroit d'o&ugrave; elle vient !<br />Frustr&eacute;e, Thrace tape du talon sur les pierres us&eacute;es et s'appuie sur le mur pour r&eacute;fl&eacute;chir. Peut-&ecirc;tre faut-il tenter de passer par une autre ouverture ? Elle se souvient de l'entr&eacute;e qu'elle et Kernal ont emprunt&eacute;e pour d&eacute;boucher ici , elle a bien faillit s'y r&eacute;tamer d'ailleurs. La pente est trop aig&uuml;e et trop lisse pour qu'elle puisse esp&eacute;rer la remonter. Que faire ?!<br />Elle s'appr&ecirc;te &agrave; faire demi-tour lorsque l'&eacute;chos de pas lui parvient dans son dos. Plus le choix, il faut avancer. Il franchit le petit pont jet&eacute; au-dessus du foss&eacute; insondable qui ceinture la grande pi&egrave;ce et se h&acirc;te de traverser la zone d&eacute;couverte pour trouver un autre couloir. <br />Elle est presque au centre de la pi&egrave;ce et&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">- AH ! TE VOILA !</span><br /><br />Ses yeux s'&eacute;carquillent de stupeur. Elle se raidit, litt&eacute;ralement p&eacute;trifi&eacute;e par ce tonnerre tomb&eacute; des hauteurs. Levant la t&ecirc;te, elle per&ccedil;oit une ombre massive qui descend en tournoyant paresseusement. Le c&oelig;ur battant, elle tourne la t&ecirc;te en tous sens, cherchant une issue proche et avise &agrave; la place un groupe de Seigneurs Rouges qui s'avance &agrave; l'autre bout de la salle.<br />Prise ! Prise ! Prise ! l'ondine d&eacute;gaine sa lame courte et recule, un pas apr&egrave;s l'autre en fixant alternativement le monstre ail&eacute; et les &eacute;corch&eacute;s. Son dos finit par butter contre une ar&ecirc;te de pierre tranchante. Un coup d'&oelig;il lui permet d'identifier les restes de l'autel qui abritait le C&oelig;ur. Le fameux artefact des fomoires qui leur a &eacute;t&eacute; d&eacute;rob&eacute; et a caus&eacute; leur perte.<br /><br /><span style="color: #888888;">- KERNAL QU'ELLE EST CETTE FELONNIE ?!<br /><br /></span>Le gros &agrave; l'air furieux. Thrace identifie vaguement le meneur orageux des fomoires. L'adepte des gueulantes. Prise de l'intuition que tout &ccedil;a n'est peut-&ecirc;tre pas pour elle apr&egrave;s tout, elle roule par-dessus l'autel morcel&eacute; et se coule sans bruit derri&egrave;re, &agrave; l'aff&ucirc;t.<br /><br />Le groupe de rouges se porte &agrave; la rencontre du gros d&eacute;mon lorsqu'il prend pied brutalement sur le sol. Thrace se cogne le menton contre la rocaille sous l'effet des vibrations et passe un court instant &agrave; se masser la m&acirc;choire en maudissant ce balourd. Ce qui fait qu'elle manque le d&eacute;but de la conversation.<br /><span style="color: #888888;"><br />- &hellip; trop pouss&eacute; sans doute.<br />- Tes excuses minables ne m'int&eacute;ressent pas ! O&ugrave; est elle ?!<br />- Ma&icirc;tre, nous ne savons pas.<br />- Vous n'&ecirc;tes que des incapables ! Par votre faute, nous avons perdu du temps et maintenant une tueuse se d&eacute;place librement dans les couloirs !<br />- Si je peux me permettre&hellip;<br />- FERME LA IDIOT ! <br /><br /></span>S'en suit un court instant de silence pendant lequel Thrace se retient de ne pas lever la t&ecirc;te pour regarder. Visiblement, elle est au centre du d&eacute;bat.<br /><span style="color: #888888;">- Voici mes ordres : trouvez et tuez cette pr&eacute;tendue championne que vous avez &eacute;lue sans m&ecirc;me m'en parler ! Je veux que son petit corps ridicule soit mis en charpie avant le lev&eacute; du jour !</span><br />Oh&hellip; c'est donc la nuit dehors ? Toujours bon &agrave; savoir. Un gargouillement imp&eacute;nitent s'&eacute;chappe de la cavit&eacute; creuse de son estomac. Thrace grimace bri&egrave;vement en esp&eacute;rant que personne ne l'a entendue. Ce qui ne risque pas &agrave; vrai dire vu les vocif&eacute;rations de l'autre grognard.<br /><br /><span style="color: #888888;">- Ma&icirc;tre je proteste !<br />- Ah oui &hellip;</span><br />Le ton soudainement doucereux alarme l'ondine. Jamais une menace n'avait &eacute;t&eacute; aussi pr&eacute;sente dans cet encha&icirc;nement de petits points de suspensions. Mais la voix de Kernal continue imperturbablement. Courageux ou inconscient de sa part.<br /><span style="color: #888888;">- Elle repr&eacute;sente notre seul espoir. Elle est juste r&eacute;calcitrante, nous nous y sommes mal pris.<br />- Alors en somme, si une tueuse est occup&eacute;e &agrave; verser notre sang, c'est par la faute de votre manque de d&eacute;licatesse ?</span><br />De plus en plus mielleux et donc de plus en plus dangereux.<br /><span style="color: #888888;">- Nous aurions d&ucirc; attendre.</span><br />&nbsp;Le ton de Kernal reste ferme et d&eacute;cid&eacute;. Il ne se laisse pas intimider le bougre !<br /><span style="color: #888888;">- IL SUFFIT ! VOUS N'ETES QUE DES&hellip;</span><br /><br />Un craquement retentissant s'en suit. Beaucoup de cris et l'impact de quelque chose de lourd sur de la chair. Un hurlement de rage d&eacute;chire les &eacute;chos de la pi&egrave;ce, vrillant les tympans de la jeune fille. S'en est trop pour elle, plut&ocirc;t que de se risquer &agrave; &ecirc;tre rep&eacute;r&eacute;e, elle d&eacute;cide de battre en retraite vers une ouverture qui se profile au loin dans son dos. <br />En rampant pour rester sous le couvert de l'autel, elle a peut-&ecirc;tre une chance de s'en tirer&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">- TRA&Icirc;TRE ! TU VAS PAYER !</span><br /><br />Le battement des ailes provoque un v&eacute;ritable tourbillon. Si Thrace n'avait pas d&eacute;j&agrave; les l&egrave;vres au ras du sol, elle se serait sans doute faite renverser. Des tintements vifs, des coups, des grognements. On se bat l&agrave; bas ! Et bient&ocirc;t, c'est le bruit d'une v&eacute;ritable empoignade collective qui s'&eacute;l&egrave;ve dans son dos.<br />L'ondine jette un &oelig;il en arri&egrave;re et aper&ccedil;oit le gros d&eacute;mon &agrave; mi-hauteur, aux prises avec un seigneur rouge d&eacute;cha&icirc;n&eacute;. Kernal est m&eacute;connaissable, des bras surnum&eacute;raires lui ont pouss&eacute; et chacune de ses mains manie une lame diff&eacute;rente. Il bondit, se raccroche et frappe avec sauvagerie, sans se laisser intimider par la carrure massive de son ma&icirc;tre.<br /><br />Jugeant qu'elle n'aura pas de meilleure opportunit&eacute;, Thrace d&eacute;cide de filer ventre &agrave; terre. S'appuyant des paumes, elle se rel&egrave;ve souplement et galope vers l'ouverture ronde, terroris&eacute;e par ce spectacle. Son c&oelig;ur bat la chamade lorsqu'elle prend pied sur le pont &eacute;troit. Ce n'est pas le moment de glisser&hellip;<br />Mais voil&agrave; qu'un battement d'aile rageur provoque un nouveau puissant courant d'air. Ses bottes d&eacute;rapent, la tueuse l&acirc;che un glapissement et se rattrape de justesse sur le bord de la pierre. <br />Elle se cramponne de toutes ses forces, s'effor&ccedil;ant de se hisser. Elle grimace en sentant ses doigts glisser. Elle peut le faire, elle l'a d&eacute;j&agrave; fait des centaines de fois ! Une simple traction bon sang ! Ses pieds battent inutilement dans le vide, elle rel&acirc;che un instant son effort et tente de respirer normalement mais ses hal&egrave;tements ne font qu'attiser sa panique. Il ne faut surtout pas regarder en bas ! C'est la cl&eacute;.<br />Bandant ses adominaux distendus, elle se concentre sur une point unique, ignorant sa douleur. Elle fait taire les battements fr&eacute;n&eacute;tiques de son coeur et ne se laisse pas distraire par les &eacute;chos du combat rageur qui se d&eacute;roule plus loin.<br />Les yeux riv&eacute;s sur l'ar&ecirc;te polie du petit pont, elle se pare d'une expression r&eacute;solue, serre les dents et prend une courte et s&egrave;che inspiration. Elle se hisse, elle voit les dalles, elle y est ! Sa main droite se d&eacute;croche pour chercher une autre prise. <br />Un grognement s'&eacute;chappe de sa gorge tandis que ses doigts cherchent d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment quelque chose pour se raccrocher. Son biceps gauche est pris de tremblement, elle fr&eacute;mit toute enti&egrave;re sous l'effort. <br />Et soudainement, ses doigts glissent. Elle repart en arri&egrave;re ! Elle tente bien de freiner sa chute en se plaquant &agrave; la pierre mais il n'y a rien &agrave; faire, elle tombe. Sa main droite palpite et trouve une infime fissure entre deux dalles o&ugrave; ses doigts s'empressent de se ficher. Au supplice, Thrace ram&egrave;ne son bras gauche en avant et tente de soulager sa main droite. <br />Elle peut encore y arriver&hellip;<br /><br />Un puissant grondement suivi d'une vibration soudaine la d&eacute;loge promptement de sa position, l'envoyant simplement en arri&egrave;re, sans aucune possibilit&eacute; de se rattraper cette fois. Son regard affol&eacute; fixe &eacute;perdument la lumi&egrave;re qui s'&eacute;loigne tandis qu'elle s'enfonce sans bruit dans les profondeurs obscures.<br />Ses mains tendues devant elle disparaissent bient&ocirc;t &agrave; sa vue tant l'obscurit&eacute; se fait soudainement &eacute;paisse. Elle ne sent plus que la caresse froide du vide qui plaque sa cape sur son dos. Elle ne voit rien, elle&hellip;<br /><br />Elle r&eacute;alise qu'elle tombe.<br /><br />L'air trop longtemps retenu dans ses poumons s'&eacute;chappe soudainement dans un long cri de d&eacute;sespoir et de terreur pure&hellip; largement surclass&eacute; par les braillements de rage qui s'&eacute;l&egrave;vent de l'esplanade.</span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-30-l-eau-est-elle-faite-pour-monter-a1056475" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Chapitre+30+%3A+L%27eau+est-elle+faite+pour+monter+%3F&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-30-l-eau-est-elle-faite-pour-monter-a1056475" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img 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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 09:18:16 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/chapitre-30-l-eau-est-elle-faite-pour-monter-a1056475</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-03-04T09:18:16+01:00</dc:date>
	</item>
	<item>
		<title><![CDATA[Chapitre 29 : Le conseil du sage ne vient pas forcément de l'avisé.]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/chapitre-29-le-conseil-du-sage-ne-vient-pas-forcement-de-l-avise-a1055607</link>
		<description><![CDATA[Ils dans&egrave;rent au rythme des flammes,
et lorsque le bronze teinta sa chair de vermeil,
alors il sut que son fr&egrave;re avait trouv&eacute; un juste repos.

Vieille balade thuad&egrave;ne.
 
Les derniers flamboiements du soleil embrasent l'horizon d'une dentelure incandescente aux ar&ecirc;tes aigues. Une lueur...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;"><em>Ils dans&egrave;rent au rythme des flammes,<br />et lorsque le bronze teinta sa chair de vermeil,<br />alors il sut que son fr&egrave;re avait trouv&eacute; un juste repos.<br /><br />Vieille balade thuad&egrave;ne.<br /></em></span><br />Les derniers flamboiements du soleil embrasent l'horizon d'une dentelure incandescente aux ar&ecirc;tes aigues. Une lueur agressive, presque infernale, comme si un cavalier de feu venait travers les cieux pour saccager la retraite tranquille de la lumi&egrave;re &agrave; grands coups d'&eacute;perons rageurs. Le spectacle est envo&ucirc;tant. Un instant de r&ecirc;verie et de contemplation o&ugrave; l'on s'ab&icirc;me facilement dans ses songes rong&eacute;s par ses pens&eacute;es.<br />Luk se mordille la l&egrave;vre inf&eacute;rieure, succombant &agrave; ce tic de nervosit&eacute; infantile qui ne lui est toujours pas pass&eacute; malgr&eacute; les d&eacute;cennies. Les derni&egrave;res paroles du Gardien ont jet&eacute; le trouble au plus profond de lui mais il ne peut en aucun cas l'afficher. Pour le moment, seules les prunelles sombres de ses yeux d&eacute;mentent sa fa&ccedil;ade r&eacute;solue et confiante de commandant en chef des arm&eacute;es thuad&egrave;nes.<br />Il &eacute;ternue s&egrave;chement et s'&eacute;broue. Un pas l&eacute;ger le d&eacute;tourne de cette fresque &eacute;pique trac&eacute;e par le cavalier des nu&eacute;es.<br /><br /><span style="color: #888888;">- Marcheur-des-Cieux ?</span><br />Le rapprochement involontaire entre son propre nom et la fresque infernale le fait doucement sourire. C'est une jeune enseigne enjou&eacute;e qui porte sur le visage des marques des festivit&eacute;s qui se d&eacute;roulent sans interruptions dans la plaine-aux-piliers. Une rouquine aux cheveux boucl&eacute;s dont le corps plut&ocirc;t athl&eacute;tique donne certainement du r&ecirc;ve dans les yeux de beaucoup d'hommes. Relevant son avant bras tatou&eacute; d'arabesques sophistiqu&eacute;s, elle effectue le signe rituel d'all&eacute;geance et manque de tr&eacute;bucher en inclinant le buste.<br /><span style="color: #888888;">- Qu'y a-t-il pour que tu te sentes oblig&eacute;e de tituber devant moi petite s&oelig;ur ?</span><br />Elle se rattrape d'un &eacute;l&eacute;gant mouvement de sandale et lui sert un sourire &eacute;clatant avant de r&eacute;pondre.<br /><span style="color: #888888;">- Le Conseil s'est r&eacute;uni Marcheur-des-Cieux. Il n'attend plus que vous.</span><br /><span style="color: #888888;">- Ils ne pouvaient pas envoyer un homoncule ? </span><br />Un instant de silence s'en suit, comme si l'autre cherchait &agrave; d&eacute;m&ecirc;ler le sens de la question avant de trouver comment aligner les mots sur sa langue.<br /><span style="color: #888888;">- Oh, c'est moi qui l'ai eu ! </span>S'exclame soudainement la jeune fille &eacute;m&eacute;ch&eacute;e avec un petit rire.<span style="color: #888888;"> Je l'ai si bien &eacute;pingl&eacute; qu'il ne s'est pas relev&eacute; ! </span>(Elle agite la pique qu'elle tient dans sa main gauche en guise d'explication compl&eacute;mentaire ; un peu de s&egrave;ve collante suinte sur l'extr&eacute;mit&eacute; de sa lame plate, difficilement visible dans l'obscurit&eacute; naissante). <span style="color: #888888;">D</span><span style="color: #888888;"><span style="color: #888888;">'a</span>pr&egrave;s les autres, comme j'ai gagn&eacute;, c'est &agrave; moi de relayer le message &agrave; sa place.</span><br />Un homoncule qui ne se rel&egrave;ve pas&hellip; un autre signe de l'affaiblissement de la magie du Gardien. Glac&eacute; aux tripes, Luk adresse n&eacute;anmoins un signe de connivence &agrave; l'enseigne et lui tapote l'&eacute;paule famili&egrave;rement.<br /><span style="color: #888888;">- Je vais rejoindre le conseil. Merci, tu peux retourner l&agrave; bas.</span><br /><span style="color: #888888;">- Mon plaisir ! </span>L&acirc;che t-elle avant de tourner les talons, guillerette jusque dans ses foul&eacute;es impr&eacute;cises, laissant derri&egrave;re elle une fragrance bois&eacute;e et sans doute &eacute;galement l&eacute;g&egrave;rement alcoolis&eacute;e.<br /><br />Traverser les rangs &eacute;pars l'arm&eacute;e diss&eacute;min&eacute;e autour de feux de joie ne se r&eacute;v&egrave;le pas une t&acirc;che ais&eacute;e. Apr&egrave;s avoir manqu&eacute; de tr&eacute;bucher quatre fois sur des corps assoupis en plein milieu des chemins, avoir adroitement esquiv&eacute; une bonne dizaine de chopines d&eacute;bordantes et s'&ecirc;tre vu proposer au moins trois passades &agrave; la sauvette par des jeunes soldates enfi&eacute;vr&eacute;es, Luk en vient &agrave; se demander si le rituel de c&eacute;l&eacute;bration qui pr&eacute;c&egrave;de les grandes batailles ne devrait pas &ecirc;tre revu &agrave; la sobri&eacute;t&eacute;.<br />Mais les thuad&egrave;nes ont toujours proc&eacute;d&eacute; ainsi. Pourquoi demeurer chaste et ac&egrave;te lorsque des fr&egrave;res et des s&oelig;urs vont p&eacute;rir sous peu ? La mort s'accueille avec un c&oelig;ur brave lorsque les passions sont assouvies et l'on dit que l'ardeur au combat est d'autant plus forte que les soldats ont tiss&eacute;s des liens passionn&eacute;s entre eux. "Donnez moi une phalange d'amoureux et je conqu&eacute;rrai le monde" a dit un jour un penseur.<br />Telle est la philosophie des enfants du Sidh. Et d'ailleurs, en temps normal, Luk se serait sans doute joint de bon c&oelig;ur aux r&eacute;jouissances.<br />Le commandant des thuad&egrave;nes rejoint finalement la petite assembl&eacute;e qui s'est r&eacute;unie au sommet de l'&eacute;minence nue qui surplombe la plaine. Un replat battu par des vents inlassables qui font cr&eacute;piter les torches fich&eacute;es dans le sol tout autour. <br />C'est ici que se tient le conseil &agrave; la demande du Marcheur-des-Cieux. Car si le Gardien se charge de guider son peuple dans les grandes lignes, les d&eacute;cisions plus terre-&agrave;-terre reviennent &agrave; un groupe de meneurs reconnus pour leur sagesse ou leur &eacute;loquence. Rarement les deux &agrave; la fois d'ailleurs.<br />En arrivant pr&egrave;s du cercle, deux hommes se profilent dans son dos pour l'encadrer l&eacute;g&egrave;rement en retrait. A droite, Bjorn, le fid&egrave;le nordique &agrave; la carrure massive et &agrave; gauche, un petit gars apparemment anodin qui r&eacute;pondra au nom de S&eacute;toine lorsque son tour viendra si l'on requiert son avis, ce qui est peu probable.<br />Luk se campe fi&egrave;rement &agrave; sa place au sein du cercle et d&eacute;visage chacun des membres pr&eacute;sents. Il y a l&agrave; des braves guerriers coutur&eacute;s, des artisans habiles, Zetane, la froide ma&icirc;tresse de chasse des thuad&egrave;nes, le barde taquin et le conteur solennel ainsi que le porteur de m&eacute;moire, vo&ucirc;t&eacute; et rid&eacute; par l'&acirc;ge.<br /><span style="color: #888888;">- Fr&egrave;res et s&oelig;urs du conseil&hellip;</span><br />Des t&ecirc;tes hochent, des bustes s'inclinent, quelques langues s'agitent :<br /><span style="color: #888888;">- Marcheur.<br />- Marcheur.<br />- Marcheur.</span><br /><span style="color: #888888;">- Eh bien tout le monde est l&agrave;.<br />- Nous sommes tous impatients de savoir ce qui nous attend en v&eacute;rit&eacute;, </span>d&eacute;clame le barde de son ton fleuri.<br /><span style="color: #888888;">- Oui, cette ripaille ridicule dure depuis trop longtemps &agrave; pr&eacute;sent ! Combien de temps encore allons nous approvisionner le camp en viande rouge sans que personne ne bouge la moindre phalange pour empoigner son &eacute;p&eacute;e ? </span>Attaque d'embl&eacute;e la mince chasseresse aux yeux en amande.<br /><span style="color: #888888;">- Les guerriers se pr&eacute;parent &agrave; recevoir la mort ! Nul ne peut nous d&eacute;nier ce droit, </span>r&eacute;torque un v&eacute;t&eacute;ran grisonnant dont les yeux renfonc&eacute;s &eacute;voquent deux puits sans fond dans cette luminosit&eacute; insuffisante.<br /><br />Il y a &eacute;videment une certaine tension. C'est inh&eacute;rent aux assembl&eacute;es qui regroupent des meneurs aux vues et personnalit&eacute;s diff&eacute;rentes. La p&acirc;le Zetane aux traits anguleux s'exprime &agrave; nouveau, maniant sa langue &agrave; la mani&egrave;re d'un fouet.<br /><span style="color: #888888;">- Je suis lasse de devoir entra&icirc;ner mes compagnons toujours plus loin dans les for&ecirc;ts en qu&ecirc;te de venaison tandis que les soldats se b&acirc;frent sans aucune mesure ! Sommes nous des porcs ?!</span><br />Luk &eacute;l&egrave;ve ses paumes pour calmer les esprits.<br /><span style="color: #888888;">- La bataille ne tardera plus maintenant. Zetane, tu peux informer tes chasseurs que leur labeur touche bient&ocirc;t &agrave; son terme.<br />- As-tu des nouvelles fra&icirc;ches ?</span> Lance un autre.<br /><span style="color: #888888;">- Ferme la ! Laisse le parler par Mara !<br />- C'est toi qui a la verve trop ardente H&eacute;lion, attends je vais te calmer &hellip;<br />- Dit l'ogre avec sa verge br&ucirc;lante qui d&eacute;cime les jouvencelles ! </span>Coupe joyeusement le barde.<br /><br />Luk se passe une main soudainement fatigu&eacute;e sur le visage. Voil&agrave; le bois dont se chauffe le conseil des grands sages thuad&egrave;nes ; chamailleries et espi&egrave;glerie.<br /><span style="color: #888888;">- D'accord, d'accord ! Du calme tout le monde. Je vais vous exposer ce que nous savons de nos adversaires. Mais d'abord, prenons place et buvons le verre de l'ouverture.</span><br />Sur ses instructions, une bande de petits &ecirc;tres grotesques s'invitent alors dans la r&eacute;union, porteurs de si&egrave;ges et de boissons qu'ils d&eacute;posent aupr&egrave;s des participants. Tout le monde prend place et s'approprie une coupe ou une chope selon les go&ucirc;ts et les envies. Apr&egrave;s un geste de c&eacute;r&eacute;monie, chacun en boit une gorg&eacute;e et la fait rouler sous sa langue sept fois. Par ce rituel, les esprits sont cens&eacute;s devenir plus r&eacute;fl&eacute;chis et les langues moins promptes &agrave; la r&eacute;partie cinglante.<br /><br />Une fois que tout le monde est install&eacute;, la discussion reprend sans plus attendre.<br /><span style="color: #888888;">- On dit que tu les as d&eacute;j&agrave; rencontr&eacute; Marcheur&hellip;<br />- Sont-ils coriaces ?<br />- Sont-ils laids ?<br />- Ce sont des humains.</span><br />Un murmure d'&eacute;tonnement et de stupeur traverse le cercle de part en part. Quelqu'un reprend la parole :<br /><span style="color: #888888;">- Cela vaut-il vraiment la peine de mobiliser toutes nos forces ? Les humains ne sont que des mortels dont la vie ne dure qu'une poign&eacute;e d'ann&eacute;es&hellip;<br />- Nous sommes &eacute;galement mortels Jampre. Ne l'oublie pas.<br />- Mais ce n'est pas vraiment comparable.<br />- Es-tu en train de nous dire que nous devons craindre ces cr&eacute;atures faibles avec lesquelles nous jouons depuis des centaines d'ann&eacute;es ?!</span><br />Luk reprend son souffle et s'efforce de garder un ton uni :<br /><span style="color: #888888;">- Oui Zetane, c'est exactement &ccedil;a. <br />- C'est intriguant&hellip;<br />- Moi je n'y crois pas ! Et si les humains veulent vraiment tenter quelque chose alors nous saurons les accueillir.</span><br />Le barde interpose un index rapidement :<br /><span style="color: #888888;">- Que s'est-il pass&eacute; exactement ? Qu'en est-il des rumeurs selon lesquelles le c&oelig;ur de Baal aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;rob&eacute; ?</span><br />Luk peut voir Bjorn rejeter la t&ecirc;te en arri&egrave;re, ce qui met en mouvement son abondante crini&egrave;re blonde. Il regarde tour &agrave; tour les membres du conseil, laissant les questions fuser, laissant leur nervosit&eacute; s'exprimer librement avant de parler. La plupart ne semblent pas accorder de cr&eacute;dit &agrave; la menace repr&eacute;sent&eacute;e par les humains. Luk lui-m&ecirc;me n'y croirait pas si le Gardien en personne ne l'avait pas mis en garde en lui d&eacute;voilant ce qu'il pense &ecirc;tre le terrible destin des thuad&egrave;nes.<br />A cet instant pr&eacute;cis, le Marcheur-des-Cieux pourrait d&eacute;cider de partager les r&eacute;v&eacute;lations du Dagda Nuadien avec l'ensemble du conseil. Il pourrait leur dire qu'ils sont condamn&eacute;s et que seule une r&eacute;sistance opini&acirc;tre leur permettra de sauver quelques &acirc;mes. <br />Mais vu les effets de cette &eacute;trange pr&eacute;dilection sur ses propres nerfs, il doute que ce soit une id&eacute;e judicieuse. Et une fois de plus, Luk foule ses principes aux pieds et d&eacute;cide de cacher la v&eacute;rit&eacute; du Gardien &agrave; ses fr&egrave;res et s&oelig;urs. <br /><br /><span style="color: #888888;">- Marcheur ?<br />- Oui c'est exact, les fomoires sont morts et cela nous permet de nous concentrer pleinement sur nos nouveaux ennemis. Et nous ne devons pas les sous-estimer !</span><br />Il se l&egrave;ve et fait quelques pas en agitant les bras, capturant l'attention de chacun.<br /><span style="color: #888888;">- Leurs armes sont plus tranchantes et leurs armures plus robustes que les n&ocirc;tres. Ils sont hargneux et anim&eacute;s d'une rage meurtri&egrave;re &agrave; notre &eacute;gard. Sans doute les avons-nous trop longtemps bafou&eacute;s. Nous devrons les combattre sans piti&eacute; et avec toute la f&eacute;rocit&eacute; que nous conf&egrave;re notre nature car ils ne viendront pas pour conqu&eacute;rir, mais soyez en certains, uniquement pour d&eacute;truire.<br />- Comment sais-tu cela ?</span><br />Luk marque un temps d'arr&ecirc;t pour d&eacute;visager le questionneur. Pour le moment, personne ne semble vouloir contester ses dires. Tant qu'il peut tenir cette ligne, il peut encore influer leurs chances. Mais il va falloir &ecirc;tre habile pour convaincre le conseil.<br /><br /><span style="color: #888888;">- Le Gardien m'a envoy&eacute;, avec un contingent de quelques hommes, en reconnaissance aujourd'hui. C'est comme &ccedil;a que nous avons rencontr&eacute; leurs propres &eacute;claireurs. Seulement trois hommes&hellip; non quatre en fait. Et malgr&eacute; notre adresse au combat, nous avons laiss&eacute; pr&egrave;s de dix corps derri&egrave;re nous.</span><br />Il marque une pause pour boire une gorg&eacute;e de bi&egrave;re am&egrave;re et reprend :<br /><span style="color: #888888;">- Vous l'aurez compris, tous n'appartenaient pas aux humains.<br />- Je ne comprends pas Marcheur&hellip; combien &eacute;tiez vous ?<br />- Une quinzaine de ce cot&eacute; ci, mais nous &eacute;tions dispers&eacute;s et les humains nous ont pris par surprise. N&eacute;anmoins, nos guerriers &eacute;taient rompus &agrave; toutes les tactiques de combat et trop peu s'en sont tir&eacute;s sans &eacute;gratignure. Cette victoire n'en est pas une. C'est un avertissement.<br /></span><br />Le nordique reprend brutalement son souffle en entendant son sup&eacute;rieur d&eacute;former les faits mais il ne dit rien. Luk n'a pas besoin de se retourner pour savoir qu'en cet instant, un regard bleu comme le ciel est plant&eacute; entre ses omoplates et que seule sa loyaut&eacute; l'emp&ecirc;che de desceller ses l&egrave;vres. <br />Luk laisse ses paroles se graver dans l'esprit de chaque personne. Il tient &agrave; se m&eacute;nager son petit effet avant d'exposer le seul plan qui lui para&icirc;t r&eacute;aliste. Puis, op&eacute;rant un quart de tour les bras largement &eacute;cart&eacute;s, le commandant des thuad&egrave;nes reprend d'une voix plus forte :<br /><span style="color: #888888;">- S&oelig;urs et fr&egrave;res, vous n'ignorez pas que le Gardien m'a confi&eacute; la responsabilit&eacute; de cette campagne. Aussi, puisque j'en sais plus que quiconque ici sur la nature de nos ennemis. Je pense &ecirc;tre le plus apte &agrave; d&eacute;finir un plan d'action qui nous permettre de minimiser nos pertes.<br />- Que proposes-tu ? <br />- Nous devons descendre dans les grottes et pi&eacute;ger leur arm&eacute;e. Les couloirs sont sombres et &eacute;troits, nous pourrons facilement les harceler et nous retirer. Frapper et dispara&icirc;tre, encore et encore, jusqu'&agrave; ce qu'il n'en reste plus un seul !<br /></span><br />A ces mots, de violentes exclamations s'&eacute;l&egrave;vent de toutes part.<br /><br /><span style="color: #888888;">- C'est une ignominie ! Jamais les thuad&egrave;nes ne se battront ainsi !<br />- En temps normal tu aurais raison Jampre mais il n'est plus question de &ccedil;a. Il s'agit de se battre pour survivre et non pour la gloire !<br />- Survivre ? Mais que craignons nous ? Tu perds la foi Marcheur, regarde cette arm&eacute;e ! Nous avons ici les meilleurs soldats du Sidh. Que peuvent les humains contre cette masse ?</span><br />Bjorn s'avance alors pour apporter un soutien inattendu &agrave; son chef :<br /><span style="color: #888888;">- Les humains sont bien plus nombreux que nous &agrave; pr&eacute;sent. </span></span><span style="font-size: small;">Sa voix calme de stentor capte imm&eacute;diatement l'attention.</span><span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;"> Ils prosp&egrave;rent et croissent sur leurs terres depuis des g&eacute;n&eacute;rations et sont capable de rassembler dix fois plus de troupes que nous. La guerre fait partie de leur passion, ils s'y adonnent entre eux sans rel&acirc;che et c'est uniquement cette division qui les a toujours tenus &eacute;loign&eacute; de nous jusqu'alors.</span><br />Le guerrier courrouc&eacute; nomm&eacute; Jampre se dresse d'un bond pointe un doigt accusateur vers le nordique :<br /><span style="color: #888888;">- Alors tu es d'accord avec cette id&eacute;e folle ? Nous devons sacrifier nos traditions et notre honneur dans cette bataille de l&acirc;ches ?!</span><br />Il s'&eacute;coule un court instant pendant lequel Bjorn est visiblement mal &agrave; l'aise.<br /><span style="color: #888888;">- J'&eacute;nonce simplement la v&eacute;rit&eacute; Jampre.</span><br />Luk croise les bras sur sa poitrine et rebondit sur cette id&eacute;e.<br /><span style="color: #888888;">- La v&eacute;rit&eacute; mes fr&egrave;res et s&oelig;urs, c'est que nous serons vaincus si nous en changeons pas radicalement notre fa&ccedil;on de penser.</span><br /><span style="color: #888888;">- Alors pourquoi faire comme si de rien n'&eacute;tait ? </span>L&acirc;che la p&acirc;le Zetane de son ton mordant habituel. <span style="color: #888888;">Pourquoi engager cette bataille comme toutes les autres, en ripaillant jusqu'&agrave; plus soif ?! Ne devrions pas plut&ocirc;t commencer par mettre le hol&agrave; &agrave; cette d&eacute;cadence ?!</span><br /><br />C'est alors que le vieillard chenu qui n'avait encore rien dit jusqu'alors se l&egrave;ve et s'avance jusqu'&agrave; se tenir tout pr&egrave;s de Luk. Comme la plupart de ceux qui parlent rarement, il fait taire le brouhaha par cette simple manifestation. Tout le monde se tend dans l'attente de l'avis du porteur de m&eacute;moire. Il ouvre la bouche, puis la referme sans rien dire, cherchant peut-&ecirc;tre &agrave; p&ecirc;cher les mots perdus dans les m&eacute;andres de son esprit fatigu&eacute;. Et c'est comme un p&ecirc;cheur patient qu'il s'exprime, hame&ccedil;onnant litt&eacute;ralement toutes les oreilles.<br /><br /><span style="color: #888888;">- L'histoire des thuad&egrave;nes est profonde et charg&eacute;e de douleurs. Pour soulager nos peines, nous nous abreuvons au sein de la nature. Et elle a toujours &eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;reuse &agrave; notre &eacute;gard.<br />Mais ne l'oubliez jamais, notre long&eacute;vit&eacute; est une mal&eacute;diction pour l'esprit et une b&eacute;n&eacute;diction pour le corps. Afin de concilier l'un avec l'autre, nous nous abandonnons aux d&eacute;lices de notre vigueur pour mieux endurer l'insupportable tourment du temps qui coule trop lentement.<br />Mais il ne serait rien de si diff&eacute;rent en nous de grands animaux parleurs si nous ne nous imposions pas des limites strictes &agrave; ce que peut se permettre notre corps pour stimuler notre esprit.</span><br />Le vieil homme darde finalement un regard profond sur Luk et l&acirc;che sa derni&egrave;re phrase lourdement :<br /><span style="color: #888888;">- Alors nous avons invent&eacute; l'honneur.</span></span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-29-le-conseil-du-sage-ne-vient-pas-forcement-de-l-avise-a1055607" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a 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		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 18:37:17 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/chapitre-29-le-conseil-du-sage-ne-vient-pas-forcement-de-l-avise-a1055607</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-03-03T18:37:17+01:00</dc:date>
	</item>
	<item>
		<title><![CDATA[Le Septième Sceau et le vieil arbre]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/le-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754</link>
		<description><![CDATA[Partie Une : O&ugrave; l'on fade le script. 
 
 Apr&egrave;s avoir foutu une branl&eacute;e au chat &agrave; neuf queues qui gardait l'entr&eacute;e de la grotte, le groupe se pr&eacute;pare &agrave; affronter moult p&eacute;rils &agrave; la semoulte qui mijotent &agrave; l'int&eacute;rieur.
 - Wollo mais c'est quoi cette entr&eacute;e en mati&egrave;re de merde ? 
 Tout...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-family: Verdana,Helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="color: #ff6600;"><strong><span style="font-family: papyrus;">Partie Une : O&ugrave; l'on fade le script.</span></strong></span></span><br /> <br /> <span style="font-size: small;">Apr&egrave;s avoir foutu une branl&eacute;e au chat &agrave; neuf queues qui gardait l'entr&eacute;e de la grotte, le groupe se pr&eacute;pare &agrave; affronter moult p&eacute;rils &agrave; la semoulte qui mijotent &agrave; l'int&eacute;rieur.<br /><span style="color: lightgreen;">- Wollo mais c'est quoi cette entr&eacute;e en mati&egrave;re de merde ?</span><br /> Tout le monde n'est pas jouasse mais &ccedil;a promet quand m&ecirc;me d'&ecirc;tre juteux &agrave; souhait.<br /> - On aura de la bi&egrave;re ?<br /><span style="color: lightgreen;">- De la baston ?</span><br /><span style="color: #9999ff;">- Des sc&egrave;nes censur&eacute;es ? Mouahahaha !</span><br /><span style="color: orange;">- des interphones ?</span><br /> &hellip;<br /> - Comment &ccedil;a des interphones ?<br /><span style="color: orange;">- Ben en fait moi je suis d&eacute;marcheur chez Sepulcraque-traque. On traque, on craque et on fournit la s&eacute;pulture en prime &agrave; nos frais.</span><br /><span style="color: #9999ff;">- Ah ? et &ccedil;a rapporte &ccedil;a ? Hmmm ?</span><br /><span style="color: orange;">- Bah c'est chiant le porte &agrave; porte.</span><br /><br /> Pendant que les aventuriers taillent le bout de gras, ils n'ont pas vu les cinq petits gobelins aux sourires de batraciens perfus&eacute;s &agrave; la soude qui se sont gliss&eacute;s dans leurs dos respectifs et qui&hellip;<br /><br /><span style="color: lightgreen;">- PU-TAIN ! Mais tu pouvais pas nous pr&eacute;venir ?!</span><br /><span style="color: orange;">- Heu, je crois pas que ce soit une bonne id&eacute;e de le provoquer.</span><br /><span style="color: lightgreen;">- Pourquoi ? On s'en fout.</span><br /> - Nan en fait je crois que Moolfette a raison, j'ai d&eacute;j&agrave; lu &ccedil;a quelque part, les mecs se sont fait repasser. <br /><br /> &hellip;profitant de leur inattention, s'appr&ecirc;tent &agrave; les lard&eacute;&hellip;<br /><br /><span style="color: lightgreen;">- WOLOH PUTAIN.</span><br /> - Quoi ?<br /><span style="color: lightgreen;">- Cette fois je lui &eacute;clate la tronche !</span><br /><br /> Hey ! Swooooooooch. Gr&eacute;sil-gr&eacute;sil-gr&eacute;sil. TooOOOOoorche.<br /> &hellip;<br /> &hellip;<br /> - Ah bah merde.<br /><span style="color: #9999ff;">- Waho elle l'a fait ! MOUAHA !</span><br /> - Ah ouais et on fait comment maintenant ?!<br /><span style="color: lightgreen;">- Il avait fait une <span style="text-decoration: underline;">faute</span>. </span><br /> - Ben quand m&ecirc;me, c'&eacute;tait le narrateur. Je me demande si c'&eacute;tait une bonne id&eacute;e.<br /><span style="color: lightgreen;">- Que d'la merde c'tout !</span><br /> - Ouais enfin, on voit plus rien maintenant.<br /><span style="color: lightgreen;">- Que d'la &hellip; !</span><br /><span style="color: orange;">- Oui, oui on a compris. Calme.</span><br /><span style="color: lightgreen;">- Hemepehaiehujhae !!</span><br /> - Je crois qu'elle veut que tu enl&egrave;ves ta main.<br /> &hellip;<br /> - Non pas celle l&agrave;, enfin si&hellip;mais aussi celle sur sa bouche.<br /><span style="color: lightgreen;">- MPHPGPGHGHG&hellip;AH ! Gruh ! Hey garde tes paluches dans tes poches si tu veux pas que ton &oelig;il aille les rejoindre !</span><br /> - Bon attendez, je vais trouver une solution. Je&hellip;HEY ! MAIS ! Qui a chop&eacute; ma bourse ?<br /> &hellip;<br /> &hellip;<br /><span style="color: #9999ff;">- Bon d'accord, c'est moi qui l'ai. D&eacute;sol&eacute;e, avec tout ce noir, j'ai pas pu r&eacute;sister. Uh uh uh.</span><br /> - Grumph.<br /><span style="color: #9999ff;">- Aller tiens, fais pas la tronche.</span><br /> - Grumph.<br /><span style="color: #9999ff;">- Roooh quoi &ccedil;a va pas ?</span><br /> - Il manque le contenu.<br /><span style="color: #9999ff;">- Ah ? J'ai d&ucirc; oublier.</span><br /> &hellip;<br /> - Niskyyy&hellip;.<br /><span style="color: #9999ff;">- Ouuuui ?</span><br /> - TU ME L'AS TOUJOURS PAS RENDUE !!<br /><span style="color: #9999ff;">- Comment tu le sais ? y'a plus de narration.</span><br /> - Je le sais c'est tout. Un mec sent ce genre de chose.<br /><span style="color: orange;">- Bon &ccedil;a peut plus durer, on va bient&ocirc;t manger nos lacets par les gerbilles.</span><br /> - Ouais ben justement j'ai une &hellip;<br /><span style="color: #9999ff;">- MOUAHAHA ! C'est quoi &ccedil;a ? Ca voulait rien dire.</span><br /><span style="color: orange;">- Si, si, j'ai d&eacute;j&agrave; vu &ccedil;a. </span><br /> - Hey&hellip;<br /><span style="color: #9999ff;">- Bouarf et o&ugrave; &ccedil;a ?</span><br /><span style="color: orange;">- Tu ne veux pas savoir.</span><br /> - HEY !<br /><span style="color: #9999ff;">- Tu mens-tu mens-tu mens&hellip;t'as la trouilleuh ! t'as pas de&hellip;</span><br /><span style="color: orange;">- Que dalle ! Tu ne veux pas savoir c'est tout.</span><br /> - WHOHOOOOO vous allez m'&eacute;couter ouais ?<br /> &hellip;<br /><span style="color: lightgreen;">- Bon vas-y accouche</span><br /> - J'ai une id&eacute;e.<br /><span style="color: orange;">- Cool.</span><br /> - Attendez.<br /> &hellip;<br /><span style="color: lightgreen;">- C'est long.</span><br /><span style="color: orange;">- C'&eacute;tait bien la peine de poussez sa gueulante.</span><br /><span style="color: lightgreen;">- AAAAH ! T'as fait une fau-aute !!!</span><br /><span style="color: #9999ff;">- Nyt&hellip;l&acirc;che le.</span><br /> &hellip;<br /> - C'est pr&ecirc;t. Attention&hellip;l&agrave; :<br /></span>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: small;"><img src="http://img684.imageshack.us/img684/8717/planche1.png" alt="Trempe d'Airin"/></span></p>
</span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Verdana,Helvetica,sans-serif;"><span style="color: orange;">- Pourquoi Nisky est pas dans le champ ?!</span><br /> - J'arrive pas &agrave; la cadrer.<br /> <span style="color: #9999ff;">- Mouahahah.</span><br /> <span style="color: lightgreen;">- Heu pourquoi on a plus d'image l&agrave; ?</span><br /> - Vous bougez trop pur&eacute;e ! Je peux pas tenir le rythme. Allez y mollo.<br />
<p style="text-align: center;"><img src="http://img693.imageshack.us/img693/3451/planche2.png" alt="Trempe d'Airin"/></p>
</span><span style="font-family: Verdana,Helvetica,sans-serif;">- Bon autant repartir comme &ccedil;a&hellip;c'est pareil.<br /> <span style="color: #9999ff;">- MOUAHAHAHAHAHA !!</span><br /> <span style="color: orange;">- Mais qu'est ce que t'as &agrave; te marrer comme &ccedil;a Nisky nom d'une gerbille d&eacute;gobillante !</span><br /> <span style="color: #9999ff;">- Non rien&hellip;on est l&agrave; pour quoi d&eacute;j&agrave; ?</span><br /> <span style="color: orange;">- Ben pour piller le tr&eacute;sor. J'ai pas l'intention de devoir bosser pour Sepulcraque-traque toute ma vie moi. Je suis pas un gagne-petit comme ce gribouilleur de I&eacute;tukas&eacute;.</span><br /> - T'as un probl&egrave;me la mouflette ??!<br /> <span style="color: orange;">- OUAIS ! Un coton-tige usag&eacute; aurait plus de sex-appeal que moi avec tous ces poils que TU m'as coll&eacute; sur le dos.</span><br /> - Hey JE fais avec les moyens du bord. TU &eacute;tais <span style="text-decoration: underline;">kawa&iuml;</span>, &ccedil;a compte aupr&egrave;s d'un public f&eacute;minin.<br /> <span style="color: orange;">- D&eacute;j&agrave; que feu-le-narrateur m'avait choisi un nom d&eacute;bile&hellip;</span><br /> - Okay ! La prochaine fois tu seras une boite de thon p'tite t&ecirc;te !<br /> <span style="color: orange;">- Essaie pour voir.</span><br /> - Provoque moi !<br /> <span style="color: orange;">- Prout.</span><br /> <span style="color: lightgreen;">- Bon les gamins, &ccedil;a suffit. On avance.</span><br /> <span style="color: #9999ff;">- Mouahaha.</span><br /> <span style="color: lightgreen;">- Quoi encore bordel-d'une-putain-grill&eacute;e-au-lance-flamme-sans-faute ?!</span><br /> <span style="color: #9999ff;">- Ben votre grotte, je l'ai d&eacute;j&agrave; pill&eacute;e moi !</span><br /> &hellip;<br /> <span style="color: lightgreen;">- QUOI !!!</span><br /> <span style="color: orange;">- !!!<br /><br />
<p style="text-align: center;"><img src="http://img29.imageshack.us/img29/5876/planche3.png" alt="Trempe d'Airin"/></p>
</span></span></span><span style="font-family: Verdana,Helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: small;">- Nom de dieu&hellip;j'en perds mon stylet.<br /><span style="color: orange;">- Enfoir&eacute;e !! On partage.</span></span> <span style="font-size: small;"><br /><span style="color: #9999ff;">- Non.</span></span> <span style="font-size: small;"><br /><span style="color: orange;">- Comment &ccedil;a non ?</span></span> <span style="font-size: small;"><br /><span style="color: #9999ff;">- Je l'ai d&eacute;j&agrave; d&eacute;pens&eacute; en rondelles d'acier et j'ai m&ecirc;me rapport&eacute; un nordique tout muscl&eacute; &agrave; la maison. C'&eacute;tait en prime.</span></span> <span style="font-size: small;"><br /><span style="color: orange;">- Des rondelles d'acier ?</span></span> <span style="font-size: small;"><br /><span style="color: #9999ff;">- Ouais je me bats exclusivement au son tranchant d'un bon disque de m&eacute;tal. Bon je me casse ! </span></span> <span style="font-size: small;"><br /> &hellip;<br /> - Hey mais reviens !<br /><span style="color: orange;">- Cherche pas, elle est d&eacute;j&agrave; partie.</span></span> <span style="font-size: small;"><br /><span style="color: lightgreen;">- Pur&eacute;e.</span></span> <span style="font-size: small;"><br /> - Chier.<br /><span style="color: lightgreen;">- On fait quoi du coup ?</span></span> <span style="font-size: small;"><br /><span style="color: orange;">- Heu.</span></span> <span style="font-size: small;"><br /> - Je sais !<br /><span style="color: orange;">- Hmm ?</span></span> <span style="font-size: small;"><br /> - Je sais exactement ce qu'il nous faut. Le seul moyen de nous tirer de cette embrouille, de r&eacute;cup&eacute;rer un semblant de coh&eacute;rence et peut-&ecirc;tre quelques pi&eacute;cettes au passage.<br /><span style="color: lightgreen;">- Accouche.</span></span> <span style="font-size: small;"><br /> - Il nous faut un flash-back.<br /> &hellip;<br /> &hellip;<br /> &hellip;<br /><span style="color: orange;">- Ca manque de tonnerre et d'effets lumineux pour saluer, mais l'id&eacute;e y est hein.</span></span> <span style="font-size: small;"><br /><span style="color: lightgreen;">- Un flash-back ?</span></span> <span style="font-size: small;"><br /> - Absolument. Je retourne en arri&egrave;re, je r&eacute;cup&egrave;re le narrateur et j'en finis avec cette histoire sans queue ni qu&ecirc;te !<br /><span style="color: orange;">- Ouah&hellip;filppant ton plan. Et comment tu comptes faire ?</span></span> <span style="font-size: small;"><br /> - Ben d'habitude, le h&eacute;ros a un genre de blessure secr&egrave;te. Et hop, &ccedil;a vient d'un coup au moment critique idoine.<br /><span style="color: lightgreen;">- Une blessure ?! Pas de putain de probl&egrave;me !</span></span> <span style="font-size: small;"><br /> - Non attend n&hellip;<br /><br /> - Sb&acirc;&acirc;&acirc;f &ndash;</span> <br /><br /></span><span style="font-family: Verdana,Helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="color: #ff6600;"><strong><span style="font-family: papyrus;">Tablette II : Oooh Sweet Medieval Day</span></strong></span></span><br /> <br /> <span style="font-size: small;"><span style="color: #999999;">Ietukas&eacute; &eacute;merge tout cass&eacute; des limbes avec une &eacute;trange sensation cotonneuse dans le cr&acirc;ne. L'id&eacute;e qu'on viendrait de lui enfoncer une demi-douzaine de cotons tiges usag&eacute;s dans le cerveau ne lui para&icirc;t pas scandaleusement irr&eacute;aliste.<br /> <br /> </span>- Hey &ccedil;a a march&eacute; ! Je suis de l'autre cot&eacute; du miroir.<span style="color: #999999;"><br /> Exact. De ce cot&eacute;, tout est invers&eacute; et de I&eacute;tukas&eacute; tu passes &agrave; Sakutei. <br /> </span>- Int&eacute;ressant.<span style="color: #999999;"><br /> N'est-ce pas ? Bon maintenant laisse moi faire mon boulot.<br /> <br /> Sakutei inspecte les alentours avec la circonspection qu'on acquiert d'ordinaire avec une solide gueule de bois. Il cligne des yeux une fois, puis deux&hellip;puis recommence. Non, pas de doute, le d&eacute;cor est bien en noir et blanc. Au d&eacute;but, &ccedil;a fait un peu &eacute;trange.<br /> La grotte est l&agrave;, mais pas de trace de ses compagnons. A quelle &eacute;poque est-il remont&eacute; ? Aucun moyen d'en &ecirc;tre certain. Par contre, une chose est s&ucirc;re, et &agrave; tous points de vues :<br /> <br /> </span>- Il y a quelque chose de pourri dans ce royaume.<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Et pour l'instant, la pourriture des lieux semble ce concentrer en un point pr&eacute;cis. Oui, si net et sans bavure qu'on pourrait la pointer sur une carte. <br /> Et par un curieux caprice, ce c&oelig;ur putride se dresse justement &agrave; quelques pas. Ses membres tortueux s'enfoncent dans le sol pour le vider de ses substances ; sa chevelure d&eacute;sordonn&eacute;e si s&egrave;che qu'elle crisse dans le vent semble abriter une v&eacute;ritable faune. Et l'ensemble ne serait pas complet sans une s&eacute;rie de d&eacute;formations et de creux qui gr&ecirc;lent son &eacute;piderme rid&eacute;. <br /> Cette essence si d&eacute;rangeante, cette concentration morbide n'est autre qu'un vieil h&ecirc;tre tortur&eacute;, tordu, frip&eacute; comme jamais un h&ecirc;tre n'a pu l'&ecirc;tre ou ne pas l'&ecirc;tre&hellip;telle n'est pas la question d'ailleurs.<br /> <br /> Un pied sur le qui-vive et l'autre dop&eacute; par la curiosit&eacute;, Sakutei s'approche de l'arbre qui se dresse cr&acirc;nement en travers de son chemin. Il appose sa paume prudemment sur l'&eacute;corce grise. <br /> Imm&eacute;diatement, son esprit se fait envahir par des sensations abjectes. Il se voit, mutilant et d&eacute;pe&ccedil;ant des hommes &agrave; mains nues, il ressent trucidage sauvage de ses proches, ses amis, sa famille...et toute la chorale des petits chanteurs de son village. Il go&ucirc;te les gicl&eacute;es ti&egrave;des de sang frais qui ruissellent sur son visage. Il se prend &agrave; guetter les craquements des os, les crissements de dents et les grincements d'ongles sur la pierre.<br /> <br /> Reprenant emprise sur ses sens, il sursaute et retire sa main avec un mouvement de d&eacute;go&ucirc;t. <br /> <br /> </span>- Waho. Il est vraiment malade lui !<br /> - C'est le c&oelig;ur du flippe de cette sc&egrave;ne.<br /> - Aaaah ! T'es qui toi ?!<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Sakutei fait volte-face brutalement et accroche une silhouette dans son regard &eacute;carquill&eacute;. C'est un jeune homme. Ses yeux gris sont rehauss&eacute;s par son teint gris p&acirc;le et son pourpoint noir clair. Ses cheveux cendres voltigent en m&egrave;ches &eacute;paisses dans un vent imaginaire. &Eacute;videment, en noir et blanc&hellip;c'est ton sur ton.<br /> <br /> </span>- Je suis le gardien du flippe.<br /> - Qu&eacute; qu&eacute; gn&eacute; ?<span style="color: #999999;"><br /> <br /> C'est curieux, on dirait que sa bouche ne reproduit pas exactement les sons qu'il prononce.<br /> <br /> </span>- Le flippe ?<br /> - Oui ! C'est un flash-back, alors il faut que &ccedil;a te colles des sueurs glac&eacute;es.<br /> - Oh je vois. Et tu te sens oblig&eacute; d'attirer l'attention sur toi comme &ccedil;a ?<br /> - C'est mon r&ocirc;le oui. Je plante des germes de trouille. Je colle la poisse aux tripes. Je regarde pousser amoureusement les arbres n&eacute;gatifs.<br /> - Ecoute, t'es bien gentil mais j'&eacute;tais en train de remonter le temps pour r&eacute;cup&eacute;rer le magot et le nabot alors&hellip;<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Le nabot ?! moi&hellip; grumph.<br /> <br /> </span>- Ah mais c'est un tout. On ne peut pas choisir. Ici tu es soumis aux visions que je te donnerai !<br /> - Pff si Nyt &eacute;tait l&agrave; tu ferais moins le malin.<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Sakutei le bouscule d'un coup d'&eacute;paule et s'appr&ecirc;te &agrave; passer son chemin quand une piq&ucirc;re dans le creux des reins le fait sursauter.<br /> <br /> </span>- En garde marouflot !<br /> - Ho !<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Sur un ton vieillot, le curieux ma&icirc;tre du flippe pointe une longue &eacute;p&eacute;e d'un air revanchard pas franchement r&eacute;ussi. Visiblement, il n'a pas appr&eacute;ci&eacute; la rebuffade.<br /> <br /> </span>- Tu AURAS PEUR ! Oui, tu auras peur !<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Sakutei &eacute;carte les bras et consid&egrave;re un instant son propre accoutrement. Tunique simple et bottes &agrave; la con&hellip;et cette paire de gants +3 contre les br&ucirc;lures. M&ecirc;me pas une &eacute;p&eacute;e pour r&eacute;pliquer !<br /> <br /> </span>- Hey j'ai m&ecirc;me pas de quoi me d&eacute;fendre&hellip;<br /> - Alors flippe ! Flippe ! Flippe !<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Et &agrave; chaque point d'exclamation, sa pointe s'avance comme un reptile pour le mordre. Sakutei esquive sans trop de mal mais se retrouve accul&eacute; contre la paroi dont la teinte grise n'est pas sans &eacute;voquer celle du ciel, du sol, des gouttelettes de sueur et &hellip; enfin tout quoi.<br /> <br /> La tension monte &agrave; son comble et le vaillant aventurier se retrouverait proprement &eacute;pingl&eacute; s'il ne trouvait soudainement son salut dans un clich&eacute; monumental.<br /> C'est un vieux sc&eacute;nario et les rebondissements qui nous paraissent us&eacute;s jusqu'&agrave; la corde sont encore frais et vifs ! Sakutei &eacute;cope d'une &eacute;gratignure qui lui arrache une grimace, un juron et une br&egrave;ve coul&eacute;e de sang tout blanc. Ses talons raclent la pierre, il glisse sur le cot&eacute; et tombe en plein dans un arr&ecirc;t sur image.<br /> <br /> Priv&eacute; des frottements de l'air, il s'&eacute;tale sous la silhouette statufi&eacute;e de son adversaire pas si flippant mais tr&egrave;s certainement sous stup&eacute;fiants.<br /> Coup de chance ! Mais les arr&ecirc;ts sur image ne servent pas qu'&agrave; permettre au h&eacute;ros de s'esbigner en douce.<br /> Alors qu'il se rel&egrave;ve sur les coudes, Sakutei ne manque pas de tiquer sur la silhouette enti&egrave;rement noire qui se dresse maintenant entre lui et son agresseur. Toute en &eacute;toffe flottantes serr&eacute;es &agrave; la taille par une ceinture d'&eacute;corce et chauss&eacute;e de cothurnes de bois. Qui est-ce ?<br /> <br /> </span>- Salut &agrave; toi, guerrier de la couleur. Je suis la dame du mal-h&ecirc;tre.<br /> - Heu je&hellip;<br /> - J'ai assist&eacute; &agrave; ton combat long et laborieux pour redonner image et lumi&egrave;re dans ton monde devenu si sombre. J'ai suivi ton parcours tandis que tu d&eacute;fiais le flot du temps pour revenir &agrave; la source des couleurs.<br /> - Ben en fait c'&eacute;tait plut&ocirc;t subi que voulu hein&hellip;<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Elle l'interrompt d'un geste de la main qui fait virevolter ses manches aux profondeurs ahurissantes.<br /> <br /> </span>- Il y a bien longtemps que je guette l'arriv&eacute;e de quelqu'un comme toi. Je suis l&agrave;, depuis des ann&eacute;es, ench&acirc;ss&eacute;e dans l'&eacute;corce de ce vieil arbre malade. Je porte la souffrance de milliers d'h&ecirc;tres pas humains. L'int&eacute;rieur de mes orbites est tapiss&eacute; de trag&eacute;dies et mon c&oelig;ur est lard&eacute; de vicissitudes sanglantes.<span style="color: #999999;"><br /> <br /> On pourrait presque sentir la poussi&egrave;re (grise) s'&eacute;chapper de ses l&egrave;vres. <br /> <br /> </span>- Eh beh&hellip;pour causer tu causes.<span style="color: #999999;"><br /> <br /> La dame noire plonge dans un recoin de ses voilages pour en tirer une longue &eacute;p&eacute;e qu'elle pr&eacute;sente &agrave; Sakutei, la lame couch&eacute;e le long de son avant bras.<br /> <br /> </span>- Prends ceci, &eacute;lu des proph&egrave;tes, et porte le courroux des &acirc;mes tortur&eacute;es dans le ventre m&ecirc;me de celui qui les a accouch&eacute;es.<br /> - Qu&eacute; qu&eacute; gn&eacute; ? Tu serais pas en train de me manipuler ? Tu sais, l&agrave; d'o&ugrave; je viens, ce genre d'histoire est tellement rebattu que &ccedil;a nous flanque la naus&eacute;e.<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Elle soupire avec un soup&ccedil;on d'exasp&eacute;ration, plante l'&eacute;p&eacute;e en terre et s'accroupit &agrave; cot&eacute;, les poings sur les joues et la mimique boudeuse.<br /> <br /> </span>- Pffff. Pourquoi &ccedil;a ne marche jamais ?!<span style="color: #999999;"><br /> <br /> L&eacute;g&egrave;rement g&ecirc;n&eacute; par ce revirement d'attitude, Sakutei se penche et lui tapote l'&eacute;paule avec la sollicitude de celui qui conna&icirc;t bien les grands moments de solitude.<br /> <br /> </span>- La Dame du lac l&agrave;&hellip;cette poufiasse des marais, qu'est ce qu'elle a de plus que moi hein ?!<br /> - Rien, c'est vrai,<span style="color: #999999;"> tente-il de n&eacute;gocier.<br /> </span>- Elle est blonde d'accord ! Mais elle a m&ecirc;me pas de poitrine ! <span style="color: #999999;"><br /> Ce faisant, elle soup&egrave;se la sienne, fort charmante d'ailleurs, et se remet &agrave; soupirer.<br /> </span>- C'est d&eacute;gueux ! Moi je cr&egrave;che ici depuis des si&egrave;cles. <br /> - Oui.<br /> - Tout ce que je veux c'est qu'un type vienne trucider ce connard de Flippless pour &ecirc;tre libre.<br /> - Oui.<br /> - Je fournis m&ecirc;me les instruments et tout !<br /> - Oui c'est vrai &ccedil;a mais&hellip;<span style="color: #999999;"><br /> Elle l'agrippe soudainement pas le col et se met &agrave; sangloter dans le creux de son &eacute;paule.<br /> </span>- Qu'est ce que je fais de travers ?! <br /> - Et bien pour &ecirc;tre franc. Il suffisait de demander hein. Moi ce qui me fait tiquer c'est le style. Tout ce flan de flonflon.<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Sakutei repousse gentiment la jeune fille et se redresse pour d&eacute;signer le paysage.<br /> <br /> </span>- Tout ici fait d&eacute;cr&eacute;pit. C'est d&eacute;primant.<br /> - C'est de sa faute &agrave; lui &ccedil;a,<span style="color: #999999;"> rumine elle en m&acirc;chonnant une de ses nombreuses m&egrave;ches rebelles. <br /> </span>- Ouais bref, je l'occis sans soucis moi. Je demande que &ccedil;a. Pas la peine de me d&eacute;baller le grand jeu.<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Elle rel&egrave;ve la t&ecirc;te avec une nouvelle lueur brillante au fond des yeux.<br /> <br /> </span>- C'est vrai ?<br /> - Puisque je te le dis.<br /> - M&ecirc;me pas pour mes yeux, mes fesses ou ma vertu ? <br /> - Juste comme &ccedil;a, par pur &eacute;go&iuml;sme et parce que &ccedil;a me fait envie.<br /> - Mais c'est formidable !<br /> - N'est ce pas.<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Lorsque le temps reprend son cours, le coup magistral qu'allait ass&eacute;ner le ma&icirc;tre du flip se voit intercept&eacute; par une lame rouill&eacute;e. Le flippeur se redresse avec un regard qui fait &ndash;tilt-.<br /> <br /> </span>- Quoi-quoi-quoi ! Une vile et sournoise trahison ? Quelqu'un t'as port&eacute; assistance ?!<br /> - Fais gaffe, tu deviens de plus en plus d&eacute;mod&eacute;.<br /> - Fi de Nior ! Je ne laisserai point une ribaude associ&eacute;e &agrave; un faquin freluquet me ravir mon royaume. </span><span style="color: #999999;"><span style="font-size: small;"><br /><br /> Plus il parle et plus il devient difficile de bouger. Les mouvements deviennent saccad&eacute;s. Sakutei se rend compte que ce ne sont pas tellement ses muscles qui ne r&eacute;pondent pas mais plut&ocirc;t le temps qui est pris de soubresauts.<br /> Et sans pr&eacute;venir, l'autre repart &agrave; l'assaut.</span> <br /><br />
<p style="text-align: center;"><img src="http://img163.imageshack.us/img163/7606/planche5.png" alt="Trempe d'Airin"/></p>
</span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Verdana,Helvetica,sans-serif;"><span style="color: #999999;">Le combat ne s'&eacute;ternise pas. Sakutei se rend bien vite compte qu'avec son escrime d&eacute;mod&eacute;e, le ma&icirc;tre du flip est juste bon &agrave; hacher de la viande d&eacute;j&agrave; morte. Il surprend son adversaire en enveloppant sa lame pour la faire sauter. L'arme tournoie en l'air et finit par claquer dans la paume de scribouilleur en manque de couleurs. Une passe suppl&eacute;mentaire, une seule, et l'acier mord enfin la chair. Les deux &eacute;p&eacute;es dans le bide, la bouche de Flippless s'ouvre sur un cri muet. Aucun &eacute;coulement de sang, pas une once de gore pour choquer les &acirc;mes sensibles. Telles &eacute;taient les conventions de l'&eacute;poque.<br /> <br /> </span>- Oh mais tu vas l&acirc;cher prise oui !<span style="color: #999999;"><br /> <br /> Sakutei fait la moue, se penche en avant comme pour saluer et attrape les deux poign&eacute;es. Il &eacute;carte les bras vivement et s&eacute;pare le tronc du gaillard en deux.<br /> Les boyaux sont litt&eacute;ralement vomis hors de leur enveloppe ; et cette fois, c'est un sang bien franc et bien rouge qui gicle sur son visage. Rouge de l'&eacute;carlate, rouge de la douleur et rouge de la joie sauvage. Le scribe attrape &agrave; nouveau les &eacute;p&eacute;es et les plante encore et encore, &eacute;crivant un nouveau sc&eacute;nario &agrave; coups de tra&icirc;n&eacute;es rubicondes.<br /> Des petits morceaux de chair rose sautent et s'&eacute;crasent dans l'herbe verte. Verte d'une vitalit&eacute; si pure qu'elle en est d&eacute;bordante de s&egrave;ve.<br /> Bient&ocirc;t, il ne reste plus de Flippless qu'un petit tas informe dont seule la t&ecirc;te aux orbites vides contemple encore le ciel azur&eacute;en. Si bleu qu'on pourrait si perdre.<br /><br /></span></span></span><span style="font-family: Verdana,Helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><span style="color: #999999;"><br /> Sakutei s'&eacute;ponge le front et les pommettes avant de se d&eacute;tourner, laissant l&agrave; le cadavre clou&eacute; au sol par les deux lames souill&eacute;es.<br /> <br /> </span>- Aaaaaah ! Il &eacute;tait temps que &ccedil;a devienne un peu juteux !</span><span style="color: #999999;"><span style="font-size: small;"><br /><br /> Et l&agrave; dessus, il repart tout content. Les pens&eacute;es d&eacute;j&agrave; occup&eacute;es par ses futures activit&eacute;s. A d&eacute;faut d'une queue de poisson, il imagine surtout une fin en ...<br /></span> <br />
<p style="text-align: center;"><img src="http://img693.imageshack.us/img693/5063/planche4.png" alt="Trempe d'Airin"/></p>
</span></span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/twitter.png" alt="Twitter" class="icon" /></a> <a href="http://del.icio.us/post?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754&amp;title=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur del.icio.us&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/delicious.png" alt="del.icio.us" class="icon" /></a> <a href="http://www.facebook.com/sharer.php?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754&amp;t=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Facebook&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/facebook.png" alt="Facebook" class="icon" /></a> <a href="http://digg.com/submit?phase=2&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754&amp;title=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Digg&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/digg.png" alt="Digg" class="icon" /></a> <a href="http://www.technorati.com/faves?add=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Technorati&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/technorati.png" alt="Technorati" class="icon" /></a> <a href="http://myweb2.search.yahoo.com/myresults/bookmarklet?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754&amp;t=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Yahoo!&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/yahoo.png" alt="Yahoo!" class="icon" /></a> <a href="http://www.stumbleupon.com/refer.php?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754&amp;title=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Stumbleupon&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/stumbleupon.png" alt="Stumbleupon" class="icon" /></a> <a href="http://www.google.com/bookmarks/mark?op=edit&amp;output=popup&amp;bkmk=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754&amp;title=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Google&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/google.png" alt="Google" class="icon" /></a> <a href="http://blogmarks.net/my/new.php?mini=1&amp;simple=1&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754&amp;title=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Blogmarks&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/bmarks.png" alt="Blogmarks" class="icon" /></a> <a href="http://mystuff.ask.com/mysearch/QuickWebSave?v=1.2&amp;t=webpages&amp;title=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Ask&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/ask.png" alt="Ask" class="icon" /></a> <a href="http://slashdot.org/bookmark.pl?title=Le+Septi%C3%A8me+Sceau+et+le+vieil+arbre&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fle-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Slashdot&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/slashdot.png" alt="Slashdot" class="icon" /></a><br /><hr />Article original rédigé par Sakutei et publié sur <a href="http://sakutei.eklablog.com">Bouillie de scribe par Sakutei</a> <br /> Reproduction interdite sans autorisation]]></content:encoded>
		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 15:56:46 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/le-septieme-sceau-et-le-vieil-arbre-a1043754</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-02-26T15:56:46+01:00</dc:date>
	</item>
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		<title><![CDATA[Chapitre 28 : Ce qui est et ce qui ne devrait pas être.]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/chapitre-28-ce-qui-est-et-ce-qui-ne-devrait-pas-etre-a1034985</link>
		<description><![CDATA[Le temps passe. Des ondes la traversent.
Recroquevill&eacute;e dans un coin de la pi&egrave;ce froide, Thrace s'est roul&eacute;e en boule le plus loin possible de la pierre maudite et de ses &eacute;manations invisibles. Quelle horrible sensation que de savoir que des changements se produisent en son sein sans pouvoir...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">Le temps passe. Des ondes la traversent.<br />Recroquevill&eacute;e dans un coin de la pi&egrave;ce froide, Thrace s'est roul&eacute;e en boule le plus loin possible de la pierre maudite et de ses &eacute;manations invisibles. Quelle horrible sensation que de savoir que des changements se produisent en son sein sans pouvoir en d&eacute;duire leur avanc&eacute;e. A quel ph&eacute;nom&egrave;ne doit-elle attribuer ces frissons glac&eacute;s qui la traversent ? A La fatigue, la peur, la maladie ou la rage d'&ecirc;tre impuissante ? Que pr&eacute;sagent ces picotements sur son visage ? Est-ce une part du proc&eacute;d&eacute; qui doit faire d'elle une fomoire ?<br /><br />L'ondine ferme un instant les yeux pour chasser ces pens&eacute;es serpentines qui l'&eacute;touffent et &eacute;tranglent son esprit. Si elle se laisse absorber par la m&eacute;lancolie, elle ne pourra pas agir le moment venu. Et c'est bien ce qu'elle s'est jur&eacute;e de faire ; ne pas se laisser gangrener par ce pouvoir corrupteur qui fera bient&ocirc;t tomber sa peau et ses cheveux.<br />Jetuk ne s'est pas laiss&eacute; impressionner par sa menace de suicide. Peut-&ecirc;tre ne l'en croit-il pas capable ? Et dans le fond, m&ecirc;me s'il n'y aurait rien de plus facile avec ce froid extr&ecirc;me, Thrace doute en effet d'en avoir la volont&eacute;. Une trop forte ardeur de vie br&ucirc;le en elle pour qu'elle se laisse figer dans l'&eacute;treinte osseuse de la mort.<br />Pourtant, il lui suffirait d'une pens&eacute;e pour m&eacute;tamorphoser son corps en eau&hellip; laquelle deviendrait aussit&ocirc;t de la glace mortelle p&eacute;trifiant l'&eacute;tincelle de vie qui s'agite et palpite dans sa tendre poitrine de jeune fille. <br />Thrace referme son poing devant son visage ravag&eacute; par des courants de sentiments contradictoires. Elle ne pourra jamais s'y r&eacute;soudre et Jetuk l'a lu en elle. Telle est sa faiblesse et c'est par ce biais que l'ondine s'est toujours laiss&eacute;e manipuler. D'abord par ces cr&eacute;ateurs, les Fir Bolgs, puis par M&eacute;lanargie et maintenant&hellip; encore et toujours.<br /><br />L'ondine rel&egrave;ve l&eacute;g&egrave;rement la t&ecirc;te pour inspecter les hauteurs obscures de la chambre. C'est par l&agrave; que l'Orateur &eacute;corch&eacute; est reparti peu apr&egrave;s leur discussion. La trappe ne semblait pas disposer de m&eacute;canisme d'ouverture ou de fermeture. Mais en retombant elle a produit un son massif suffisamment dissuasif pour sa faible carrure. Et de toute fa&ccedil;on elle ne peut pas l'atteindre. Elle ne peut pas sortir.<br />D&eacute;cochant un nouveau regard mauvais &agrave; l'autel central, Thrace se pelotonne &agrave; nouveau contre le mur du fond, s'effor&ccedil;ant de ma&icirc;triser les spasmes qui traversent parfois sa carcasse avec une violence douloureuse. Est-ce un des effets du&hellip; NON elle ne doit pas y penser. Elle ne doit pas y penser. Elle doit se concentrer sur son &eacute;vasion.<br />Pour tuer le temps et les id&eacute;es noires, Thrace se rel&egrave;ve et arpente une fois de plus les contours de la pi&egrave;ce. Aucune autre ouverture que celle du plafond n'est d&eacute;celable. Juste de la pierre grossi&egrave;re et lourdement ajust&eacute;e avec un cot&eacute; d&eacute;finitif assez convaincant. Il n'y a rien &agrave; faire pour le moment si ce n'est profiter de cet instant de r&eacute;pit pour r&eacute;cup&eacute;rer ses forces. <br />Aucune odeur, aucun son. Juste la sensation &eacute;trange et peut-&ecirc;tre imagin&eacute;e de se faire fa&ccedil;onner. L'ondine se replie dans son coin sombre et ne tarde pas &agrave; s'assoupir &agrave; nouveau, l'esprit enfi&eacute;vr&eacute; par des visions perverses de corps recompos&eacute;es.<br /><br />Par pressentiment ou alerte instinctive, elle se r&eacute;veille juste &agrave; temps pour entendre quelqu'un man&oelig;uvrer la trappe du plafond. Jetuk ? Une faible clart&eacute; p&eacute;n&egrave;tre dans la pi&egrave;ce par le rectangle ajour&eacute; en hauteur. <br />Thrace se rel&egrave;ve souplement et s'avance &agrave; pas de chat, prenant garde &agrave; ne faire r&eacute;sonner aucun &eacute;chos en s'avan&ccedil;ant sur les dalles lisses. Une t&ecirc;te hirsute se d&eacute;coupe dans le contre-jour.<br /></span><br />- Championne ? Je vous apporte &agrave; manger.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le nouvel arrivant bascule ses jambes par l'ouverture, il se suspend quelques instants &agrave; la pierre et se laisse retomber agilement dans la pi&egrave;ce obscure. Ses yeux marquent un petit temps pour s'habituer &agrave; la p&eacute;nombre, laps court mais pr&eacute;cieux que sa pensionnaire se h&acirc;te d'exploiter pour se d&eacute;placer.</span><br /><br />- O&ugrave; &ecirc;tes-vous &Ocirc; Thrace ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Sans un mot ni bruit, l'ondine se coule dans son dos et se rapproche en retenant son souffle. Une "cape verte", c'est un fomoire inf&eacute;rieur. Voil&agrave; qui va lui faciliter les choses. <br />Le jeune homme se retourne juste &agrave; temps pour surprendre l'approche furtive de la tueuse. Celle-ci ne marque aucune h&eacute;sitation. Une main gant&eacute;e s'&eacute;crase contre le bas de son visage sur un claquement sec. L'ondine se colle au jeune soldat, enroule sa jambe dans le creux de son genou et le fait basculer en arri&egrave;re.<br />D&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;, l'autre &eacute;chappe le sac de provisions qu'il tenait &agrave; la main et heurte durement le sol, l&acirc;chant une exclamation &eacute;touff&eacute;e par la main ferme qui lui &eacute;crase la m&acirc;choire.<br />Thrace lui empoigne le poignet droit et presse son genou sur sa poitrine. Un toussotement s'en &eacute;chappe. Le jeune soldat se d&eacute;bat et parvient &agrave; basculer sur le cot&eacute; en grognant. Sa main gauche se lib&egrave;re mais il h&eacute;site encore &agrave; frapper sa championne. Impitoyable, la tueuse en profite pour le retourner sur le ventre et lui bloque le bras dans un cl&eacute; craquante aux articulations.<br /><br />Nouveau g&eacute;missement &eacute;touff&eacute;. Thrace peut sentir les raidissements de douleurs qui parcourent les muscles de sa victime. Elle pose son genou entre ses omoplates et raffermit sa prise.<br />S'humectant les l&egrave;vres, elle approche sa bouche tout contre l'oreille de son captif pour lui murmurer ses conditions :</span><br /><br />- Ne crie pas, dans cette position je pourrais te casser le bras sans effort. <span style="color: #888888;">(Elle laisse s'&eacute;couler un instant pour s'assurer que l'autre a bien entendu et reprend).</span> Je vais te laisser r&eacute;pondre &agrave; mes questions, ensuite tu m'aideras &agrave; atteindre la trappe. Tu as compris ? Hoche la t&ecirc;te si tu as compris.<br /><span style="color: #888888;">Le petit soldat s'empresse d'acquiescer, visiblement terroris&eacute; par le ton mena&ccedil;ant.</span><br />- Bien.<br /><br /><span style="color: #888888;">Elle retire sa paume et en profite pour tirer la petite &eacute;p&eacute;e courte qui pend au baudrier de cuir de sa victime.</span><br /><br />- Pou-pourquoi ?? Championne vous &ecirc;tes notre&hellip;<br />- Chuuuut, <span style="color: #888888;">siffle t-elle avec une douceur trompeuse</span>, c'est moi qui vais te poser des questions.<br /><span style="color: #888888;">Thrace ne parvient pas &agrave; voir de quel acabit est fait ce fomoire. Elle esp&egrave;re qu'il ne poss&egrave;de aucune particularit&eacute; d&eacute;sagr&eacute;able qui va se r&eacute;v&eacute;ler au mauvais moment.</span><br />- Quel est le chemin le plus court pour remonter &agrave; la surface ?<br />- Mais je&hellip;<br />- Tu &eacute;tais en surface n'est-ce pas ? Comme toutes les capes vertes. Donc tu connais les lieux. Je veux sortir d'ici et tu vas m'aider. Allons r&eacute;pond ! <span style="color: #888888;">(Elle remonte l&eacute;g&egrave;rement le bras de son captif, ce qui occasionne un craquement d&eacute;sagr&eacute;able).</span><br />- Attendez, je vais vous dire&hellip;<br />&nbsp;<br /><span style="color: #888888;">Le jeune homme d&eacute;balle son sac, Thrace m&eacute;morise patiemment chacune des indications.</span><br /><br />- J'esp&egrave;re pour toi que tu ne m'as pas racont&eacute; de bobards. Tu n'aimerais pas que je sois oblig&eacute;e d'errer dans ces couloirs avec le risque de te retomber dessus.<br />- Je vous assure que je vous ai dit la v&eacute;rit&eacute; championne.<br />- Tant mieux, tant mieux. Et maintenant &hellip; -ouch-<br /><br /><span style="color: #888888;">Un violent coup sur le cr&acirc;ne la fait retomber en avant. Sonn&eacute;e, l'ondine a juste le r&eacute;flexe de rouler sur le cot&eacute; pour &eacute;viter le coup suivant. Elle l&egrave;ve mollement un bras mais ses gestes son impr&eacute;cis et elle r&eacute;colte un autre coup sourd en pleine poitrine. Sa t&ecirc;te heurte la pierre mais elle parvient &agrave; rester consciente. Juste assez pour entrevoir une autre cape verte s'enrouler devant ses yeux troubles.</span><br /><br />- Je suis d&eacute;sol&eacute;e&hellip; championne&hellip; le Seigneur Jetuk nous avait pr&eacute;venu que&hellip; Ooh je suis tellement d&eacute;sol&eacute;e.<br /><br /><span style="color: #888888;">Une femme d'&acirc;ge ind&eacute;finissable la d&eacute;visage. Sa peau sombre et profond&eacute;ment rid&eacute;e &eacute;voque l'&eacute;corce d'un ch&ecirc;ne. Mais le plus surprenant reste son bras droit, extention grotesque et d&eacute;form&eacute;e dont elle sert &agrave; la mani&egrave;re d'un gourdin. Comment se fait-il qu'elle ne l'ait pas entendu arriver ??<br />Le jeune homme se rel&egrave;ve &agrave; son tour et masse son &eacute;paule douloureuse. Un m&eacute;lange de regret et de d&eacute;tresse se dispute les expressions de son visage. Il soupire.</span><br /><br />- Pardonnez nous &Ocirc; Thrace mais tant que vous n'&ecirc;tes pas pr&ecirc;te&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Il tire des cha&icirc;nes de son pr&eacute;tendu sac &agrave; provision et fait un signe de t&ecirc;te &agrave; sa comparse. Les yeux de l'ondine s'agrandissent d'effroi, c'&eacute;tait un pi&egrave;ge ! Elle tente de se relever mais sa t&ecirc;te est encore trop bourdonnante et elle en est r&eacute;duite &agrave; ramper sur le sol.<br />Une main se referme, sans brutalit&eacute;, sur son mollet droit. Elle donne fr&eacute;n&eacute;tiquement du talon dessus sans effet. Le femme d'&eacute;corce n'a pas l'air sensible &agrave; ce genre d'attaque faiblarde.</span><br /><br />- L&acirc;&hellip;l&acirc;chez moi.<br /><br /><span style="color: #888888;">Sa voix est emp&acirc;t&eacute;e par l'&eacute;tourdissement mais l'urgence de la situation lui donne assez de vigueur pour rester coh&eacute;rente. Elle entend le cliquetis de l'acier qui se rapproche.</span><br /><br />- S'il vous pla&icirc;t, ne nous obligez pas &agrave; vous frapper encore.<br /><br /><span style="color: #888888;">Elle n'y tient pas non plus mais elle se d&eacute;bat quand m&ecirc;me. Le soldat lui ass&egrave;ne une claque retentissante qui faite retomber sa t&ecirc;te sur le cot&eacute; et lui fend la l&egrave;vre. Puis les deux capes vertes l'empoignent par les chevilles et entreprennent de la ramener vers l'autel.<br /></span><br />- Ah non ! Non ! NOOOOOOON !<br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace sursaute au contact des cha&icirc;nes froides et dans un violent mouvement, parvient &agrave; exp&eacute;dier son pied dans les gencives du petit gars. Elle tente d'&eacute;chapper &agrave; la prise de la femme-&eacute;corce mais ne parvient pas &agrave; p&eacute;n&eacute;trer sa puissante armure naturelle.<br />Elle en est quitte pour un solide coup de bras-gourdin qui l'envoie dans les vapes pour de <span style="color: #888888;">bon.</span></span><span style="color: #888888;"><br /><br />Lorsqu'elle reprend conscience, les deux soldats s'affairent encore &agrave; l'encha&icirc;ner &agrave; la pierre. Elle peut faiblement bouger les jambes et les bras mais son torse est comprim&eacute; par les mailles cruelles. De rage, elle se met &agrave; pousser des hurlements hyst&eacute;riques. Elle serre les dents et tire de toutes ses forces sur les liens d'aciers pour s'en lib&eacute;rer ; sans succ&egrave;s &eacute;videment. Haletante, elle rel&acirc;che ses efforts, reprend son souffle et se remet &agrave; remuer, dop&eacute;e par son horreur insondable pour cette pierre vicieuse.</span><br /><br />- Lib&eacute;rez moi ! Lib&eacute;rez moi ! Je suis votre championne oui ou non ? Vous ne pouvez pas me faire &ccedil;a ! HAN ! HAAAAARRRG !<br />- S'il vous pla&icirc;t, calmez vous. Tant que vous n'&ecirc;tes pas pr&ecirc;te nous ne pouvons pas vous laisser aller, mais ensuite vous comprendrez que nous agissons pour votre bien. <br /><span style="color: #888888;"><br />Thrace se refuse a s'avouer vaincue et puisqu'elle ne peut plus bouger, alors il ne lui reste que la parole.</span><br /><br />- Attendez, attendez !<span style="color: #888888;"> (Elle s'efforce de contr&ocirc;ler son souffle affol&eacute;)</span>. Ne vous suffit-il pas de me laisser enferm&eacute;e ici ? Ces cha&icirc;nes m'&eacute;corchent la peau, vous n'allez pas me laisser souffrir comme &ccedil;a ?!<br /><span style="color: #888888;">La femme lui retourne un regard triste, deux perles vertes scintillantes dans ce tableau v&eacute;g&eacute;tal aux rides profondes.</span><br />- Ainsi vivent les h&eacute;ros. <span style="color: #888888;">(Elle soupire).</span> Mais n'ayez crainte, le proc&eacute;d&eacute; est peut-&ecirc;tre un peu douloureux mais il se d&eacute;roulera plus vite au contact de la pierre. Par &eacute;gard pour vous, nous vous laissons vos v&ecirc;tements mais si vous le voulez nous pouvons vous les enlever. Sur la peau nue, l'effet sera encore plus rapide et donc l'&eacute;preuve sera moins grande.<br /><br /><span style="color: #888888;">Sa voix est tiss&eacute;e des grincements des branches dans le vent. L'effet est d&eacute;routant mais ce n'est pas tant la forme que le contenu de ses paroles qui laisse Thrace m&eacute;dus&eacute;e. Les deux autres se d&eacute;tournent et s'appr&ecirc;tent &agrave; quitter les lieux lorsqu'elle les rappelle d'une voix qu'elle parvient &agrave; contr&ocirc;ler &agrave; grand prix :</span><br /><br />- Attendez ! Je&hellip; &ccedil;a ira plus vite si je facilite les choses hein ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Les deux capes tournoient pour se stabiliser un instant plus tard sur les talons de leurs porteurs.</span><br /><br />- Oui en effet. Nous admirons la r&eacute;sistance opini&acirc;tre que vous affichez. Elle est digne de notre championne. Mais il n'y aurait pas de d&eacute;shonneur &agrave; rel&acirc;cher vos efforts maintenant.<br /><br /><span style="color: #888888;">Ainsi ils pensent que toute cette hargne est juste un acte h&eacute;ro&iuml;que pour s'infliger une &eacute;preuve plus dure. Pas de doute, ils ne vivent pas dans le m&ecirc;me monde. Il n'y a donc plus qu'une chose &agrave; faire. Thrace d&eacute;glutit lentement et chasse une m&egrave;che captur&eacute;e au coin de ses l&egrave;vres ensanglant&eacute;es d'un souffle brusque.</span><br /><br />- Tr&egrave;s bien. D'accord&hellip; j'accepte de renoncer &agrave; l'h&eacute;roisme guerrier. Retirez moi mes v&ecirc;tements que je puisse embrasser le pouvoir des fomoires plus rapidement. Ainsi je serais apte &agrave; vous&hellip; &agrave; nous d&eacute;fendre plus rapidement.<br /><span style="color: #888888;"><br />Les deux soldats se regardent un instant. Ils semblent se parler &agrave; demi voix mais Thrace ne comprend rien, ses tympans sont parasit&eacute;s par les battements sourds de son propre c&oelig;ur. Finalement, l'un et l'autre s'approchent &agrave; nouveau, leurs visages &eacute;clair&eacute;s par la lueur verd&acirc;tre qui &eacute;mane de l'autel conf&egrave;rent &agrave; la sc&egrave;ne une note macabre qui file des frissons &agrave; la svlete jeune fille allong&eacute;e sous leurs yeux.</span><br /><br />- Vous &ecirc;tes s&ucirc;re ?<br />- Enlevez moi tout. <span style="color: #888888;">(Elle inspire profond&eacute;ment et plante son regard sombre dans les yeux de la femme-arbre)</span>. Je suis pr&ecirc;te.<br />- D'accord championne ! <br /><br /><span style="color: #888888;">Elle lui sourit gentiment et se penche pour lui retirer ses gants. Thrace sent ses bottes glisser, puis ils lui d&eacute;bouclent sa ceinture et son plastron mais ne parviennent pas &agrave; lui retirer ni sa tunique ni son pantalon. </span><br /><br />- Nous allons retirer les cha&icirc;nes un instant. Ne bougez pas.<br /><br /><span style="color: #888888;">A peine sent-elle les mailles se rel&acirc;cher que Thrace se redresse d'un bond, surprenant les deux autres par sa vigueur soudaine. Regroupant les doigts de sa main gauche en c&ocirc;ne, elle d&eacute;tend subitement son bras et l&acirc;che un cri de douleur en sentant l'eau devenir glace.<br />Le jeune fomoire hoquette soudainement, plus de surprise que de douleur dabns un premier temps. Un filet de salive ros&acirc;tre gicle de ses l&egrave;vres. Il baisse les yeux sur l'aur&eacute;ole sombre qui imbibe peu &agrave; peu sa tunique. Sous l'&eacute;clairage lugubre, le sang a une &eacute;trange teinte brune. Fleur sombre dont l'unique pistil est constitu&eacute; par le bras couvert de glace de l'ondine qui le traverse de part en part pour repa&icirc;tre sous la forme d'un pieux de glace dans son dos.</span><br /><br />- Pourq&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Sa voix s'&eacute;trangle sur un gargouillis. Thrace retire vivement son bras, juste &agrave; temps pour esquiver le coup de masse de la femme-&eacute;corce. Elle roule sur le sol, capturant au passage une des longueurs de cha&icirc;ne qui la retenait prisonni&egrave;re. Sans ses protections, il va falloir &ecirc;tre pr&eacute;cise. <br />Inspirant vivement, elle fait tournoyer les mailles devant elle &agrave; la mani&egrave;re d'un fl&eacute;au tout en se d&eacute;calant lentement sur le cot&eacute;. Son adversaire suit son mouvement sans un regard pour son compagnon qui vient de s'affaler contre la pierre translucide. Le sang qui s'&eacute;coule sur l'autel se met &agrave; fumer comme port&eacute; &agrave; une chaleur intense, diffusant une odeur aigre et d&eacute;sagr&eacute;able dans la chambre.<br /><br />Remodelant sa main &agrave; grand peine, l'ondine esquive un assaut massif et se d&eacute;porte sur la droite avant de r&eacute;pondre par un coup de fouet. Sans effet notable.</span><br /><br />- Pourquoi nous tuer ?! Championne, nous sommes vos humbles serviteurs !<br />- Je ne serai jamais l'une des v&ocirc;tres.<br /><span style="color: #888888;"><br />Thrace refrappe, faisant cette fois jaillir des petits morceaux d'&eacute;corce. L'autre grogne et se rue &agrave; nouveau pour frapper le vide qu'occupait l'ondine un battement de cil plus t&ocirc;t. La cha&icirc;ne &eacute;gratigne encore l'&eacute;corce. Le burin fait tonner la pierre. </span><br /><br />- Vous ne pouvez pas faire autrement. Pourquoi refuser cet honneur ?!<br /><br /><span style="color: #888888;">Des pointes de col&egrave;res percent dans sa voix. Elle ne comprend pas. Thrace r&eacute;agit juste &agrave; temps pour &eacute;viter son assaut soudain et se rattrape sur les talons en agitant les bras. Sa main droite tournoie, elle manque sa cible. Quelques coups mal ajust&eacute;s s'encha&icirc;nent avant que Thrace ne puisse interposer l'autel entre elles pour reprendre son souffle. </span><br /><br />- D&eacute;former et plier les autres &agrave; votre image ? C'est &ccedil;a un honneur ?! NON je ne veux pas de &ccedil;a merci !<span style="color: #888888;"> Crache t-elle avec conviction. </span><br /><span style="color: #888888;"><br />L'aura mal&eacute;fique de la pierre maintenant souill&eacute;e de sang lui irrite la vue. Elle s'agite et pourtant elle a si froid ! La femme-&eacute;corce bondit par-dessus l'autel et parvient &agrave; lui ass&eacute;ner un coup de pied dans le ventre qui la fait d&eacute;coller du sol. En retour, elle entortille la cha&icirc;ne autour de son bras-gourdin et fl&eacute;chit les jambes. Son adversaire se redresse et tente &agrave; nouveau de la convaincre d'arr&ecirc;ter cette folie.</span><br /><br />- Vous n'avez pas le choix ! C'est votre destin. C'est ainsi.<br /><br /><span style="color: #888888;">Sans r&eacute;pondre, l'ondine saute, passe au-dessus de son adversaire et entra&icirc;ne avec elle le membre massif. Les jointures g&eacute;missent dans un grincement typiquement v&eacute;g&eacute;tal. La fomoire pousse un cri soudain et des &eacute;chardes voltigent dans la pi&egrave;ce. Thrace se ramasse brutalement sur le sol, le craquement du bois lui arrache un sourire sans joie.<br />Elle se retourne, l&acirc;che son arme emp&ecirc;tr&eacute;e et se d&eacute;cale lentement. La femme &eacute;corce est appuy&eacute;e contre l'autel, son bras droit salement bris&eacute; laissant voir des &eacute;clats plus tendres et plus blancs ; ce qui permet au passage &agrave; l'ondine de constater qu'elle est enti&egrave;rement faite de bois. La s&egrave;ve coule lentement sur le sol comme un sirop &eacute;pais et (pour autant qu'elle peut en juger avec la luminosit&eacute;) verd&acirc;tre.<br />La voyant hors d'&eacute;tat de nuire, Thrace se rapproche prudemment et r&eacute;cup&egrave;re la petite &eacute;p&eacute;e qu'elle a laiss&eacute; tomber un peu plus t&ocirc;t. Pointant l'instrument en direction de son adversaire vaincue, elle l&acirc;che d'un ton r&eacute;solu :</span><br /><br />- Il n'y a pas de destin, juste des choses un peu plus difficiles &agrave; combattre que les autres.<br />- Belles paroles que voil&agrave;&hellip; &ccedil;a m&eacute;rite de nous tuer ?<br /><span style="color: #888888;">Peut-&ecirc;tre. A vrai dire, Thrace n'y r&eacute;fl&eacute;chit m&ecirc;me pas. L&agrave; n'est pas la question. Se rapprochant encore d'un pas, elle r&eacute;cup&egrave;re ses bottes, et ses gants avant de poursuivre.</span><br />- Je vais quitter cette pi&egrave;ce maintenant. Tu peux m'aider ou me r&eacute;sister, c'est &agrave; toi de voir.<br /><br /><span style="color: #888888;">Voyant que l'autre ne bouge plus, elle en profite pour enfiler ses protections. L'ondine ach&egrave;ve de reboucler les lani&egrave;res lorsque la femme-&eacute;corce lui r&eacute;pond avec une douleur insondable dans la voix. Son regard brillant se porte non pas sur l'ondine mais sur le soldat inerte, fig&eacute; sur le sol.<br /></span><br />- Notre championne nous trahit&hellip; celle qui devait nous offrir la lumi&egrave;re du soleil ne fait que d&eacute;poser le baiser qui scelle nos l&egrave;vres dans la mort.<br />- ASSEZ ! Je ne suis PAS votre championne.<br /><br /><span style="color: #888888;">L'ondine ach&egrave;ve de rev&ecirc;tir son armure de cuir et tente de sauter vers la trappe. En pure perte, cette derni&egrave;re est beaucoup trop haute. De frustration, elle tape du pied sur le sol avant de se retourner vers la fomoire.</span><br /><br />- Je ne peux pas atteindre l'ouverture. Il y a un m&eacute;canisme quelque part ?<br /><br /><span style="color: #888888;">L'autre ne lui r&eacute;pond pas, berc&eacute;e par son amertume personnelle. Sa t&ecirc;te bois&eacute;e oscille lentement comme si elle allait dormir mais Thrace peut l'entendre fredonner une &eacute;trange complainte. Comme le murmure du vent dans les feuillages.<br />Press&eacute;e d'en finir, elle se rapproche et lui plante son &eacute;p&eacute;e sous le menton tranchant vers le haut pour lui faire relever la t&ecirc;te. </span><br /><br />- Aller, dis-moi.<br />- Non il n'y a pas de m&eacute;canisme. Nous les fomoires sommes assez agiles et puissants pour l'atteindre. Ta seule mani&egrave;re de sortir d'ici est d'accepter ton destin et de devenir l'une des n&ocirc;tres.<br />- JAMAIS. Tu m'entends, ja-mais. Tu vas m'aider.<br />- Je suis d&eacute;sol&eacute;e championne mais je n'en ferai rien. Tu peux me tuer mais &ccedil;a ne t'avancera &agrave; rien.<br /><br /><span style="color: #888888;">La fomoire est pass&eacute;e au tutoiement... S'il y a un sens particulier &agrave; tout ceci, Thrace n'est certainement d'humeur &agrave; le d&eacute;m&ecirc;ler. Exasp&eacute;r&eacute;e, L'ondine avise alors la cha&icirc;ne toujours enroul&eacute;e autour du membre bris&eacute;. </span><br /><br />- Tu ne me laisses pas le choix. <span style="color: #888888;">(</span><span style="color: #888888;"><span style="color: #888888;">So</span>n regard s'assombrit encore).</span> Je ne reculerai pas devant &ccedil;a.<br /><br /><span style="color: #888888;">Poussant un cri farouche, elle ass&egrave;ne un m&eacute;chant coup d'&eacute;p&eacute;e sur la brisure de l'&eacute;paule de la femme-&eacute;corce qui tombe sur le cot&eacute; sous la douleur. Enjambant son corps secou&eacute; de saccades, Thrace l&egrave;ve une nouvelle fois sa lame et b&ucirc;cheronne sans merci, faisant gicler des copeaux en tout sens. Les deux femmes crient de concert sur des notes dysharmoniques.<br />Finalement le bras mutil&eacute; saute et se s&eacute;pare du tronc. Avec horreur, Thrace constate que la femme est toujours consciente. Elle lui renvoie un regard insondable o&ugrave; l'on peut seulement lire quelque chose qui ressemble &agrave; l'enfer. Voil&agrave; le genre de chose que l'on se retrouve oblig&eacute;e de faire dans les pires situations. Pas de quoi &ecirc;tre fi&egrave;re. Pas de gloire &agrave; en tirer. Ce genre de chose ne devrait pas &ecirc;tre.</span><br /><span style="color: #888888;"><br />Se d&eacute;tournant de ce spectacle trop perturbant, la tueuse tracte la cha&icirc;ne et le bois &agrave; l'aplomb de l'ouverture. Il faut encore un moment pour entortiller plus solidement les mailles, retailler un peu le bout de branche et en estimer la stabilit&eacute;. <br />La femme-arbre a repris son marmonnement &eacute;trange. Thrace s'efforce de ne pas l'&eacute;couter, se concentrant plut&ocirc;t sur sa libert&eacute; &agrave; port&eacute;e de main.<br />Les trois premiers essais sont infructueux et l'ondine se retrouve &agrave; masser son cr&acirc;ne d&eacute;cid&eacute;ment bien malmen&eacute; ces derniers temps.</span><br /><br />- Cendres noires ! Il n'y a donc aucun point d'accroche l&agrave; haut ?!<br /><br /><span style="color: #888888;">Finalement, le grappin improvis&eacute; finit par trouver une prise assez solide. L'ondine s'y suspend plusieurs fois pour en tester la solidit&eacute; et hoche la t&ecirc;te, satisfaite. Elle passe l'&eacute;p&eacute;e &eacute;mouss&eacute;e &agrave; sa ceinture, rajuste ses gants et grimpe le long de la cha&icirc;ne avec une lenteur d&eacute;sesp&eacute;rante. Ses muscles t&eacute;tanis&eacute;s par ce combat soudain r&eacute;pondent mal et elle redoute plus que tout de prendre une crampe en pleine grimpette. <br />Au moment o&ugrave; elle ach&egrave;ve son ascension, une voix lui fait tourner la t&ecirc;te vers le bas.</span><br /><br />- Tu es forte&hellip; notre championne.<br /><br /><span style="color: #888888;">Thrace hausse les &eacute;paules et se hisse finalement sur les dalles de la grande salle centrale. Libre &agrave; nouveau !</span></span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-28-ce-qui-est-et-ce-qui-ne-devrait-pas-etre-a1034985" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Chapitre+28+%3A+Ce+qui+est+et+ce+qui+ne+devrait+pas+%C3%AAtre.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-28-ce-qui-est-et-ce-qui-ne-devrait-pas-etre-a1034985" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/twitter.png" alt="Twitter" class="icon" /></a> <a href="http://del.icio.us/post?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-28-ce-qui-est-et-ce-qui-ne-devrait-pas-etre-a1034985&amp;title=Chapitre+28+%3A+Ce+qui+est+et+ce+qui+ne+devrait+pas+%C3%AAtre." 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href="http://sakutei.eklablog.com">Bouillie de scribe par Sakutei</a> <br /> Reproduction interdite sans autorisation]]></content:encoded>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 14:54:49 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/chapitre-28-ce-qui-est-et-ce-qui-ne-devrait-pas-etre-a1034985</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-02-23T14:54:49+01:00</dc:date>
	</item>
	<item>
		<title><![CDATA[Chapitre 27 : Dépouilles et dépouillement]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/chapitre-27-depouilles-et-depouillement-a1002602</link>
		<description><![CDATA[Des gouttes de sang roulent sur le tranchant du bronze mordor&eacute;. Plic-ploc, elles tombent une &agrave; une sur le sol rocheux, comme en r&eacute;ponse aux &eacute;chos ondoyants des larmes de la caverne.
Luk rengaine enfin son &eacute;p&eacute;e sans m&ecirc;me prendre la peine d'en essuyer la lame. Pour un guerrier de sa trempe,...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">Des gouttes de sang roulent sur le tranchant du bronze mordor&eacute;. Plic-ploc, elles tombent une &agrave; une sur le sol rocheux, comme en r&eacute;ponse aux &eacute;chos ondoyants des larmes de la caverne.<br />Luk rengaine enfin son &eacute;p&eacute;e sans m&ecirc;me prendre la peine d'en essuyer la lame. Pour un guerrier de sa trempe, c'est la marque ind&eacute;niable qu'il est &agrave; bout de nerfs. Sa main droite tremble encore l&eacute;g&egrave;rement alors il d&eacute;cide d'enrouler fermement ses doigts autour de la poign&eacute;e de son arme. Le fait qu'il n'ait plus une poigne s&ucirc;re aussi, est un signe. En revanche, le reste de ses muscles semble pris d'une apathie p&acirc;teuse qui l'emp&ecirc;che de tressaillir lorsqu'une masse sombre et pesante s'approche dans son dos. <br />Sans m&ecirc;me se retourner, Luk peut sentir l'aura du colosse blond qui est descendu ici avec lui conform&eacute;ment &agrave; ses ordres. Comme tous ici&hellip;<br />Il essuie la coul&eacute;e de sueur glac&eacute;e qui lui d&eacute;mange la nuque avant de s'exprimer :<br /></span><br />- Bjorn&hellip; <span style="color: #888888;">l&acirc;che t-il simplement d'une voix atone.</span><br /><br /><span style="color: #888888;">L'autre ne r&eacute;pond rien. Il se tient en retrait sans mot dire ni maudire ouvertement les d&eacute;cisions de son sup&eacute;rieur, pourtant forc&eacute;ment discutables vu le r&eacute;sultat ! Lequel sup&eacute;rieur ne se sent d'ailleurs pas encore de taille &agrave; tourner les yeux pour affronter la puret&eacute; de son regard nordique.<br />Sur la quinzaine de guerriers qu'ils &eacute;taient, plus de la moiti&eacute; sont amoch&eacute;s ou tout simplement morts. Encore que la situation n'ait rien de simple ; il y a beaucoup de morceaux &eacute;parpill&eacute;s qu'il va falloir collecter.<br /><br />Les &eacute;paules du Marcheur-des-Cieux s'affaissent encore d'avantage tandis que ses pens&eacute;es s'&eacute;garent sur les reliefs du massacre. Ce n'&eacute;tait pas comme &ccedil;a que c'&eacute;tait cens&eacute; se passer. Non. Pas comme &ccedil;a du tout. Et dire qu'ils n'&eacute;taient que quatre&hellip; et encore, seuls trois ont pris les armes en r&eacute;ponse &agrave; l'attaque tra&icirc;tresse des thuad&egrave;nes emmen&eacute;s par leur si vaillant et si fier capitaine qu'il s'est abaiss&eacute; &agrave; une m&eacute;thode aussi sournoise. Trois contre quinze...<br /><br />Luk hausse l&eacute;g&egrave;rement le menton pour parler, sans pour autant faire mine de se tourner.<br /><br /></span>- Fais venir Faneur-de-la-Tourbe.<br />- Il fait partie de ceux qui ne s'en rel&egrave;veront pas<span style="color: #888888;">, ass&egrave;ne pos&eacute;ment le nordique.</span><br /><br /><span style="color: #888888;">La t&ecirc;te du capitaine retombe sur sa poitrine, abattue. Et comme pour illustrer ses pens&eacute;es, un r&acirc;le plus profond et plus douloureux que les autres s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; cet instant sous la vo&ucirc;te ; un bless&eacute; vient de tr&eacute;passer.<br />En cet instant, le jeune officier serait enclin &agrave; payer cette crasse de sa propre vie si l'on n'avait pas besoin de ses bras pour transporter les morts et les bless&eacute;s. Ah quelle ironie ! Alors qu'il ne reste m&ecirc;me plus assez d'hommes et de femmes valides pour s'acquitter de cette t&acirc;che, le destin a voulu qu'il s'en tire sans une &eacute;gratignure. Peut-on tol&eacute;rer d'un chef qu'il ne partage pas le sort de la majeure partie de ses troupes ? Non, certainement pas non.<br />La voix du capitaine est l&eacute;g&egrave;rement &eacute;trangl&eacute;e par la violence des &eacute;motions qui le traversent lorsqu'il reprend :<br /><br /></span>- Dans ce cas, fais rassembler les morts et les bless&eacute;s Bjorn. Nous quittons ces lieux.<br />- Le trajet serait plus rapide si on revenait chercher les cadavres plus tard, nous ne sommes &hellip;<br />- Bjorn <span style="color: #888888;">(sa voix &agrave; la limite de se briser rec&egrave;le n&eacute;anmoins assez de traces d'autorit&eacute; pour interrompre le colosse)</span> fais ce que j'ai demand&eacute;. Nous ne laisserons aucun d'entre eux sous la vo&ucirc;te rocheuse. Avant ce soir, leurs yeux vides contempleront le ciel. Notre ciel. Et aucun anc&ecirc;tre ne perdra trace de sa descendance sous le plafond imp&eacute;n&eacute;trable de cet &hellip; endroit.<br /><br /><span style="color: #888888;">Oui, plus important que son propre honneur, Luk ne peut laisser ses guerriers sans s&eacute;pulture. Ils ont r&eacute;pondu &agrave; son appel et sont morts en son nom et par son verbe. La responsabilit&eacute; de leur d&eacute;pouille lui revient &agrave; pr&eacute;sent comme un fardeau dont le sang continuera &agrave; d&eacute;go&ucirc;ter sur ses &eacute;paules jusqu'&agrave; sa mort.<br />Ce n'est pourtant pas la premi&egrave;re bataille ou escarmouche que Luk commande. Ce n'est pas la premi&egrave;re fois qu'il engage le fer avec un ennemi. Et ce n'est pas en se tournant les pouces qu'il s'est acquis son nom de Marcheur-des-Cieux. Mais ce qu'il s'est pass&eacute; dans ce sous-sol n'a rien de glorieux. On ne tutoie pas les hauteurs de cette mani&egrave;re mis&eacute;reuse et l&acirc;che. Et lorsqu'on renonce aux codes des guerriers, on a au moins la d&eacute;cence d'&eacute;viter le carnage. <br /><br />Luk retire son casque ornement&eacute; et laisse ses cheveux tremp&eacute;s de sueur lui retomber dans les yeux. Autour de lui, on commence &agrave; s'activer sous les directives de Bjorn. Les g&eacute;missements et les soupirs laissent bient&ocirc;t la place aux ahanements.<br />Lentement, Luk s'appuie d'un genou devant la d&eacute;pouille d'un de ses hommes et d&eacute;pose sa cerveli&egrave;re &agrave; ses cot&eacute;s. Le m&eacute;tal cuivr&eacute; sonne d'une note creuse au contact de la roche. Les yeux tristes du capitaine s'arr&ecirc;tent sur le visage de son soldat.<br />Un gaillard barbu plut&ocirc;t robuste dont les traits attiraient les femmes, il s'en souvient. Ce ne sera plus jamais le cas ; un m&eacute;chant coup de taille a s&eacute;v&egrave;rement compromis cette s&eacute;duction, lui fendant l'arcade sourcili&egrave;re, crevant un &oelig;il au passage et lac&eacute;rant une partie de la joue qui s'ouvre d&eacute;sormais sur une rang&eacute;e de dents irr&eacute;guli&egrave;res dont certaines se sont cass&eacute;es sous l'impact.<br />La balafre est &agrave; l'image de ce combat ; sale et obnubilante. Luk se promet muettement de lui faire fondre un masque fun&eacute;raire pour restaurer l'int&eacute;grit&eacute; de sa beaut&eacute;. Voil&agrave; tout ce qu'il peut faire &agrave; pr&eacute;sent. C'est bien maigre, il en est douloureusement conscient.<br /><br />Le pouvoir des thuad&egrave;nes est-il vraiment en train de s'affaiblir pour qu'une poign&eacute;e d'hommes pris par surprise parviennent &agrave; leur infliger autant de pertes ? Le Gardien avait peut-&ecirc;tre raison. Voil&agrave; ce qu'il en co&ucirc;te de vouloir contrarier le destin.<br />Le temps d'un battement de cils, la raison de Luk vacille au bord de cet abyme bien tentant qu'est le fatalisme. Il se reprend &agrave; temps en croisant &agrave; nouveau le regard du mort &agrave; ses pieds. <br />C'&eacute;tait la bonne d&eacute;cision. Les choses ne se sont simplement pas d&eacute;roul&eacute;es comme pr&eacute;vues. Oui.<br /><br /></span>- Capitaine ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Une voix douce et m&eacute;lodieuse qui tranche compl&egrave;tement sur ce spectacle morbide. Luk rel&egrave;ve les yeux sur l'une des rares soldates encore indemne. Quoiqu'&agrave; la vue du filet vermillon qui suinte sur sa cuisse, il est clair qu'elle ne s'en est pas tir&eacute;e sans dommages. <br />La jeune femme se penche pour attraper les chevilles du barbu d&eacute;figur&eacute; et sourcille &agrave; son attention pour savoir si elle doit l'emporter seul ou s'il compte l'aider.<br />Le prosa&iuml;sme typiquement guerrier dont elle fait preuve tire le Marcheur de ses ruminations. Il se redresse souplement et passe ses poignets sous les aisselles du cadavre pour le soulever. Cahin-caha, ils le transportent sur une aire plus d&eacute;gag&eacute;e et relativement plane o&ugrave; Bjorn fait aligner les morts en rangs serr&eacute;s, comme une troupe de dormeurs arm&eacute;s de pieds en cap pr&ecirc;ts &agrave; se relever au signal. Ce dernier avisant la pr&eacute;sence de son sup&eacute;rieur se tourne vers lui.<br /><br /></span>- Marcheur-des-Cieux, que faisons nous des humains ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Luk se gratte le menton un instant pour r&eacute;fl&eacute;chir. Le sens moral des guerriers lui impose de rendre honneur &agrave; ses adversaires, mais les thuad&egrave;nes sont d&eacute;j&agrave; trop peu nombreux pour convoyer leurs propres fr&egrave;res et s&oelig;urs tomb&eacute;s au combat.<br />Son regard sombre vagabonde d'un corps &agrave; l'autre s'arr&ecirc;tant ici sur une plaie, l&agrave; sur un moignon. Il fronce les sourcils en apercevant le "d&eacute;mon noir" prostr&eacute; un peu plus loin. Ce sabreur si rapide qu'il a fallu la vie de cinq thuad&egrave;nes pour en venir &agrave; bout. Le grand blond &eacute;tait &eacute;galement un sacr&eacute; &eacute;p&eacute;iste, dernier &agrave; tenir t&ecirc;te quand tous ses compagnons &eacute;taient tomb&eacute;s, il ne s'est pas laiss&eacute; avoir sans r&eacute;sistance pour autant. Lui aussi aura co&ucirc;t&eacute; cher.<br />Et puis il y a cet &eacute;trange guerrier cuirass&eacute; dont le bras gauche ne semble fait ni de chair ni de m&eacute;tal. Probablement une magie inconnue. Celui-l&agrave; aura &eacute;t&eacute; coriace mais pas aussi redoutable que les deux autres. <br />Et pour finir, ce vieillard d&eacute;sarm&eacute; et fatigu&eacute; exp&eacute;di&eacute; plut&ocirc;t rapidement. Probablement une sorte de druide, il est certainement pr&eacute;f&eacute;rable de s'&ecirc;tre d&eacute;barrass&eacute; de lui avant qu'il ne rajoute ses pouvoirs dans la balance d&eacute;j&agrave; malmen&eacute;e !<br /><br /></span>- Cap'taine ?<br />- Hmm&hellip;oui. Balan&ccedil;ons les dans le grand foss&eacute; qui s'ouvre derri&egrave;re la seconde coud&eacute;e. Cette grotte sera leur tombeau et nul ne viendra profaner leur sommeil ici. <br /><br /><span style="color: #888888;">Bjorn plisse les yeux devant cette r&eacute;ponse. Tr&egrave;s port&eacute; sur les rituels et les traditions, il ne peut pas approuver. Luk se contente de planter son regard dans le sien et le fixe jusqu'&agrave; ce qu'il s'incline.<br />Le nordique se d&eacute;tourne avec un air pein&eacute; mais s'en va n&eacute;anmoins s'acquitter de la t&acirc;che. Un soupire s'&eacute;chappe de la poitrine de Luk. La guerre n'est m&ecirc;me pas commenc&eacute;e et d&eacute;j&agrave; les r&egrave;gles sont bafou&eacute;es. C'est un climat propice &agrave; la perfidie et la tra&icirc;trise et il ne peut pas s'emp&ecirc;cher de penser qu'il en est responsable. C'est en partie vrai puisque par ses actes il a pr&eacute;cipit&eacute; les choses mais que fallait-il faire ? Attendre et assister &agrave; l'implacable d&eacute;roulement d'&eacute;v&egrave;nements pr&eacute;vus par des proph&egrave;tes babillards ?!<br />Non, il fera tout son possible pour d&eacute;fendre son peuple, m&ecirc;me s'il doit sacrifier tout ce qui fait de lui un thuad&egrave;ne honorable et valeureux.<br /><br />Quelques instants plus tard, le reste de la troupe se met en branle pour &eacute;vacuer les lieux. Luk et Bjorn &agrave; eux seuls transportent quatre corps. Le jeune capitaine met toute son &eacute;nergie &agrave; la t&acirc;che pour s'&eacute;puiser, s'&eacute;reinter et penser &agrave; autre chose qu'aux visions macabres qui hantent d&eacute;sormais son esprit.<br />Ce n'est que lorsque ses bottes foulent l'herbe g&eacute;n&eacute;reuse du <em>Sidh </em>qu'il se rappelle de quelque chose.<br /><br /></span>- Miyanne ! <br /><br /><span style="color: #888888;">Bjorn se retourne vers lui avec une question sur les l&egrave;vres qu'il devance d'une exclamation :<br /><br /></span>- Si le dernier larron est aussi coriace que ces quatre, elle risque d'avoir besoin d'aide. Je vais retourner la chercher.<br />- Sauf ton respect Luk, je ne pense pas que ce soit une bonne id&eacute;e, il vaudrait mieux&hellip;<br />- Je vais la chercher Bjorn. Occupe toi du reste ici.<br />- Capitaine je persiste&hellip;<br />- Peu importe ! C'est moi qui suis &agrave; l'origine de ce carnage, c'est &agrave; moi d'en assumer la charge. <br /><br /><span style="color: #888888;">Il darde un regard br&ucirc;lant sur le colosse, le mettant au d&eacute;fi de contester sa d&eacute;cision avant de conclure d'une voix ardente :<br /></span><br />- Jusqu'au bout.<br /><br /><span style="color: #888888;">Bjorn se serait sans doute inclin&eacute; et Luk serait retourn&eacute; dans la grotte sans l'arriv&eacute;e inattendue d'une seconde troupe, fra&icirc;che et dispose celle l&agrave;. L'homme de t&ecirc;te, s'avance d'un pas et se frappe le pectoral qui rend un son &eacute;pais. <br />Luk l'identifie imm&eacute;diatement sous le nom de Crudug, il n'a jamais aim&eacute; son regard et ses mani&egrave;res emprunt&eacute;es. Il se m&eacute;fie de ce genre de gaillard plus int&eacute;ress&eacute; par leur prestige personnel que par le bien commun des thuad&egrave;nes. Cela dit, m&ecirc;me en &eacute;tant &agrave; la t&ecirc;te des arm&eacute;es, on n'en ma&icirc;trise pas tous les rouages et il existe des hommes qui sont pr&ecirc;ts &agrave; se rallier &agrave; ce genre d'individu. Ce qui en fait des meneurs&hellip;<br /><br /></span>- Luk, honneur &agrave; toi Marcheur-des-Cieux.<br />- Grmbl.<br /><span style="color: #888888;">Ignorant la r&eacute;partie pour le moins incongrue de son sup&eacute;rieur, l'homme reprend d'un ton formaliste.<br /></span>- Le Gardien vous fait demander mon capitaine.<br />- Je le verrai plus tard, j'ai encore &agrave; faire l&agrave; dedans.<br />- Faites excuse, mais il semble que ce soit pressant. Et puis, on nous a envoy&eacute; pr&eacute;cis&eacute;ment pour v&eacute;rifier que tout se passe comme pr&eacute;vu dans la grotte du passage.<br /><br /><span style="color: #888888;">A demi exasp&eacute;r&eacute; par la raideur de son interlocuteur, Luk lui d&eacute;coche un regard froid.<br /></span><br />- Je vais finir cette t&acirc;che. Ensuite seulement je verrai Le Dagda Nuadien. Oserais-tu affronter ma volont&eacute; ?<br />- Eh bien&hellip; c'est que&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Le guerrier se dandine, visiblement mal &agrave; l'aise. Il s'appr&ecirc;te sans doute &agrave; r&eacute;pondre une &acirc;nerie proc&eacute;duri&egrave;re lorsqu'un bruissement monte &agrave; point nomm&eacute; des broussailles pour d&eacute;tourner l'attention. <br />C'est un des petits homoncules qui sillonnent le <em>Sidh</em>. Messagers discrets et corv&eacute;ables &agrave; merci que la troupe prend tant de plaisir &agrave; malmener. Sans un mot, le petit &ecirc;tre bondit de quelques enjamb&eacute;es disgracieuses, s'incline dans une contrefa&ccedil;on de r&eacute;v&eacute;rence et fourre une petite &eacute;meraude sculpt&eacute;e dans les mains du Marcheur-des-Cieux.<br />Ce dernier l&acirc;che une expiration frustr&eacute;e en recevant le message. La confirmation sans &eacute;quivoque que le Gardien le mande s&eacute;ance tenante. Il referme la paume et se r&eacute;signe :<br /><br /></span>- Eh bien ! Si tout doit se liguer contre moi, qu'il en soit ainsi !<br /><br /><span style="color: #888888;">Et sans un regard pour le d&eacute;nomm&eacute; Crudug, il trace la route &agrave; travers les foug&egrave;res, toujours charg&eacute; de sa macabre cargaison.<br />Le Dagda Nuadien n'est plus dans la plaine, il s'est retir&eacute; dans son palais et Luk doit se s&eacute;parer des membres de son infortun&eacute;e &eacute;quip&eacute;e pour r&eacute;pondre &agrave; son appel. Confiant les cadavres et les bless&eacute;s &agrave; la charge de son second, il gravit &agrave; grandes enjamb&eacute;es le tertre qui conduit &agrave; la demeure rocheuse du ma&icirc;tre du Sidh.<br /><br />On pourrait confondre le palais du Gardien avec une quelconque grotte, cavit&eacute; naturelle polie par les &acirc;ges et les ruissellements patients. En r&eacute;alit&eacute;, bien peu dans le <em>Sidh</em>, m&ecirc;me parmi les thuad&egrave;nes, savent qu'il s'agit d'une r&eacute;alisation de cet &ecirc;tre extraordinaire et t&eacute;n&eacute;breux. Chaque repli de la roche, chaque &eacute;pieu calcifi&eacute; est une expression de la volont&eacute; du Gardien. Chacune des gouttelettes limpides qui rampent, glissent et abreuvent les bassins creux sont mues parce qu'il l'a voulu ainsi. <br />De ce fait, rien ni personne ne peut p&eacute;n&eacute;trer cette antre sans &ecirc;tre imm&eacute;diatement d&eacute;cel&eacute; par le ma&icirc;tre des lieux. Log&eacute; dans cet &eacute;crin de roche, Le Dagda dispose d'encore plus de perceptions, comme si sa demeure participait d'une extension de son organisme. Mais bien habile celui qui pourrait cerner les v&eacute;ritables possibilit&eacute;s du Gardien.<br /><br />Luk traverse vivement une grande salle aux parois concaves et s'engage dans un couloir tortueux qui s'enroule sur lui-m&ecirc;me plusieurs fois avant de d&eacute;boucher dans une autre pi&egrave;ce situ&eacute;e en hauteur.<br />C'est ici que se trouvent le tr&ocirc;ne et les attributs du pouvoir ; la masse d'airain et le chaudron d'argent. <br />Quelques cr&eacute;atures ail&eacute;es tapies dans les coins se tiennent pr&ecirc;tes &agrave; r&eacute;pondre aux demandes du Gardien. Pour l'instant, parfaitement immobiles, elles ont de la pierre la couleur et la texture granuleuse. Sans doute invisibles pour l'observateur non averti, elles restent pourtant parfaitement vigilantes ; gargouilles scrutatrices pr&ecirc;tes &agrave; d&eacute;chirer la chair des imprudents &agrave; coups de becs avides. Elle n'ont pas de raison de se manifester et le capitaine leur adresse juste un coup d'oeil rapide.<br /><br />Le Marcheur-des-Cieux n'est jamais &agrave; l'aise avec un obstacle entre sa t&ecirc;te et son domaine d'&eacute;lection, il n'en demeure pas moins parfaitement droit et fier dans la chambre du tr&ocirc;ne. Casque sous le bras, les traces du combat r&eacute;cent maculent encore sa tenue et ses cheveux emm&ecirc;l&eacute;s en m&egrave;ches humides qui encadrent son air sinistre ajoutent une note fatigu&eacute;e et lasse &agrave; son port. Mais peu importent les apparences, le Gardien lit directement dans les c&oelig;urs. <br /><br />Ce dernier n'est en vue nulle part. Le capitaine commence &agrave; s'impatienter. Inquiet pour ses hommes, inquiet pour Miyanne et d&eacute;sireux de rejoindre le c&oelig;ur de l'action au plus vite. Sa voix forte et claire r&eacute;sonne sous les arcades irr&eacute;guli&egrave;res :<br /></span><br />- Le Dagda Nuadien ! Je suis ici conform&eacute;ment &agrave; ta demande. Qu'attends-tu de moi ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Pas de r&eacute;ponse. Ce silence pesant commence &agrave; devenir irritant. Aucun doute que le Gardien sait qu'il est ici et qu'il a parfaitement entendu sa pr&eacute;sentation. Alors pourquoi l'ignore t-il volontairement ? Luk aurait-il fait quelque chose qui aurait contrari&eacute; le ma&icirc;tre du <em>Sidh </em>? Pensant qu'il se doit de poursuivre en se fiant &agrave; son instinct, Luk d&eacute;cide de lui exposer les derniers faits.<br /></span><br />- Nous avons victorieusement &eacute;cras&eacute;s les intrus humains. Je ne m'attendais pas &agrave; une r&eacute;sistance aussi opini&acirc;tre et il me peine de confesser que nos pertes sont catastrophiques. Pourtant je garde la certitude que c'est une bonne chose.<br /><br /><span style="color: #888888;">Un petit raclement pierreux se fait entendre. Pas plus. Comment faut-il l'interpr&eacute;ter ? Luk s'interrompt un instant pour guetter une autre r&eacute;action mais il semble qu'il devra se contenter de ce maigre substitut pour le moment.<br /></span><br />- Les proph&eacute;ties peuvent &ecirc;tre fausses. En voici la preuve ! Je ne nie pas que ce f&ucirc;t difficile mais &hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Cette fois c'est une goutte qui percute distinctement une flaque dont la surface laiteuse se trouble bri&egrave;vement sous l'impact. Le Marcheur d&eacute;cide de continuer.<br /><br /></span>- Le pouvoir des thuad&egrave;nes est peut-&ecirc;tre affaiblit mais pas mort ! Nous pouvons encore lutter. M&ecirc;me si je l'avoue, nous aurions sans doute beaucoup de mal &agrave; r&eacute;sister &agrave; une troupe enti&egrave;re de ces m&ecirc;mes humains.<br /><br /><span style="color: #888888;">Quelques grains de poussi&egrave;re dor&eacute;e s'enroulent autour de ses chevilles.<br /></span><br />- Je sais que j'ai &eacute;t&eacute; oblig&eacute; de recourir &agrave; des m&eacute;thodes d&eacute;shonorables et pour cela, j'accepterai ma punition, mais avant &ccedil;a, je dois achever ma t&acirc;che.<br /><br /><span style="color: #888888;">La poussi&egrave;re se fait plus dense, montant jusqu'&agrave; ses mollets, g&eacute;n&eacute;rant un v&eacute;ritable petit courant d'air tourbillonnant. Il s'amplifie sans cesse et maintenant, quelques particules sablonneuses viennent s'ajouter &agrave; la danse. Le frottement lancinant des graviers irrite ses cuisses nues.<br /></span><br />- Il est possible que nous n'ayons plus cette opportunit&eacute; la prochaine fois. Ils seront peut-&ecirc;tre plus nombreux et d'avantages pr&eacute;par&eacute;s mais &hellip; Je ne veux pas croire que cette mise &agrave; l'&eacute;preuve ait &eacute;t&eacute; une pure perte.<br /><br /><span style="color: #888888;">Une expression de doute et de remords se coule peu &agrave; peu sur le visage d'ordinaire volontaire du capitaine. Et si par ses actes il n'avait fait qu'empirer les choses ? Il reste un humain dans la grotte. Si Miyanne n'en vient pas &agrave; bout, il s'enfuira et reviendra avec des renforts. <br />Et si elle y parvient &agrave; le tuer&hellip; cela signifiera t-il pour autant que le <em>Sidh </em>n'est plus menac&eacute; ? Non, tout ceci n'&eacute;tait que le commencement d'un mouvement in&eacute;luctable qu'il ne pourra pas arr&ecirc;ter en tuant quelques &eacute;claireurs. Quelle devrait &ecirc;tre la r&eacute;ponse d'un guerrier ?<br /><br /></span>- Je vois que j'ai eu tort de me pr&eacute;cipiter ainsi. <span style="color: #888888;">(Il serre le poing et le l&egrave;ve &agrave; hauteur de poitrine). </span>Mais je mesure &agrave; pr&eacute;sent l'&eacute;tendue du p&eacute;ril que nous courrons. Leurs armes sont plus tranchantes et leurs cuirasses plus dures que les n&ocirc;tres. Ils ma&icirc;trisent des pouvoirs qui nous sont inconnus et ils sont anim&eacute;s de rages meurtri&egrave;res qui n'ont rien &agrave; envier aux transes berserks des nordiques.<br /><span style="color: #888888;"><br />Les griffures de l'air abrasif cessent subitement, comme en approbation &agrave; cette derni&egrave;re tirade.</span><br /><br />- A pr&eacute;sent, tu comprends ce que signifie le vent du changement.<br /><br /><span style="color: #888888;">Un murmure dans le creux de son oreille. Luk se retourne sur un sursaut. Une ombre majestueuse le domine de toute sa hauteur. Forme ind&eacute;cise aux contours bleut&eacute;s dont les pulsations puissantes semblent s'accorder au rythme m&ecirc;me de son c&oelig;ur.<br />Sous la terreur induite par la seule aura du Gardien, le jeune guerrier ne peut s'emp&ecirc;cher de ployer les genoux. Il rel&egrave;ve p&eacute;niblement les yeux pour tenter d'affronter le courroux de son ma&icirc;tre r&eacute;solu &agrave; endurer sa sentence avec toute la dignit&eacute; qu'il pourra pr&eacute;server.<br /><br />Mais au lieu de la vague de douleurs qu'il attend et redoute, la puissance se retire lentement comme une vague paresseuse pour ne laisser plus qu'un go&ucirc;t amer sur la langue. Le Gardien semble tout d'abord reculer de quelques pas, mais Luk se rend vite compte qu'en r&eacute;alit&eacute;, c'est sa taille m&ecirc;me qui diminue.<br />Il rapetisse, devient plus ch&eacute;tif et acquiert des contours ind&eacute;niablement f&eacute;minins. L'ombre couronn&eacute;e de bois de cerfs, s'adoucit des courbes attirantes de hanches et de seins. Jamais encore il ne s'&eacute;tait pr&eacute;sent&eacute; de cette mani&egrave;re et le capitaine a bien du mal &agrave; d&eacute;patouiller ce que cela signifie.<br /></span><br />- Nous ne pouvons emp&ecirc;cher les humains de prendre leur tour. C'est ainsi que les choses doivent &ecirc;tre. <br /><br /><span style="color: #888888;">La voix est chaude et tendre, comme celle d'une amante apr&egrave;s la passion. Ce revirement de sensations est aussi soudain qu'il est d&eacute;stabilisant et l'esprit de Luk est incessamment tiraill&eacute; par des bouff&eacute;es d'&eacute;motions contradictoires. La puissante odeur de musc qui lui monte &agrave; la t&ecirc;te n'est sans doute pas &eacute;trang&egrave;re &agrave; sa confusion. La gorge &eacute;trangl&eacute;e, il ne trouve rien &agrave; r&eacute;pondre.<br /></span><br />- Mais tu verras Marcheur-des-Cieux. Tu comprendras pourquoi les cycles doivent s'accomplir. Et lorsque je ne serai plus, m&ecirc;me eux, petites cr&eacute;atures impulsives et chaudes, regretteront de nous avoir d&eacute;truits. <br /><br /><span style="color: #888888;">Entendre &agrave; nouveau ce fatalisme angoissant se d&eacute;verser par la bouche m&ecirc;me de celle qui repr&eacute;sente le principe m&ecirc;me de la vie flanque un frisson &agrave; Luk qui lui d&eacute;verrouille la langue.<br /></span><br />- N'y a-t-il donc aucune alternative ?!<br /><br /><span style="color: #888888;">La Gardienne hoche la t&ecirc;te lentement, comme attrist&eacute;e. Mais il est impossible de discerner la moindre expression de son visage.<br /><br /></span>- Mon guerrier, tu es fort et puissant, mais il te manque encore la sagesse et le savoir qui te seront n&eacute;cessaire pour prendre la t&ecirc;te de notre peuple.<br />- Je ne veux pas prendre la t&ecirc;te de notre peuple ! Je ne suis pas&hellip;je ne peux pas ! Tu es la gloire des thuad&egrave;ne La Dagda Nuadienne ! Celle par qui la vie arrive !<br /><br /><span style="color: #888888;">Par ses paroles Luk r&eacute;alise soudainement avec quelle facilit&eacute; il a assimil&eacute; le changement de genre de son interlocutrice. Il est &agrave; pr&eacute;sent incapable de penser &agrave; la Gardienne en des termes masculins. Aussi vrai qu'elle repr&eacute;sentait la virilit&eacute;, l'ardeur combattante des m&acirc;les, elle diffuse &agrave; pr&eacute;sent la r&eacute;solution et la perception terrestre du temps et des saisons des femmes.<br /></span><br />- Non, je ne suis qu'un principe instruit. Une cr&eacute;ature dot&eacute;e d'un potentiel suffisant pour apprendre et &eacute;voluer. Et toi aussi, bient&ocirc;t, tu &eacute;volueras. Je regrette que nous ne disposions pas de plus de temps, mais il est des choses qui doivent s'effectuer dans la pr&eacute;cipitation et le chaos pour qu'il y ait un avenir.<br /><br /><span style="color: #888888;">La clairvoyance qui transpara&icirc;t dans ses propos ne laisse place &agrave; aucune contestation. C'est la v&eacute;rit&eacute;, simple et nue, si profonde qu'elle semble grav&eacute;e dans la roche autour d'eux. Elle se cache dans le reflet des gouttes d'eau, elle se murmure dans les soupirs caverneux des courants d'air qui traversent le palais.<br /><br /></span>- Les thuad&egrave;nes ont longtemps marqu&eacute; la terre de leur empreinte. Ils ont pr&eacute;par&eacute; la voie et nous devons nous r&eacute;jouir que nos successeurs soient pr&ecirc;ts prendre notre suite. Ainsi, ce que nous avons construit se perp&eacute;tuera &agrave; travers leur &oelig;uvre. Tout comme notre propre r&egrave;gne s'est &eacute;difi&eacute; sur les ruines du pouvoir des fomoires.<br /><br /><span style="color: #888888;">La mince silhouette t&eacute;n&eacute;breuse agite quelques unes des extensions fibreuses qui la recouvrent. Elle &eacute;carte lentement les bras et reprend :<br /><br /></span>- Souviens toi de ceci Luk le Marcheur-des-Cieux : seule la contrainte et le manque peuvent initier le changement. C'est du chaos que proc&egrave;de l'ordre et non l'inverse.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le capitaine abasourdi par ce discours se pince l'ar&ecirc;te du nez et tente de choisir l'une des nombreuses questions qui se bousculent dans son esprit.<br /></span><br />- Mais si nous devons &ecirc;tre d&eacute;truits. A quoi bon parler de l'avenir ? De quel peuple penses-tu me remettre la garde si nous tr&eacute;passons tous ? <br /><br /><span style="color: #888888;">L'ombre lui offre rire charmant et tellement frais qu'il effiloche une partie de la tension qui p&egrave;se sur les &eacute;paules de Luk.<br /></span><br />- Rien n'est assez absolu pour d&eacute;cider d'une destruction totale. Et m&ecirc;me si nous &eacute;coutons les proph&eacute;ties, il n'est pas dit que nous y passerons jusqu'au dernier sur une ultime bataille. Non, il y aura des survivants, il y aura des rescap&eacute;s. Et ce sont eux qui tu devras mener. Le <em>Sidh </em>ne sera plus jamais un refuge pour eux et tu auras la lourde t&acirc;che de leur trouver une nouvelle terre d'accueil ou les thuad&egrave;nes pourront d&eacute;finitivement &ecirc;tre oubli&eacute;s.<br />- Comment ?<br />- Il faudra lutter. Et tu es fait pour &ccedil;a, tu l'as d&eacute;j&agrave; d&eacute;montr&eacute; aujourd'hui. Il faudra contrarier les tendances pour en tirer un petit fil et le garder pr&eacute;cieusement. Il y aura certainement beaucoup d'impr&eacute;vus et d'al&eacute;as. Nous devons compter sur le chaos pour se d&eacute;cha&icirc;ner afin d'en profiter autant que nous en souffrirons.<br />- Alors tu peux &ecirc;tre sauv&eacute;e ! Si la mort n'est pas la seule issue pour tous, tu&hellip;<br />- Peut-&ecirc;tre&hellip;peut-&ecirc;tre pas.<br /><br /><span style="color: #888888;">Les mains fines mais pourtant puissantes de la Gardienne attrapent Luk par les &eacute;paules pour le relever.<br /></span><br />- Maintenant va, Marcheur-des-Cieux. Agis selon ton instinct et ne recule devant rien pour pr&eacute;server ce qui peut l'&ecirc;tre dans la d&eacute;b&acirc;cle qui s'annonce. Ainsi doit s'achever notre cycle : dans la douleur et la violence.<br /><br /><span style="color: #888888;">La consigne s'imprime profond&eacute;ment dans l'esprit du capitaine et il comprend soudainement que le motif de cette entrevue n'&eacute;tait nul autre que ceci : lui graver cette marque de la volont&eacute; de la Gardienne pour qu'il ne l&acirc;che jamais prise. <br />Inclinant l&eacute;g&egrave;rement la t&ecirc;te, Luk contourne l'ombre et s'appr&ecirc;te &agrave; quitter les lieux lorsqu'il est interrompu par une salve sonore. <br /></span><br />- Mais n'oublie pas ce que tu m'as promis. <br /><span style="color: #888888;">Le Gardien a repris sa voix et probablement son apparence habituelle.</span><br />- Avant la fin, tu d&eacute;poseras l'ondine &agrave; mes pieds pour que je la soumette &agrave; notre volont&eacute;. Une telle cr&eacute;ature ne saurait rester aux mains des Fir Bolgs et je redoute ce qu'il pourrait arriver si quelqu'un d'autre en prenait le contr&ocirc;le&hellip;humains ou fomoires&hellip;<br /><br /><span style="color: #888888;">Les fomoires ne sont pas cens&eacute;s &ecirc;tre morts ?? Voil&agrave; qui ajoute encore de l'incertitude dans les pens&eacute;es d&eacute;j&agrave; embrouill&eacute;es du capitaine. "Rien n'est assez absolu pour d&eacute;cider d'une destruction totale" a-t-il dit. Sans doute est-ce &eacute;galement valable pour leurs anciens ennemis.<br />Voil&agrave; qui est inqui&eacute;tant, cette ondine pourrait bien &ecirc;tre un gravier de plus dans la botte des thuad&egrave;nes. <br /><br />En quittant le palais, une sombre satisfaction &eacute;claire le visage du Marcheur-des-Cieux.&nbsp; Il poss&egrave;de &agrave; pr&eacute;sent suffisamment de volont&eacute; pour freiner les humains. Il se f&eacute;licite d'&ecirc;tre all&eacute; &agrave; leurs devants et d'avoir sauvagement sacrifi&eacute; autant de vie pour n'en tuer que quatre. Oui, tous les moyens seront bons et valables. Plus rien ne doit entraver les actes des thuad&egrave;nes dans ce chant du cygne qui, s'il ne sera pas magnifique sera au moins impressionnant.<br /><br />En prenant pied au sommet de la colline qui surplombe la plaine aux piliers, le Marcheur-des-Cieux peut admirer toute l'&eacute;tendue de leur peuple sur le pied de guerre. Il accueille la caresse douce du vent dans ses cheveux avec un plaisir rendu plus aigu par la proximit&eacute; de la fin. <br />Non il n'y aura pas de fatalisme. Son regard sombre prend une teinte plus profonde et plus noire. Son visage se pare de traits qu'on ne lui connaissait pas jusque l&agrave;, lui conf&eacute;rant une intense aura de respect et de force, mais l'affligeant &eacute;galement des marques de la rage et de la hargne qui couvent d&eacute;sormais en lui. </span></span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-27-depouilles-et-depouillement-a1002602" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Chapitre+27+%3A+D%C3%A9pouilles+et+d%C3%A9pouillement&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-27-depouilles-et-depouillement-a1002602" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/twitter.png" alt="Twitter" class="icon" /></a> <a 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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 12:04:21 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/chapitre-27-depouilles-et-depouillement-a1002602</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-02-10T12:04:21+01:00</dc:date>
	</item>
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		<title><![CDATA[Chapitre 26 : Syllabe changeante.]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/chapitre-26-syllabe-changeante-a989641</link>
		<description><![CDATA[Lorsqu'elle reprend conscience, une flop&eacute;e de sensations agressives se disputent la faveur de son attention. C'est d'abord un grand frisson accompagn&eacute; de spasmes violents. Puis c'est cette douleur musculaire qui lui cisaille les articulations, comme si on venait de raccommoder ses coudes, ses...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">Lorsqu'elle reprend conscience, une flop&eacute;e de sensations agressives se disputent la faveur de son attention. C'est d'abord un grand frisson accompagn&eacute; de spasmes violents. Puis c'est cette douleur musculaire qui lui cisaille les articulations, comme si on venait de raccommoder ses coudes, ses genoux et m&ecirc;me ses phalanges, un par un avec du fil de fer grossier.<br />Il y a &eacute;galement cette sph&egrave;re creuse et incisive qui agrandit la cavit&eacute; b&eacute;ante de son estomac gargouillant, le go&ucirc;t acide sur sa langue p&acirc;teuse, les remugles aigres qui lui irritent les narines et lui flanquent la naus&eacute;e. Et pour finir, il y a cette impression que sa t&ecirc;te va exploser si elle n'entend ne serait-ce qu'un seul murmure. <br /><br />Thrace &eacute;merge enfin des limbes avec le regard flou et papillonnant de celle qui vient de faire une visite approfondie d'un gouffre abyssal aux parois de n&eacute;ants. Elle tente de bouger un bras et sent une pr&eacute;sence glac&eacute;e couler le long de sa peau nue. Elle se fige mais le mouvement se poursuit ; tout en cliquetis et en raclements m&eacute;talliques qui d&eacute;bouche sur un fracas soudain dont les &eacute;chos lui &eacute;corchent les tympans. <br /><br />L'ondine porte deux doigts &agrave; sa tempe et grimace. Bon, sa t&ecirc;te est toujours enti&egrave;re. Elle parvient &agrave; se redresser prudemment et lentement, provoquant d'autres chutes des mailles de cet acier si froid. <br />Des cha&icirc;nes. Non point fix&eacute;es mais juste pos&eacute;es en travers de son buste. <br /><br />Pourquoi ? Thrace ach&egrave;ve de se d&eacute;barrasser des derni&egrave;res longueurs &agrave; gestes lents et impr&eacute;cis. Ses mains tremblent et elle se sent path&eacute;tiquement faible. Faible comme elle ne l'a jamais &eacute;t&eacute;. <br />En se redressant totalement, des m&egrave;ches &eacute;parses de ses cheveux lui tombent sur les &eacute;paules et devant les yeux. Elle prend une inspiration dans l'air froid, ferme les yeux et tente de faire le point.<br /><br />C'est &agrave; ce moment qu'elle prend conscience de sa nudit&eacute;. Un sursaut, un manquement dans la succession des battements de son c&oelig;ur et il s'en faut de peu pour provoquer un nouveau spasme g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;. L'ondine fronce les sourcils et resserre ses bras h&eacute;riss&eacute;s de chair de poule autour de sa tendre poitrine ind&ucirc;ment expos&eacute;e. <br /><br />Pourquoi ?! Toujours la m&ecirc;me question, un peu plus agac&eacute;e cette fois. Elle constate avec un soulagement tout mitig&eacute; qu'elle n'est d&eacute;v&ecirc;tue qu'&agrave; partir de la taille. Quoiqu'il se soit pass&eacute;, une partie de sa dignit&eacute; est intacte. Elle ne sait pas pourquoi, mais &ccedil;a lui semble particuli&egrave;rement important en cet instant de d&eacute;pouillement total. <br />D'ailleurs ici, tout semble si nu. Depuis les murs lisses jusqu'aux dalles r&eacute;guli&egrave;res. La seule source de lumi&egrave;re faiblarde semble provenir directement de sa couche. C'est &eacute;trange, il en &eacute;met une vibration sourde et presque envo&ucirc;tante qui semble p&eacute;trir l'int&eacute;rieur m&ecirc;me de son corps. L'effet est &agrave; peu pr&egrave;s aussi apaisant qu'inqui&eacute;tant. C'est peut &ecirc;tre une des raisons qui font qu'elle s'est endormie profond&eacute;ment &agrave; en perdre le fil de la r&eacute;alit&eacute;.<br /><br />Les &eacute;v&egrave;nements lui reviennent peu &agrave; peu en m&eacute;moire tandis qu'elle d&eacute;taille la salle sombre et glaciale. Elle a &eacute;t&eacute; malade, tr&egrave;s malade. C'est arriv&eacute; juste apr&egrave;s le combat. Le combat contre qui d&eacute;j&agrave; ? C'&eacute;tait un grand gaillard &agrave; la peau rouge. Non ce n'est pas &ccedil;a. Il y a un d&eacute;tail important &agrave; propos de sa peau mais &hellip; <br />L'ondine fatigu&eacute;e soupire de frustration. Que lui arrive t-il ? Elle se sait d'ordinaire plus r&eacute;sistante et plus r&eacute;active. <br /><br /></span>- C'est probablement ce froid, <span style="color: #888888;">&eacute;nonce t-elle &agrave; haute voix, autant pour se convaincre elle-m&ecirc;me que pour tester le son de sa voix. Le r&eacute;sultat est le m&ecirc;me dans les deux cas ; Thrace se racle plusieurs fois la gorge avec une irritation grandissante.<br /><br />Il est des choses que l'ondine d&eacute;teste, comme d'&ecirc;tre totalement d&eacute;munie des moyens de r&eacute;cup&eacute;rer un peu de superbe et de prestance. Comment en est-elle arriv&eacute;e l&agrave; ? Que s'est-il pass&eacute; bon sang ?! La col&egrave;re qui monte peu &agrave; peu dans ses veines lui r&eacute;chauffe le corps et l'esprit, elle frappe du poing sur la pierre dure qui lui sert de lit. De la pierre et des cha&icirc;nes, c'est probablement une prison. Mais dans ce cas, qui en sont les gardiens ?<br /><br />Alors comme en r&eacute;ponse &agrave; cette derni&egrave;re question, une trappe s'ouvre dans le plafond et une silhouette trapue en tombe. Rapidement suivie par d'autres, c'est bient&ocirc;t toute une troupe qui se regroupe autour d'elle, dans le faible halo de lumi&egrave;re dispens&eacute;e par la pierre phosphorescente o&ugrave; elle repose. Thrace sourcille plusieurs fois, sa m&acirc;choire se d&eacute;croche. Oui il y a bien un d&eacute;tail &agrave; propos de la peau&hellip; &agrave; propos de leur peau&hellip; ils n'en ont pas. Elle avait oubli&eacute; l'aspect monstrueux et repoussant de ses h&ocirc;tes contrefaits.<br /><br />Maintenant elle se rappelle. Le grand escogriffe qui &eacute;tend ses bras d&eacute;mesur&eacute;s et filiformes vers elle, Jetuk, est une sorte de meneur par ici. Un type &agrave; avoir &agrave; la bonne. Difficile de savoir s'il lui sourit mais il n'a pas l'air contrari&eacute; de la voir r&eacute;veill&eacute;e. Au contraire en fait.</span><br /><br />- Thrace ! Il nous semblait avoir entendu les cha&icirc;nes ricocher sur le sol. Tu es enfin de retour parmi nous.<br /><br /><span style="color: #888888;">Le ton est chaleureux mais quelque chose dans son attitude l'inqui&egrave;te. Ce cot&eacute; un peu trop possessif, comme s'ils faisaient partie de la m&ecirc;me famille.<br />Thrace fait de son mieux pour se couvrir et r&eacute;pond d'un ton mal assur&eacute; :</span><br /><br />- Jetuk &hellip; je &hellip; o&ugrave; sont mes v&ecirc;tements ?!<br /><br /><span style="color: #888888;">Voil&agrave; le plus pressant ! Ca caille bordel et ce n'est pas en restant comme &ccedil;a que &ccedil;a va s'arranger. Sans compter le minimum de pudeur </span></span><span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">requise </span></span><span style="font-size: small;"><span style="color: #888888;">lorsque l'on est une jeune fille en pr&eacute;sence de m&acirc;les&hellip; aussi alt&eacute;r&eacute;s soient-ils.</span><br /><br />- Tu n'en auras bient&ocirc;t plus besoin petite s&oelig;ur.<br /><span style="color: #888888;">Celui-l&agrave;, avec ses cornes, hum&hellip; Kernal, voil&agrave;. &nbsp;</span><br />- Tiens donc ! En quel honneur ? Je n'ai pas le souvenir d'&ecirc;tre entr&eacute;e dans votre harem !<br /><span style="color: #888888;">L'expression mordante qui se griffe en travers de son visage en dit suffisamment long sur la dose tr&egrave;s r&eacute;duite de contrari&eacute;t&eacute;s qu'elle est pr&ecirc;te &agrave; encaisser pour le moment.<br /></span>- Donnez moi quelque chose &agrave; me mettre sur le dos ! J'ai froid bon sang !<br />- Du calme&hellip;<br />- Je SUIS calme ! <br /><span style="color: #888888;">Jetuk se tourne tranquillement vers ses acolytes et les repousse en arri&egrave;re &agrave; grands gestes des bras.<br /></span>- Messieurs, retirons nous, vous voyez bien qu'elle a encore besoin de repos.<br />- Mais&hellip;<br />- Aller !<br /><br /><span style="color: #888888;">Et sur un claquement de doigts imp&eacute;rieux, toute la clique obtemp&egrave;re bon gr&eacute; mal gr&eacute;. Thrace, en tout cas, leur en sait gr&eacute;e de bien vouloir lui foutre un peu d'intimit&eacute;.<br />De nouveau seule, elle d&eacute;cide de passer &agrave; l'action. Ses jambes basculent par-dessus la dalle de pierre translucide qui diffuse son halo blanch&acirc;tre, elle tente de se planter sur ses guibolles. <br />La pi&egrave;ce se met imm&eacute;diatement &agrave; tanguer dangereusement et elle est contrainte de r&eacute;int&eacute;grer dare dare une position assise plus prudente. Tout devient sombre, elle cligne des yeux plusieurs fois, ne sachant trop s'il vaut mieux de les garder ferm&eacute;s ou non. <br />Toute occup&eacute;e &agrave; emp&ecirc;cher un nouveau filet de bile de franchir ses l&egrave;vres gerc&eacute;es, elle ne remarque pas l'approche discr&egrave;te d'un &eacute;corch&eacute; dans son dos.<br /><br /></span>- Thrace.<br /><br /><span style="color: #888888;">Elle sursaute et se retrouve titubante, face &agrave; un Jetuk visiblement tout penaud. Ce dernier la rattrape par la taille de justesse lorsqu'elle perd l'&eacute;quilibre et la guide doucement vers le lit de pierre.<br /><br /></span>- Jetuk ! Tu ne sais pas t'annoncer ?<br />- D&eacute;sol&eacute;, je ne voulais pas te faire peur. Hem, je t'apporte tes v&ecirc;tements.<br />- Merci, <span style="color: #888888;">l&acirc;che t-elle d'un ton acide.<br /><br />Elle ne d&eacute;daigne cependant pas ce qu'il d&eacute;pose &agrave; ses cot&eacute;s. Une tunique noire et des pi&egrave;ces de cuir vari&eacute;es qui lui servent de protection. Elle tente de passer le tissu sombre par-dessus sa t&ecirc;te mais perd &agrave; nouveau l'&eacute;quilibre en l'absence de point de rep&egrave;re. Une main pr&eacute;venante vient lui saisir le biceps. Thrace se rebiffe d'un geste brusque.<br /></span><br />- Laisse moi ! Je vais y arriver, je ne suis pas gourde !<br /><br /><span style="color: #888888;">Effectivement, elle finit par passer les bras dans les manches et la t&ecirc;te par le col apr&egrave;s plusieurs essais infructueux. Elle parvient &eacute;galement &agrave; boucler sa ceinture mais ses doigts tremblent trop lorsqu'elle tente de s'atteler &agrave; son armure de cuir ou son masque noir. <br />Sentant une crise venir, Thrace inspire profond&eacute;ment et d&eacute;cide de repousser le reste &agrave; plus tard. Elle croise les bras sur sa poitrine maintenant v&ecirc;tue et plante son regard sombre dans les yeux du grand &eacute;corch&eacute;.<br /><br /></span>- Jetuk, je veux la v&eacute;rit&eacute; aussi simple et nue que je l'&eacute;tais lorsque je me suis r&eacute;veill&eacute;e. Pourquoi &eacute;tais-je &eacute;tendue ici ? Pourquoi suis-je dans cet &eacute;tat ?<br /><span style="color: #888888;">Le d&eacute;mon rouge hausse ses &eacute;paules osseuses et craque sa m&acirc;choire. D'un geste bref, il indique la st&egrave;le de pierre.<br /></span>- Tu permets que je m'assoie &agrave; tes cot&eacute;s ?<br /><span style="color: #888888;">Elle acquiesce d'un mouvement de menton sec qu'elle regrette aussit&ocirc;t &agrave; cause des &eacute;lancements que &ccedil;a provoque sous son cr&acirc;ne. La douleur et la faiblesse se conjuguent pour la barder de mauvaise humeur. Il vaudrait mieux que Jetuk ne tourne pas autour du pot.<br /></span><br />- Et bien je pourrais te donner les raisons m&eacute;dicales ou bien encore t'expliquer ce qu'il va arriver ensuite, mais je pense que le mieux pour toi &agrave; ce stade reste encore d'entendre la suite de notre histoire.<br /><span style="color: #888888;">Mauvais d&eacute;but, la botte de l'ondine vient frapper brutalement le sol.</span><br />- Jetuk ! Tu es celui qu'on appelle l'Orateur hein ! Et bien je ne veux pas de discours, je veux une explication ! Je ne veux pas de grands gestes des bras, je veux combler ce vide qui s&eacute;pare la fin du combat et mon r&eacute;veil !<br /><br /><span style="color: #888888;">L'&eacute;corch&eacute; la consid&egrave;re un moment silencieusement, formulant sans doute plusieurs r&eacute;ponses avant de les rejeter aussit&ocirc;t. Thrace se morig&egrave;ne de ne pas &ecirc;tre capable de rassembler ses esprits toute seule. Depuis toujours, elle a appris &agrave; ne compter que sur elle-m&ecirc;me. Devoir attendre la bonne volont&eacute; d'un autre est une torture mentale insupportable. <br />Sa patience d&eacute;j&agrave; mise &agrave; rude &eacute;preuve s'effiloche comme un ruban de laine mal tricot&eacute;. Elle s'appr&ecirc;te &agrave; grogner derechef lorsque l'Orateur se d&eacute;cide enfin &agrave; prendre la parole :<br /></span><br />- Thrace, tu portes la marque et tu as vaincu l'un des n&ocirc;tres en combat singulier. Cela fait de toi une fomoire &agrave; part enti&egrave;re. Enfin presque, il reste une &eacute;tape.<br />- Moi une fomoire ? Une &eacute;tape ?<br />- Oui. La derni&egrave;re &eacute;tape consiste bien s&ucirc;r &agrave; te r&eacute;v&eacute;ler sous ta v&eacute;ritable apparence.<br /><br /><span style="color: #888888;">L'ondine cille &agrave; ces derniers mots. Sa v&eacute;ritable apparence ? Veut-il parler de sa forme liquide ? Elle sait qu'elle ne peut pas utiliser ce pouvoir ici, la temp&eacute;rature trop basse l'en emp&ecirc;che. Mais de toute fa&ccedil;on, le probl&egrave;me n'est pas l&agrave;. Il n'est pas question de devenir une fomoire. Ca n'a jamais fait partie de ses objectifs et elle ne voit pas pourquoi &ccedil;a changerait. <br />Avant qu'elle ne puisse interposer le fruit de ses r&eacute;flexions, Jetuk reprend avec emphase :<br /></span><br />- Nous t'accueillerons avec la plus grande joie parmi nous. Les &eacute;lus sont rares, et les &eacute;lues encore plus ! <br /><span style="color: #888888;">Il accentue le "e" de "&eacute;lues" pour faire sentir la diff&eacute;rence.</span><br />- Qu'est ce qui vous fait croire que je suis celle que vous cherchez ?!<br />- Pas celle, l'une de celles.<br />- Je ne go&ucirc;te pas le sel de la plaisanterie,<span style="color: #888888;"> s'impatiente t-elle.</span><br />- Ce n'est pas une blague Thrace. La marque ne trompe jamais.<br />- Mais quelle est cette marque foutrenoir ?! J'en ai plein les oreilles mais je ne sais m&ecirc;me pas de quoi on parle !<br /><span style="color: #888888;">Sous la vigueur l'ondine d&eacute;nude ses dents sur une grimace furieuse. Jetuk hoche la t&ecirc;te avec c&eacute;r&eacute;monie et se fend de ce que l'on pourrait appeler un sourire.<br /></span>- Pr&eacute;cis&eacute;ment ce que tu es en train d'exhiber sous mes yeux, &ocirc; imp&eacute;tueuse jeune fille.<br />- Q-quoi ?<br />- Les crocs qui poussent dans ta m&acirc;choire. Tu n'avais pas remarqu&eacute; ?<br /><br /><span style="color: #888888;">L'ondine sursaute brutalement sous le coup de cette r&eacute;v&eacute;lation. D'abord elle ne veut pas le croire. Et puis quelques bribes lui reviennent. <br />Le sourire amus&eacute; de ce n&eacute;cromancien lorsqu'elle s'est irrit&eacute;e contre lui. Et puis plus tard, la r&eacute;action de son adversaire et des t&eacute;moins du duel lorsqu'elle s'est laiss&eacute;e gagner par la fureur du combat. <br />Chez elle, retrousser les l&egrave;vres est un r&eacute;flexe li&eacute; &agrave; la f&eacute;rocit&eacute; de sa col&egrave;re. <br />Elle n'ose pas v&eacute;rifier ce que le regard des autres a d&eacute;j&agrave; confirm&eacute;. Et pourtant, c'est presque sans s'en rendre compte qu'elle l&egrave;ve une main h&eacute;sitante pour promener la pulpe de ses doigts sur les contours de sa dentition. La conclusion s'abat sur ses &eacute;paules comme une chape de plomb. Quatre pointes saillent aux emplacements de ses canines. Deux en bas et deux en haut. Pas vraiment prononc&eacute;es au point de la g&ecirc;ner quand elle ferme la bouche mais d&eacute;finitivement protub&eacute;rantes.<br /><br /></span>- Tu vois, c'est d&eacute;j&agrave; commenc&eacute;. C'est pour &ccedil;a que nous t'avons transport&eacute; ici lorsque tu as manifest&eacute; les premiers sympt&ocirc;mes de vomissements. Les rayons qui &eacute;manent de cette pierre acc&eacute;l&egrave;rent la m&eacute;tamorphose et rendent le passage moins difficile.<br /><br /><span style="color: #888888;">Cette fois, Thrace bondit litt&eacute;ralement de la st&egrave;le, osille un instant et se stabilise p&eacute;niblement. Son c&oelig;ur bat la chamade et elle se tortille sur place comme press&eacute;e par un besoin naturel. Son estomac vient de s'entortiller autour de ses chevilles et ce qu'il restait de salive dans sa bouche vient d'&eacute;vacuer les lieux pour perler &agrave; la surface de son front sous forme de sueur maladive.<br /></span><br />- La m&eacute;tamorphose ?!<br />- Je te l'ai dit Thrace, pour que ta gloire de fomoire se d&eacute;ploie totalement, il faut que tu perdes cette apparence de mortelle petite humaine. Bient&ocirc;t, tu seras comme nous ! Tu te d&eacute;barrasseras de cette enveloppe de peau inutile pour donner libre court au potentiel d&eacute;cupl&eacute; de tes muscles mis &agrave; nus. Et pour la premi&egrave;re fois depuis des centaines d'ann&eacute;es, il y aura une femme parmi les Seigneurs Rouges !<br /><br /><span style="color: #888888;">Il prononce ces mots d'un air exalt&eacute; et &eacute;carte grands les bras ce faisant. Thrace est horrifi&eacute;e par ce qu'elle pense comprendre. Elle voudrait l'interrompre mais les mots lui manquent. Ce qu'il sugg&egrave;re est tellement abominable qu'elle est prise de tremblements qui lui font claquer les dents. Etre comme eux ? Perdre sa peau et adopter un corps grotesque et difforme ?! <br />Non ce n'est pas possible. Et l'autre qui continue, imperturbable malgr&eacute; la d&eacute;tresse &eacute;vidente de son interlocutrice m&eacute;dus&eacute;e. Il expose sa th&eacute;orie comme un bambin tout fier d'une d&eacute;couverte. <br /></span><br />- Nous sommes parvenus &agrave; emprisonner une partie de la magie du Gardien dans cette pierre particuli&egrave;rement r&eacute;ceptive en l'exposant devant le C&oelig;ur pendant des ann&eacute;es. Tu te souviens que nous t'avons racont&eacute; comment cette m&ecirc;me magie nous a d&eacute;form&eacute;.<br />Alors, patiemment, nous l'avons soumise et alt&eacute;r&eacute;e pour que cette &eacute;nergie incroyablement puissante serve nos desseins. Nous savions qu'il y aurait un moyen utile de nous en servir plus tard. <br />Et encore une fois, notre patience s'est montr&eacute;e payante, car toi, Thrace, aujourd'hui tu as l'honneur d'&eacute;trenner cette m&eacute;decine. Gr&acirc;ce &agrave; cette pierre, les douleurs et le temps de la m&eacute;tamorphose sont grandement r&eacute;duits ! <br />Et pour en finir avec les d&eacute;tails triviaux, nous avons pris la libert&eacute; d'&ocirc;ter tes v&ecirc;tements pour que ta peau soit directement en contact avec la pierre. Les ondes se propagent&nbsp; d'autant mieux ainsi.<br /><br /><span style="color: #888888;">"Les d&eacute;tails triviaux". Il a le sens de la formule lui. L'ondine parvient &agrave; moduler une exclamation aigue qui jaillit de sa gorge.<br /></span><br />- Mais je ne veux pas !<br /><span style="color: #888888;">Pour le coup, Jetuk se raidit, surpris.</span><br />- Comment ?<br />- Je ne VEUX PAS changer. Je suis une ondine, moi Thrace ! Pas l'une des v&ocirc;tres ! Je ne veux pas ! Qui accepterait cette apparence repoussante ?? Pourquoi ? Pourquoi ??<br />- Tu ne veux pas ? Oh je comprends bien s&ucirc;r, cela fait partie du proc&eacute;d&eacute;, mais tu comprendras vite les avantages de&hellip;<br />- NON Jetuk ! Ca n'a jamais fait partie de notre accord. Je devais vous aider &agrave; vaincre le Gardien, pas lier mon destin au votre. Je suis fi&egrave;re de ce que je suis et je ne veux pas changer !<br /><br /><span style="color: #888888;">Le grand &eacute;corch&eacute; fait mine de poser ses mains aux longs doigts sur les &eacute;paules de la jeune ondine mais se ravise judicieusement en avisant son air meurtri. Il adopte le ton tendre et paternel d'un professeur patient :<br /><br /></span>- Thrace. Ce que tu &eacute;prouves est normal, il est toujours difficile d'abandonner une existence pour en embrasser une autre. Crois moi, tu te sentiras tellement plus forte apr&egrave;s ! Pense &agrave; la jouissance que tu &eacute;prouveras en faisant partie int&eacute;grante de notre race ancienne aux pouvoirs immenses. Pense aux connaissances ! Oui, tu seras &eacute;panouie comme jamais et tes possibilit&eacute;s ne cesseront de cro&icirc;tre &agrave; la mesure de ton immortalit&eacute;.<br />- Immortalit&eacute;&hellip;<span style="color: #888888;"> elle r&eacute;p&egrave;te ce dernier mot d'une voix atone et Jetuk prend &ccedil;a pour une ouverture. </span><br />- Oui ! Nous disposons d'une long&eacute;vit&eacute; si persistante que la plupart des races nous qualifient d'immortels. Et c'est vrai &agrave; bien des &eacute;gards m&ecirc;me s'il s'agit en r&eacute;alit&eacute; d'une forme de vieillissement particuli&egrave;rement ralentie.<br /><br /><span style="color: #888888;">Ne plus mourir. Continuer &agrave; vivre et &agrave; exp&eacute;rimenter sans vraiment go&ucirc;ter la saveur de ce qui fait l'&eacute;ph&eacute;m&egrave;re de l'existence. Cela ressemble &agrave; quelque chose d'atrocement plat et fig&eacute;. Et pour une fille d'eau dont l'essence et de toujours courir, cette id&eacute;e est r&eacute;vulsante. Non, rien ne pourrait &ecirc;tre pire que l'immortalit&eacute;, toute relative soit-elle.<br /></span><br />- Non. Non je ne veux pas Jetuk. Tu ne comprends pas que c'est justement la proximit&eacute; de la mort qui donne toute la profondeur de mon existence.<br />- A quoi bon disposer de grands pouvoirs si ce n'est pas pour en profiter sur une longue p&eacute;riode ?<br />- Je me fiche d'avoir des pouvoirs ! Je m'en fiche ! Je suis heureuse d'&ecirc;tre mise &agrave; l'&eacute;preuve de ma faiblesse. Je suis &eacute;panouie quand je surmonte mes limites ! C'est ma mani&egrave;re d'&ecirc;tre vraie !<br /><br /><span style="color: #888888;">Sa voix se brise sur la fin de cette tirade qui puise dans ses derni&egrave;res forces. Mais de m&ecirc;me que celui qui n'a jamais peur ne comprendra jamais le courageux, Jetuk ne semble pas comprendre le point de vue de Thrace. Il rejette son argument d'un revers de main et finit par r&eacute;torquer, l&eacute;g&egrave;rement agac&eacute; par les r&eacute;ticences de l'ondine ent&ecirc;t&eacute;e :<br /></span><br />- De toute fa&ccedil;on, il est trop tard pour reculer maintenant, la m&eacute;tamorphose est beaucoup trop avanc&eacute;e maintenant. Ne sens-tu pas les changements qui s'op&egrave;rent en toi ?<br /><br /><span style="color: #888888;">Ils corrompent sa nature, ils s'attaquent &agrave; ce qu'elle a de plus pr&eacute;cieux et il s'en r&eacute;jouit pour elle. La vague de d&eacute;go&ucirc;t qui submerge la jeune fille lui fait perdre pied. Thrace tombe sans force &agrave; terre et consid&egrave;re ses doigts tremblants entre ses cils empoiss&eacute;s de larmes.<br /></span><br /><span style="color: #888888;">Trop tard ?<br />Sakutei disait aussi qu'il est toujours trop tard pour choisir. Pourquoi pense t-elle &agrave; lui subitement ? Peut-&ecirc;tre parce que ses paroles l'ont marqu&eacute;e. Peut-&ecirc;tre parce que lui, la comprenait &agrave; sa fa&ccedil;on et qu'il n'a jamais cherch&eacute; &agrave; l'utiliser.<br /><br />Alors non. elle ne veut pas. C'est contre tout ce pour quoi elle se bat depuis toujours. Pour sa libert&eacute; et pour son ind&eacute;pendance. Mais o&ugrave; cela l'a conduit ? Depuis les fils de la maligne M&eacute;lanargie jusque dans les doigts osseux des grands &eacute;corch&eacute;s du Sidh.<br />Elle veut encore disposer de sa libert&eacute; de choix. Elle veut pouvoir renoncer et regretter quand elle se trompe. Elle veut pouvoir embrasser et savourer lorsqu'elle arpente le bon chemin.<br />Non, ils ne peuvent pas la priver de &ccedil;a. Ils ne peuvent pas lui faire subir ce qu'elle n'a pas choisi.<br /><br />Relevant la t&ecirc;te, Thrace arbore une expression de pure angoisse m&ecirc;l&eacute;e de profonde douleur lorsqu'elle s'adresse &agrave; nouveau &agrave; Jetuk. Ce dernier ne manque pas de d&eacute;chiffrer son expression avant m&ecirc;me qu'elle ne parle.<br /><br /></span>- Jetuk, je t'en prie&hellip;ne me faites pas &ccedil;a.<br /><br /><span style="color: #888888;">Ses cheveux lui tombent dans les yeux, plus rien dans son attitude ne demeure de la farouche et fi&egrave;re Thrace. Elle crispe son poing sur le sol si froid et indiff&eacute;rent aux larmes sal&eacute;es qui l'inondent. Une mer de larme pour une fille de l'eau. Sa r&eacute;solution se raffermit autour du noyau de son d&eacute;sespoir, elle desserre les dents et regarde l'Orateur droit dans les yeux.<br /><br /></span>- Si vous ne me laissez pas partir, je me suiciderai.</span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/twitter.png" alt="Twitter" class="icon" /></a> <a href="http://del.icio.us/post?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641&amp;title=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur del.icio.us&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/delicious.png" alt="del.icio.us" class="icon" /></a> <a href="http://www.facebook.com/sharer.php?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641&amp;t=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Facebook&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/facebook.png" alt="Facebook" class="icon" /></a> <a href="http://digg.com/submit?phase=2&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641&amp;title=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Digg&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/digg.png" alt="Digg" class="icon" /></a> <a href="http://www.technorati.com/faves?add=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Technorati&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/technorati.png" alt="Technorati" class="icon" /></a> <a href="http://myweb2.search.yahoo.com/myresults/bookmarklet?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641&amp;t=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Yahoo!&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/yahoo.png" alt="Yahoo!" class="icon" /></a> <a href="http://www.stumbleupon.com/refer.php?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641&amp;title=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Stumbleupon&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/stumbleupon.png" alt="Stumbleupon" class="icon" /></a> <a href="http://www.google.com/bookmarks/mark?op=edit&amp;output=popup&amp;bkmk=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641&amp;title=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Google&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/google.png" alt="Google" class="icon" /></a> <a href="http://blogmarks.net/my/new.php?mini=1&amp;simple=1&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641&amp;title=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante." rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Blogmarks&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/bmarks.png" alt="Blogmarks" class="icon" /></a> <a href="http://mystuff.ask.com/mysearch/QuickWebSave?v=1.2&amp;t=webpages&amp;title=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Ask&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/ask.png" alt="Ask" class="icon" /></a> <a href="http://slashdot.org/bookmark.pl?title=Chapitre+26+%3A+Syllabe+changeante.&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-26-syllabe-changeante-a989641" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Slashdot&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/slashdot.png" alt="Slashdot" class="icon" /></a><br /><hr />Article original rédigé par Sakutei et publié sur <a href="http://sakutei.eklablog.com">Bouillie de scribe par Sakutei</a> <br /> Reproduction interdite sans autorisation]]></content:encoded>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 01:09:26 +0100</pubDate>
		<guid isPermaLink="true">http://sakutei.eklablog.com/chapitre-26-syllabe-changeante-a989641</guid>
		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
		<dc:date>2010-02-06T01:09:26+01:00</dc:date>
	</item>
	<item>
		<title><![CDATA[Chapitre 25 : Froide flamme qu'est ta larme !]]></title>
		<link>http://sakutei.eklablog.com/chapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316</link>
		<description><![CDATA[I try to keep my eyes open
 And I Realise I haven't closed my eyes in a long time. 
 
 - Tah ! J'en ai marre ! On avance &agrave; RIEN !
 
 Je m'appuie contre une stalagmite un peu plus audacieuse que les autres, l'index et le pouce &agrave; califourchon sur l'ar&ecirc;te de mon nez. Des heures&hellip;des jours ? A...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<span style="font-size: small;"><span style="font-family: Verdana,Helvetica,sans-serif;"><em>I try to keep my eyes open<br /> And I Realise I haven't closed my eyes in a long time.</em><br /> <br /> - Tah ! J'en ai marre ! On avance &agrave; RIEN !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Je m'appuie contre une stalagmite un peu plus audacieuse que les autres, l'index et le pouce &agrave; califourchon sur l'ar&ecirc;te de mon nez. Des heures&hellip;des jours ? A d&eacute;ambuler dans ces couloirs tortueux sans en voir la fin. Mon armure me p&egrave;se, mes muscles crient famine et j'ai &agrave; nouveau cette sensation tenace que tout &ccedil;a va mal finir.</span><br /> <br /> <em>Veut-il qu'elle l'aide ?<br /> Non reste tranquille.</em><br /> <br /> <span style="color: #999999;">Je me tourne vers le duc. Nous ne sommes plus tellement fringants. Ce dernier tour de piste pourrait bien &ecirc;tre fatal &agrave; notre charmante &eacute;quip&eacute;e. Quand &agrave; Maille, Maille le noble, Maille le guerrier&hellip;et bien le mignon Maille n'a pas l'air pr&ecirc;t &agrave; jouer de l'&eacute;p&eacute;e si ce n'est pour s'y appuyer &agrave; la mani&egrave;re d'une b&eacute;quille. Il semble rassembler toute son &eacute;nergie dans le simple fait d'encha&icirc;ner correctement ses expirations &agrave; ses inspirations. Son visage encore plus p&acirc;le que d'habitude est couvert d'une pellicule de sueur luisante qui pi&egrave;ge quelques unes de ses fines m&egrave;ches blondes contre ses tempes et ses joues.<br /> Jouant des &eacute;pauli&egrave;res comme un marin aguerri, je m'approche mi-grin&ccedil;ant mi-jurant pour jauger son &eacute;tat ; &agrave; ma mani&egrave;re, subtile et discr&egrave;te pour ne pas l'alarmer :</span><br /> <br /> - Hey &ccedil;a va ?<br /> <span style="color: #999999;">Il me retourne le sourire idiot du moribond qui pense faire la nique &agrave; la faucheuse encore pour quelques temps.</span><br /> - C'est&hellip;la blessure que m'a inflig&eacute; ce timbr&eacute; au sabre.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Oh merde, comment ai-je pu oublier &ccedil;a ? Je suis parfois d'une ind&eacute;crottable distraction. Je force Maille &agrave; desserrer son &eacute;treinte au flanc pour examiner. Fier et droit comme un seigneur, cet ahuri n'a pas voulu montrer de signe de faiblesse avant qu'il ne puisse plus la supporter. J'&ocirc;te mon gantelet droit. La plaie est propre et nette mais le bandage de fortune qu'il s'est bricol&eacute; est poisseux de sang.</span><br /> <br /> - Un probl&egrave;me les gamins ?<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Javel &agrave; l'air tout aussi enjou&eacute; qu'&agrave; l'habitude. Enfin, c'est-&agrave;-dire quand il n'est pas pris d'une de ses crises de fr&eacute;n&eacute;sie psychopathe.</span><br /> <br /> - Non ce n'est pas bon, on ne peut pas continuer comme &ccedil;a.<br /> - Je vais bien !<br /> - C'est &ccedil;a&hellip;<br /> - Je peux continuer.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Je n'aurais jamais pens&eacute; que Maille jouerait le couplet du h&eacute;ros bless&eacute;. Comme c'est ridicule, je m'empresse de lui faire entendre raison.</span><br /> <br /> - Bien&hellip;bien bien.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Mon gantelet de m&eacute;tal claque quand je le reboucle sur le brassard. Je ferme le poing avec un sourire pein&eacute;. &ndash;Vlan !-. Le duc l&acirc;che un hoquet et se plie en deux.</span><br /> <br /> - Hey ! T'es malade Sakutei ?! Tu veux l'achever ?!<br /> - D&eacute;sol&eacute;, question de lumi&egrave;re. On ne continue pas. Alors Maille ?<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Estomaqu&eacute; (non je n'ai pas frapp&eacute; sur sa blessure, je ne suis pas sadique), il me retourne un regard acide avant de rassembler les lambeaux de sa fiert&eacute; pour l&acirc;cher (et sans trembler s'il vous pla&icirc;t !) :</span><br /> <br /> - N'importe comment, une petite pause ne peut pas nuire.<br /> <span style="color: #999999;">Je hoche la t&ecirc;te en souriant et l'aide &agrave; s'installer sur le sol doucement.</span><br /> - Il va falloir soigner &ccedil;a un peu plus s&eacute;rieusement.<br /> - Laisse moi faire gamin.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Javel s'avance et commence &agrave; palper les c&ocirc;tes du duc de ses doigts noueux. Ce dernier ne fait pas mine de g&eacute;mir mais j'ai bien l'impression qu'il en meurt d'envie.<br /> De mon cot&eacute;, je desserre un peu les lani&egrave;res de mon plastron pour respirer et j'attrape la gourde pendue &agrave; mon cot&eacute;. Je suis fourbu et pr&eacute;occup&eacute;. Le bel entrain qui nous a conduit jusqu'ici est en train de s'effilocher inexorablement sous nos pas.<br /> D'un autre cot&eacute;, &ccedil;a ne m'&eacute;tonne pas que le <em>Sidh</em> dispose de protections aussi puissantes. Et si les thuad&egrave;nes sont vraiment les plus grands magiciens de cette contr&eacute;e, alors pas grand monde n'a d&ucirc; pouvoir franchir leurs d&eacute;fenses sans leur accord. Sans doute personne m&ecirc;me. Oui, si nous parvenons &agrave; nous introduire dans le nid par effraction, nous marquerons sans doute un pr&eacute;c&eacute;dent.<br /> Cette pens&eacute;e tout &agrave; la fois exaltante et d&eacute;primante m'arrache un p&acirc;le sourire. Je reprends une gorg&eacute;e et rejette la t&ecirc;te en arri&egrave;re en fermant les yeux. Pouah, l'eau est devenue ti&egrave;de et dilue &agrave; peine la salive &eacute;paisse qui nappe ma langue.<br /> Je dodeline du chef et jette un &oelig;il vers le bless&eacute;. Javel a l'air &agrave; son affaire, pas la peine de venir ajouter mon grain de sel sur la plaie. Je d&eacute;tourne le regard vers le shinigami, immobile et droit, comme &agrave; son habitude. Ses traits ne r&eacute;agissent m&ecirc;me pas lorsque je lui tends la gourde, les sourcils lev&eacute;s d'un air interrogateur. Ce type est &eacute;nigmatique &agrave; en devenir irritant. Sans doute est-il guid&eacute; par un code si rigide que je n'en comprendrais m&ecirc;me pas le menu&hellip;&ccedil;a n'emp&ecirc;che pas que son attitude est un archet qui crisse lentement sur les cordes tendues de mes nerfs.<br /> Je me racle la gorge pour penser &agrave; autre chose. Je ne suis certainement pas de taille &agrave; rivaliser avec Kageisha et pour autant que je sache, il vaut mieux l'avoir &agrave; la bonne.</span><br /> <br /> - Bon &ccedil;a devrait tenir un moment. L'entaille est assez profonde mais bien nette, avec des soins ad&eacute;quats, elle se refermera vite. Ce qui n'est pas le cas pour le moment !<br /> - Ca ira,<span style="color: #999999;"> assure Maille. Je doute un peu de sa certitude mais je n'en montre rien. Il est assez grand pour juger par lui-m&ecirc;me s'il doit se mod&eacute;rer ou pas. Et de toute fa&ccedil;on, on ne peut pas faire grand-chose, perdus dans ce d&eacute;dale dont on ne conna&icirc;t plus aucune des extr&eacute;mit&eacute;s, ni la sortie ni l'entr&eacute;e.</span><br /> - Bon, bois un coup et on se bouge. On doit pouvoir trouver une issue &agrave; ce labyrinthe !<br /> <span style="color: #999999;">Javel se tourne vers moi et pointe sa canne tordue vers mon paquetage.</span><br /> - Qu'est ce que &ccedil;a donne sur la carte ?<br /> - Ah oui&hellip;hem.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Un peu plus t&ocirc;t, Javel a sugg&eacute;r&eacute; que je trace notre progression sur un bout de parchemin pour tenter d'estimer notre degr&eacute; de "tournage en rond". Et &agrave; d&eacute;faut de cercler le probl&egrave;me, je dois dire que cette histoire commence &agrave; prendre un arri&egrave;re go&ucirc;t de quadrature du cercle. Faut admettre, griffonner comme &ccedil;a au petit bonheur sur un papelard ne risque pas de nous donner le fil d'Ariane de ce sous-sol en teintes de clairs obscurs.<br /> Un peu circonspect mais pas franchement d&eacute;cid&eacute; &agrave; me laisser critiquer quand &agrave; ma performance, je tends le papier froiss&eacute; au vieux r&ecirc;veur. Il le prend, l'examine et&hellip; ah &ccedil;a y est, nous y voil&agrave;, commence &agrave; faire des mouvements de l&egrave;vres dubitatifs qui se propagent bient&ocirc;t &agrave; son menton et &agrave; ses sourcils broussailleux. Je connais d&eacute;j&agrave; son point de vue qu'il formule avec un art consum&eacute; du r&eacute;sum&eacute; :</span><br /> <br /> - C'est le merdier.<br /> - Oui hein. Javel, il faut que tu saches que&hellip;<br /> - Ne te r&eacute;pand pas en excuses, explique moi plut&ocirc;t le sens de ce&hellip;gribouillage.<br /> <span style="color: #999999;">Il accentue ce dernier mot avec une moue assez r&eacute;v&eacute;latrice.</span><br /> - Enfin s'il y a un sens &agrave; ce torchon je veux dire !<br /> - Il n'y en a pas ! Voil&agrave; !<br /> - C'est &ccedil;a que tu appelles une carte ? Je croyais que tu connaissais ton boulot moi.<br /> - Mais c'est inique ! Comment veux tu que je te fasse une topographie correcte sans aucun rep&egrave;re. On tortille, on descend, on monte, on repasse sous ou au-dessus de couloirs qu'on a d&eacute;j&agrave; emprunt&eacute;.<br /> - Teuh.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Il se d&eacute;tourne et s'appr&ecirc;te &agrave; retourner examiner le duc lorsque je l'interromps d'une main ferme sur l'&eacute;paule.</span><br /> <br /> - Javel, ce n'est pas de ma faute si on est paum&eacute; l&agrave; dedans d'accord ! Tu ne croyais quand m&ecirc;me pas qu'il suffisait de claquer des doigts pour avoir la cl&eacute; des champs ?? La cartographie est une science mon vieux, un travail long et fastidieux qui prend plusieurs jours ! On rep&egrave;re les formes du reliefs, on se base sur des points remarquables, on &eacute;tudie la position des &eacute;toiles. Il faut du mat&eacute;riel et du temps. C'est &ccedil;a la r&eacute;alit&eacute; !<br /> - Ca veut dire &hellip; ?<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Maintenant retourn&eacute; face &agrave; moi, je sens toute la fatigue accumul&eacute;e qu'il s'efforce de convertir en &eacute;nervement pour me moucher. Et bien qu'&agrave; cela ne tienne, moi aussi j'en ai marre. Ma voix se mue sur un ton sarcastique au possible qui d&eacute;montre que je suis moi aussi capable d'&ecirc;tre parfaitement p&eacute;nible :</span><br /> <br /> - Ca veut dire que je crois que tu perds un peu le sens de la vie force de r&ecirc;-va-sser. Les vieux comme toi devraient rester chez eux &agrave; divaguer en caquetages inutiles !!<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Ca le pique au vif et je regrette un peu mes derni&egrave;res paroles. Un peu&hellip;parce que &ccedil;a soulage mine de rien. Le vieux &eacute;prouve sans doute un besoin similaire et s'appr&ecirc;te &agrave; r&eacute;pliquer &agrave; sa mani&egrave;re cinglante et brutale. Je me contracte mais la canne se fait bloquer en pleine vol&eacute;e par la poigne tranquille de monseigneur le duc qui nous toise avec un air plus amus&eacute; qu'exasp&eacute;r&eacute;.</span><br /> <br /> - On peut pas vous laissez deux minutes hein&hellip;<br /> - Gnia gnia gnia.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Javel l&acirc;che un juron dans son dialecte personnel et je lui r&eacute;ponds en exhibant une belle longueur de langue pu&eacute;rile avant de me d&eacute;tourner. Maille s'interpose entre nos deux dos boudeurs et reprend avec philosophie :</span><br /> <br /> - Messieurs, nous sommes dans la m&ecirc;me panade. Il faut l'accepter et nous concentrer pour sortir de l&agrave;. Se jeter l'opprobre comme une patate chaude ne peut qu'envenimer la situation.<br /> - Belles paroles messire ! Puisque vous &ecirc;tes si malin, prenez donc votre patade et tirez nous de la panate.<br /> - Y'a un probl&egrave;me Sakutei ?<br /> - Oui figure toi que &hellip; !!<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Le reste de ma petite crise de nerfs me reste dans la gorge lorsqu'en me retournant, je me retrouve nez &agrave; poils avec le froncement de sourcils de Maille.</span><br /> <br /> - &hellip;<br /> - J'aime mieux &ccedil;a.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">L'enfoir&eacute;, comment arrive t-il &agrave; avoir l'air si mena&ccedil;ant rien qu'en faisant jouer quelques muscles de son arcade sourcili&egrave;re ?! Sans doute un truc de guerrier&hellip;Kageisha me fait le m&ecirc;me effet, quoiqu'en plus inqui&eacute;tant.</span><br /> <br /> - Alors que fait-on ?<br /> - Ma foi, on continue.<br /> - Mais &ccedil;a n'a pas de sens ! Je pensais qu'on finirait par quitter cette grotte mais les couloirs se suivent et se ressemblent. C'est interminable !<br /> - Vois le bon cot&eacute;, nous ne repassons plus par nos jalons depuis plusieurs heures.<br /> - Justement, je serais d'avis de rebrousser chemin et de remonter nos traces pour sortir de l&agrave;. Tant pis pour les thuad&egrave;nes. On se d&eacute;patouillera de M&eacute;lanargie et sa clique de n&eacute;cromanciens d'une autre fa&ccedil;on.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Javel fait rebondir la pointe de sa canne sur le sol en rythme et hoche la t&ecirc;te n&eacute;gativement.</span><br /> <br /> - Mauvais id&eacute;e Ryoka.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Son ton calme d&eacute;sarme ma propre excitation. Il a l'air soucieux. Et tout aussi subitement, je prends conscience que ma hargne provient surtout du fait que je me sens terriblement vuln&eacute;rable et impuissant par rapport aux autres. Il y a une sorte d'&eacute;mulation &agrave; cheminer en &eacute;quipe, mais c'est aussi un fardeau. On subit sans cesse le regard des autres, on veut &ecirc;tre l'&eacute;l&eacute;ment utile, voire l'indispensable sur qui on peut compter. Et par-dessus tout, on ne veut pas &ecirc;tre le boulet, le type &agrave; la tra&icirc;ne qui ne sert &agrave; rien et qu'on finit par abandonner quand il se fait blesser parce que c'est le seul truc noble qu'il peut faire : laisser ses compagnons fuir et retarder l'ennemi en se faisant bouffer.<br /> En r&eacute;alit&eacute;, tous ici, nous pataugeons dans une mare crasse. Aucun de nous n'a vraiment brill&eacute;. Que ce soit Maille qui est d&eacute;j&agrave; bless&eacute;, Javel qui nous a proprement avou&eacute; son incomp&eacute;tence, Kageisha qui&hellip;bah qui ne nous aide pas beaucoup et moi-m&ecirc;me, incapable de raisonner correctement. Nous sommes enlis&eacute;s avec des talents inutiles et &ccedil;a nous fout en rogne.</span><br /> <br /> - Oh Sakutei t'es r&eacute;veill&eacute; ?<br /> - Hein ?<br /> - D&eacute;cid&eacute;ment&hellip;quelle lumi&egrave;re en ce moment Ryoka !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Il m'appelle &agrave; nouveau comme &ccedil;a. Sans doute parce que j'ai baiss&eacute; dans son estime, mais je lui pardonne, c'est un des effets pervers de notre situation. Oui vieil homme je te pardonne parce que tu es en proie &agrave; l'inutilit&eacute; et&hellip;</span><br /> <br /> - Ha, je comprends pourquoi cette bique de M&eacute;lanargie t'a choisi ! T'es assez bredin pour manger du foin par bottes de cent kilos.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Hey &ccedil;a c'&eacute;tait gratuit par contre ! Mes yeux s'&eacute;largissent, je reprends mon souffle comme sous le coup d'un camouflet et je m'avance d'un pas. Maille me repousse s&egrave;chement avant de s'exclamer avec fureur :</span><br /> <br /> - Mais vous allez arr&ecirc;ter vos chamailleries ?!<br /> - Ta gueule ! On va se mettre sur la tronche et sa va calmer tout le monde.<br /> - Ah ah ! Viens l&agrave; Ryoka, je t'attends.<span style="color: #999999;"> (Il agite sa canne dans ma direction)</span> Aller ! Aller !<br /> - Ca suffit les conneries l&agrave; ! &ndash;ouch-<br /> <br /> <span style="color: #999999;">La canne vient de s'abattre en travers d'une figure mais ce n'est pas moi qui ai casqu&eacute;. Geste maladroit qui ach&egrave;ve de mettre le feu aux poudres. Le duc r&eacute;torque par une claque sonore et pendant qu'il y est, se penche m'envoie son coude dans le bas-ventre.</span><br /> <br /> - Ca c'est pour ton coup de poing de tout &agrave; l'heure.<br /> <span style="color: #999999;">Pli&eacute; en deux, je l'agrippe par la manche.</span><br /> -Hmmphh&hellip; attend &ndash;thaaa- j'en ai un autre pour toi !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Ca d&eacute;g&eacute;n&egrave;re mais en somme, &ccedil;a d&eacute;rouille un peu. Tout occup&eacute;s &agrave; nous renvoyer la politesse, personne ne remarque le changement d'attitude soudain du seul personnage cens&eacute; de ce groupe. Kageisha vient de se raidir soudainement. Il tente de nous alerter mais nul n'y prend garde, alors il se redresse, main sur la garde de son sabre et tend l'oreille. Quelque chose l'inqui&egrave;te, il tente de nous en faire part.<br /> J'ach&egrave;ve de savonner vigoureusement le cr&acirc;ne presque chauve du r&ecirc;veur lorsque des bribes de son dialecte saccad&eacute; me parviennent aux oreilles. Rien &agrave; foutre, je suis occup&eacute; et de toute fa&ccedil;on je ne pige pas. Le peu d'attention que je pr&ecirc;te &agrave; son babillage et promptement d&eacute;tourn&eacute; par un coup de t&ecirc;te "amical".</span><br /> <br /> - LUMIERE !<br /> <span style="color: #999999;">Uh ? Nous relevons tous la t&ecirc;te, surpris.</span><br /> - Hey c'&eacute;tait la langue du Delta de S&eacute;r&eacute;nit&eacute; &ccedil;a. Il parle notre langue ?<br /> - Il apprend cr&eacute;tin.<br /> - Humpph !<br /> - Attendez&hellip;la ferme ! Chut ! Vire ton pied Sakutei. Poussez vous, pou-ssez vous !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Javel &eacute;change quelques mots avec son garde du corps. Les r&eacute;ponses sont rapides et pressantes. Maintenant que je note son attitude, un sinistre soup&ccedil;on se fraie en moi. Pour qu'il se soit abaiss&eacute; &agrave; utiliser notre langue, il faut que ce soit urgent. Je me redresse, inquiet.</span><br /> <br /> - JAVEL ? Qu'est ce qu'il se passe ??<br /> - Il faut d&eacute;gager d'ici ! Kageisha sent que quelque chose approche.<br /> - Quelque chose ?<br /> - Ca se tue ?<br /> <span style="color: #999999;">Maille vient de r&eacute;cup&eacute;rer son &eacute;p&eacute;e de g&eacute;ant et arbore un sourire qu'on pourrait qualifier de tueur. Il a l'air plus gaillard qu'avant. Sans doute que notre petite s&eacute;ance de friction lui a redonn&eacute; du poil de la b&ecirc;te.</span><br /> - Non. Non non ! Il faut qu'on file en vitesse.<br /> - Mais c'est quoi ?<br /> - Si on l'apprend ce sera trop tard, aller on bouge !!<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Et sans nous attendre, le voil&agrave; qui remonte le couloir &agrave; toutes jambes. La direction m&ecirc;me d'o&ugrave; on vient. Tant pis.<br /> Je tourne la t&ecirc;te vers Maille, nos regards se croisent, il hoche la sienne. On file ! Quoique ce soit, je ne veux pas risquer de l'affronter sans le shinigami pour nous &eacute;pauler et il est inutile de pr&eacute;ciser qu'il colle aux talons de son ma&icirc;tre.<br /> Une partie de notre approvisionnement reste sur le carreau. Nous courrons sans savoir ce qui approche et il n'y a rien de pire que de faire travailler son imagination. Bon sang, "&ccedil;&agrave;" a fait peur &agrave; Kage&hellip;"&ccedil;&agrave;" me flanque la trouille alors que je ne sais m&ecirc;me pas ce dont il s'agit. &Ccedil;a craint !<br /> Le souffle court, je risque un regard en arri&egrave;re. Une lueur rougeoyante nimbe progressivement le couloir d'une aura infernale. Merde, merde, merde, qu'est ce que c'est ??</span><br /> <br /> - C'&eacute;tait trop beau pour durer !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Maille ne r&eacute;pond pas, concentr&eacute;. Nous rattrapons facilement Javel et restons derri&egrave;re lui. Impossible de doubler dans ce couloir &eacute;troit. Il commence &agrave; faire chaud&hellip;je sens comme la caresse d'un feu sur le visage lorsque je me retourne encore. Ca s'annonce mal, il y a probablement un genre de d&eacute;mon sur nos talons.</span><br /> <br /> - Faut activer !!<br /> - Parce que tu crois qu'on lambine l&agrave;,<span style="color: #999999;"> me r&eacute;torque Javel entre deux hal&egrave;tements.<br /> <br /> Nous d&eacute;boulons sur une patte d'oie. L'un des chemins monte, l'autre, celui d'o&ugrave; nous venons, descend. La choix est &eacute;vident mais je lui accord quand m&ecirc;me une exclamation.</span><br /> <br /> - A droite !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">A toutes jambes, nous d&eacute;talons dans la pente glissante. G&ecirc;n&eacute; par la besace qui me bat les mollets, je tente d'en r&eacute;gler la sangle tout en courant lorsque je manque de percuter le vieux r&ecirc;veur qui vient de piler net.</span><br /> <br /> - Quoi ? Avance vite !<br /> - Non, l&agrave; devant ! Ca chauffe aussi.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Il n'a pas tort le bougre, &ccedil;a rougeoie devant aussi. Nous sommes pris en tenaille. Maille nous tire de notre torpeur m&eacute;dus&eacute;e avec une voix de stentor digne d'un sergent de garnison.</span><br /> <br /> - On remonte &agrave; l'embranchement.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Dans la bousculade qui s'en suit pour faire demi-tour, je me retrouve en t&ecirc;te de l'&eacute;chapp&eacute;e. Il s'agit d'atteindre la crois&eacute;e avant la chose, sinon on est bon pour une grillade collective. Et s'il y a un autre br&ucirc;lant qui d&eacute;boule du troisi&egrave;me chemin ? Il ne vaut mieux pas y penser.<br /> Plus je monte et plus &ccedil;a cuit. La chaleur est presque suffocante &agrave; pr&eacute;sent et la lumi&egrave;re vive m'agresse le regard. Il faut acc&eacute;l&eacute;rer mais l'intuition que je me porte &agrave; la rencontre de notre poursuivant me coupe les jambes.<br /> Lorsque j'atteins le palier, quelques flamm&egrave;ches virevoltent dans l'air. Je ne pourrais pas le jurer, mais elles me donnent l'impression farouche d'&ecirc;tre anim&eacute;es et dot&eacute;es d'une volont&eacute; propre. Un coup d'&oelig;il dans le couloir de gauche m'informe qu'elles sont de plus en plus nombreuses de ce cot&eacute;. Et de plus en plus grosses aussi !<br /> Sans perdre de temps en contemplation inutile, je me rue vers les hauteurs. Nous montons et montons, hors d'haleine. Les bottes claquent en cadence sur le sol de pierre. Les rivets de mon armure grincent, mes poumons se raidissent, mes muscles d&eacute;j&agrave; fatigu&eacute;s sont pris de violents tressaillements qui me laissent pr&eacute;sager une s&eacute;rie de crampes monumentales.<br /> Et par-dessus tout, cette sensation indicible d'&ecirc;tre talonn&eacute; par un brasier vivant qui grignote petit &agrave; petit l'&eacute;cart comme le grand pr&eacute;dateur vorace qu'il est. Ca me donne des d&eacute;mangeaisons dans la nuque, &ccedil;a me tiraille les fesses. O d&eacute;esse !<br /> Arriv&eacute; &agrave; un autre palier, je manque de m'&eacute;taler dans une flaque.</span><br /> <br /> - Attention, &ccedil;a glisse !<br /> <span style="color: #999999;">Mais ? Une flaque ?</span><br /> - Bon sang, il y a de l'eau pas loin !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Pas loin mais o&ugrave; ? En sous-sol, &ccedil;a peut aussi bien &ecirc;tre une infiltration venant de la surface. Ou bien m&ecirc;me, nous sommes peut-&ecirc;tre s&eacute;par&eacute;s d'un lac souterrain par quelques m&egrave;tres de roche. Pas bien loin mais d&eacute;finitivement infranchissables. De toute fa&ccedil;on, la question de la direction &agrave; prendre ne se pose pas, le boyau se poursuit pour le moment. Si c'est un cul de sac, si il y a un gouffre, un &eacute;boulement, si, si, si.<br /> Un coup d'&oelig;il par-dessus mon &eacute;paule m'informe que nous perdons la partie. Je vois distinctement les flammes impatientes qui se massent sur nos talons. Elles seront bient&ocirc;t sur nous !<br /> Et vlan ! Une glissade, un juron. Javel est tomb&eacute; ! Que faire ? Bah il y aura bien quelqu'un pour le relever. Je ne m'arr&ecirc;te pas, coudes au corps, et concentr&eacute; sur mon supplice personnel.<br /> Avec la chaleur, l'acier devient de plus en plus insupportable. Les plaques me cuisent en plusieurs endroits et je ne peux rien y faire. Seul mon bras gauche, insensibilis&eacute; depuis son amputation, ne me fait pas souffrir.</span><br /> <br /> <em>Elle ne craint pas les flammes.<br /> Formidable. Moi si.<br /> Il pourrait me laisser l'envelopper, elle pourrait le prot&eacute;ger.<br /> Pas question Elutrine.<br /> Quand le moment sera venu, il lui demandera. Elle en est convaincue.<br /> Je suis peut-&ecirc;tre con, mais pas vaincu !</em><br /> <br /> <span style="color: #999999;">Ce satan&eacute; Kregg en profite ! Oh mais je ne vais pas me laisser faire. Poussant un r&acirc;le sauvage, je force mon corps fatigu&eacute; &agrave; mobiliser toutes ses ressources. Je divise mon effort en petites &eacute;tapes et je me retrouve seul, isol&eacute; dans cette &eacute;preuve de force.<br /> <br /> Poser le pied.<br /> Je n'entends plus les craquements et les crissements.<br /> Remplir les poumons &agrave; m'en faire craquer l'&oelig;sophage.<br /> Je ne sens que le souffle rugissant et la chaleur d&eacute;vorante.<br /> Donner l'impulsion, balancer le bras, rel&acirc;cher l'air br&ucirc;lant qui me r&acirc;pe la gorge.<br /> Ciller pour &eacute;vacuer les larmes qui s&egrave;chent d&eacute;j&agrave; sur mes joues.<br /> Je ne ressens que l'&eacute;coulement rapide, beaucoup trop rapide de ma vigueur qui s'&eacute;chappe de mes pores en sueur acre et sal&eacute;e.<br /> <br /> Un autre virage.<br /> <br /> Face &agrave; la mort, on devient &eacute;gocentr&eacute; ? Peut-&ecirc;tre. Je m'en moque. Je veux juste survivre. Qu'importe ma fiert&eacute; quand tout ce qui compte et rassembl&eacute; autour de la banni&egrave;re de ma volont&eacute;. Le vent souffle et bient&ocirc;t elle s'effilochera comme un tricot dont on tire le bon fil.<br /> <br /> Un replat. Et l&agrave;, je me rends compte que l'air est satur&eacute; d'humidit&eacute;. Depuis combien de temps d&eacute;j&agrave; ? Je me passe une main tremblante sur le visage. Des gouttelettes ruissellent le long de mon nez, mon armure scintille d'une ribambelle de perles minuscules qui coulent, se rejoignent et d&eacute;gouttent sur le sol glissant.<br /> Je m'arr&ecirc;te, un sourire niais sur le visage. La sensation de chaleur s'en est all&eacute;e, et avec elle, la persistance de cette poursuite.<br /> <br /> Me retournant, je fais face &agrave; mes compagnons de cavale. Maille me retourne mon sourire et me fait un petit signe de la main.</span><br /> <br /> - Je t'ai appel&eacute; ... J'ai cru que tu n'allais pas t'arr&ecirc;ter ho.<span style="color: #999999;"> (Il s'interrompt un moment pour ma&icirc;triser son souffle, prend une grande inspiration et reprend)</span> Le feu s'est arr&ecirc;t&eacute; il y a plusieurs centaines de pas. Lorsque c'est devenu trop mouill&eacute;.<br /> - Ah ? &ndash;tha- L'armure m'a tromp&eacute; &ndash;theu-.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Ses cheveux coll&eacute;s ondulent l&eacute;g&egrave;rement. Pli&eacute; en deux et la t&ecirc;te basse, il porte son &eacute;p&eacute;e sur l'&eacute;paule et presse sa main contre son flanc. Ce n'&eacute;tait pas un bon exercice pour un bless&eacute;.<br /> Juste derri&egrave;re, Javel et Kageisha. Le premier port&eacute; par le second. Le shinigami arbore quelques traces de br&ucirc;lures sur le visage et ses cheveux sont cr&eacute;pus en plusieurs endroits. Le regard s&eacute;v&egrave;re qu'il porte continuellement ne m'est pas adress&eacute;, mais je ressens quand m&ecirc;me une pointe de culpabilit&eacute; &agrave; l'id&eacute;e d'avoir laiss&eacute; tomb&eacute; Javel l&agrave; bas.<br /> Certes, un autre s'en est charg&eacute;, il n'en reste pas moins que ma r&eacute;action &eacute;tait incroyablement &eacute;go&iuml;ste. Apparemment, le vieux a d&eacute;rouill&eacute;, il ne l&acirc;che pas un mot. Je m'en veux sur ce coup.<br /> Voyant le trouble qui efface mon sourire, Maille me tapote la joue  du creux de la paume :</span><br /> <br /> - Aller Sakutei &hellip; reprend &hellip; toi. &hellip; Tu as fait ce qu'il fallait.<br /> - Hmm.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Ca ne m'emp&ecirc;che pas de me mordre la l&egrave;vre. Maille et moi n'attachons pas la m&ecirc;me valeur &agrave; la vie. Il l'a d&eacute;j&agrave; prouv&eacute; en s'engageant inconsid&eacute;r&eacute;ment dans un combat contre Kageisha ou encore en ordonnant froidement la destruction du petit village de Tertre-de-Lune o&ugrave; nous nous sommes retrouv&eacute;s.<br /> Tant bien que mal, nous nous remettons en route. Comme nous n'avons plus de gourde, je m'humecte les l&egrave;vres et la langue et recueillant un peu de l'eau qui d&eacute;gouline de mon plastron au creux de ma paume. J'en profite pour me rafra&icirc;chir le visage.<br /> Notre progression est toujours teint&eacute;e de pessimisme mais le fait d'avoir &eacute;chapp&eacute; &agrave; une mort imminente nous redonne un peu de courage.<br /> <br /> Petit &agrave; petit, les parois s'&eacute;loignent et nous pouvons marcher &agrave; trois de front. Javel clopine derri&egrave;re aux cot&eacute;s de son garde du corps. Il n'a toujours pas desserr&eacute; les l&egrave;vres et je ne peux pas m'emp&ecirc;cher de penser que c'est &agrave; cause de moi. Cette sensation &eacute;tant particuli&egrave;rement d&eacute;sagr&eacute;able, je m'appr&ecirc;te &agrave; lui pr&eacute;senter des excuses maladroites lorsque la main fine de Maille claque sur mon bras de pierre.</span><br /> <br /> - Quoi ?<br /> - Quelque chose a boug&eacute; l&agrave; devant.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Je plisse les yeux et m'appr&ecirc;te &agrave; lui r&eacute;pondre qu'il divague lorsqu'il me semble moi aussi voir quelque chose. Nous nous figeons, tous sens aux aguets. Un &oelig;il &agrave; droite, un &oelig;il &agrave; gauche&hellip;aucun bruit autre que celui des gouttes qui clapotent en rejoignant l'&eacute;treinte des flaques qu'elles forment en se rassemblant.<br /> Mon c&oelig;ur encore &eacute;chauff&eacute; par cette grimpette &eacute;nergique se remet &agrave; battre chaotiquement. Sans m'en rendre compte, je me mets &agrave; chuchoter.</span><br /> <br /> - Je vais voir&hellip;<br /> - Non, on y va ensemble.<br /> - Tu es bless&eacute;, reste en arri&egrave;re avec Javel et Kage. S'il y a quelque chose, je pourrai plus facilement r&eacute;agir.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Il semble vouloir refuser mais son sens de la mesure lui souffle que c'est &eacute;galement "une bonne d&eacute;cision". Sacr&eacute; Maille. Je lui jette un petit signe de l'index et avance d'un pas prudent.<br /> Une d&eacute;glutition p&eacute;nible m'arrache une grimace. Je tire lentement, tr&egrave;s lentement mon &eacute;p&eacute;e, de mani&egrave;re &agrave; ne pas faire de bruit. L'&eacute;clat froid de la lame me donne un peu de contenance. Encore le poids du regard des autres entre les omoplates, je fais un pas de plus&hellip;</span><br /> <br /> - SAKUTEI !!!!<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Juste le temps de r&eacute;agir, pas plus. Ma lame sonne. Ca glisse. Quelqu'un grogne et je sens un choc me saisir &agrave; l'&eacute;paule. Je tr&eacute;buche et tombe. Maille et Kageisha sont d&eacute;j&agrave; l&agrave;. Le duc prof&egrave;re un juron et parvient &agrave; repousser l'agression en avant. Il y a un sifflement et un gargouillis. J'ai le temps d'entrevoir une paire de robustes bottes avant que la vue ne soit bouch&eacute;e par celles de Maille.</span><br /> <br /> - Sakutei, &ccedil;a va ?<br /> - Je &hellip; vais bien. Ton armure m'a sauv&eacute;.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Et soudain, un cor retenti dans la caverne. Le son emplit la cavit&eacute;, ricoche contre les parois et vient faire trembler jusqu'&agrave; la pointe de nos osselets.</span><br /> <br /> - Qu'est ce que ?<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Des ombres jaillissent d'entre les rochers. L'&eacute;clat cuivr&eacute; du bronze, des cris, des heurts. Maille se fait renverser par-dessus moi. Je me rel&egrave;ve sur un genou, juste &agrave; temps pour bloquer le coup qui allait l'achever avec le brassard. Le shinigami se lance &agrave; l'assaut sans attendre. Son sabre fuse, tranche et se retire &agrave; la vitesse de l'&eacute;clair, saisissant nos assaillants dans leur propre empressement. D&eacute;j&agrave;, quelques corps tombent et nous m&eacute;nagent un peu d'espace pour nous relever.</span><br /> <br /> - Maille ?<br /> - Ca va, &ccedil;a va !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Epaule contre &eacute;paule, nous d&eacute;taillons la troupe d'individus, hommes et femmes qui se dressent en travers de notre chemin. Le cor continue de sonner et un tambour y joint son mart&egrave;lement sourd. Pas une sommation, rien. L'embuscade est brutale. Je d&eacute;gage ma courte lame. Une &eacute;p&eacute;e s'avance, je la repousse de justesse mais ma garde d&eacute;vi&eacute;e offre d&eacute;j&agrave; une ouverture. Le pectoral noir tinte encore une fois.<br /> Du coin de l'oeil, je note que Maille peine &agrave; manier sa lame d&eacute;mesur&eacute;e dans ce corps &agrave; corps. On souffle, on jure et on ferraille sans trop y voir.<br /> Un coup de pieds me fait reculer. Je tombe en arri&egrave;re et re&ccedil;oit la jeune femme responsable de l'exploit en pleine figure. Mon &eacute;p&eacute;e glisse sur le sol rocheux, hors de port&eacute;e. La femme l&egrave;ve son poing arm&eacute; d'une petite dague. La pointe plonge vers ma gorge d&eacute;couverte ! Je parviens &agrave; rouler pour la d&eacute;gager et me rel&egrave;ve sur un genou.</span><br /> <br /> - Bouge pas Sakutei !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Je me fige et rentre la t&ecirc;te par r&eacute;flexe. Un bruit sec. Celle de mon adversaire roule au sol &agrave; mes pieds. Je sens qu'il m'attrape le dos de la cuirasse et tire. Ca glisse ?! Quelque chose coulisse entre mes &eacute;paules et m'&ocirc;te un poids qui m'&eacute;tait devenu familier.</span><br /> <br /> - Je te l'emprunte, j'ai besoin d'une lame plus courte !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Le duc brandit l'&eacute;p&eacute;e qui va de paire avec mon costume. Je l'avais compl&egrave;tement oubli&eacute;e celle l&agrave;. Plus courte que la sienne oui&hellip;mais quand m&ecirc;me une sacr&eacute;e longueur ce couperet !<br /> Je me rel&egrave;ve d'un bond, plus leste et re&ccedil;oit pour ma peine une entaille &agrave; la cuisse. Merde, j'ai perdu un bout d'acier l&agrave;. Mon poing se ferme pour punir l'auteur de ce fait d'arme. Je frappe et percute un abdomen muscl&eacute; qui absorbe totalement le coup.<br /> Poussant un cri sauvage, j'attire ce nouvel adversaire dans un corps &agrave; corps pour le bourrer de coup. Mon poing gauche entre en jeu et par une curieuse sensation, j'ai l'impression de p&eacute;n&eacute;trer dans son corps.<br /> Le gaillard me d&eacute;visage avec des yeux hagards et me crache un postillon de sang en pleine face avant de s'&eacute;crouler.</span><br /> <br /> <em>AHahaha ! Elle peut enfin go&ucirc;ter du sang !<br /> Elutrine !</em><br /> <br /> <span style="color: #999999;">Je retire mon bras gauche et constate avec une horreur m&ecirc;l&eacute;e de joie f&eacute;roce que ma main s'est totalement d&eacute;form&eacute;e. Mes doigts sont allong&eacute;s, tordus et pointus, leurs rebords tranchants guident les gicl&eacute;es de sang qui se font bient&ocirc;t absorber par le parasite en os.</span><br /> <br /> <em>Ne bois pas ce sang !<br /> Nous avons besoin de force.</em><br /> <br /> <span style="color: #999999;">Elle n'ajoute rien. Sa voix est plus r&acirc;peuse et plus r&eacute;solue. Elle se gave et me transmet le produit de sa r&eacute;colte directement dans les veines. Le coup de fouet qui en r&eacute;sulte n'est pas comparable &agrave; l'adr&eacute;naline humaine.<br /> Je bloque un autre coup du droit et enfonce mon genou dans un entrejambe. Une br&ucirc;lure au cot&eacute; me fait ruer. Je repousse quelqu'un du coude et prolonge mon geste en d&eacute;pliant le bras. Les lames ac&eacute;r&eacute;es qui remplacent mes doigts mordent avidement la chair tendre et juv&eacute;nile qui se porte &agrave; leur contact.<br /> Un cri d'horreur r&eacute;sonne sous la vo&ucirc;te. Marqu&eacute; par la passion du combat, je me retourne vers Javel. Oh merde !<br /> Mes yeux s'&eacute;carquillent lorsque je vois que certains assaillants nous ont contourn&eacute;s et s'appr&ecirc;tent &agrave; attaquer le vieillard.<br /> Cette fois je ne le laisserai pas tomber.</span><br /> <br /> - Elutrine, avec moi !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Le Kregg m'injecte une nouvelle dose. Je d&eacute;rape. Les lames s'&eacute;l&egrave;vent. Javel parvient &agrave; les d&eacute;vier de sa canne qui se brise sous l'impact. Il est sans d&eacute;fense, accul&eacute; contre la paroi. J'y suis presque ! Mon bras se tend d&eacute;j&agrave;, les pointes s'allongent encore, se vrillent et s'entortillent pour les atteindre.<br /> L'un des agresseurs me voit arriver, il se d&eacute;tourne et fait claquer son arme contre mon bras. Je lui pr&eacute;sente mon &eacute;pauli&egrave;re droite, couverte de dentelures coupantes et lui rentre franchement dans le lard avec tout mon &eacute;lan. Juste &agrave; temps&hellip;<br /> Juste &agrave; temps pour voir le deuxi&egrave;me larron enfoncer son &eacute;p&eacute;e dans la poitrine du vieux r&ecirc;veur. Le bruit sec du sternum qui se brise et le r&acirc;le poisseux qui lui monte dans la gorge me donnent la naus&eacute;e. J'ai &eacute;chou&eacute; ! J'ai &eacute;chou&eacute; !!<br /> La sc&egrave;ne me coupe les jambes. Il retire d&eacute;j&agrave; sa lame rouge du sang de ce vieil ami et se jette sur moi. Comme dans un r&ecirc;ve, je pare son attaque. Elutrine change encore de forme, enrobe son &eacute;p&eacute;e et la coupe nette avant de plonger vers sa gorge pour le piquer et boire son sang. Le cri qu'il l&acirc;che en s'&eacute;croulant me glace le mien...mais pas pour longtemps.</span><br /> <br /> - RAAAAAAAAH !<br /> <br /> <span style="color: #999999;">La rage qui m'&eacute;treint se propage comme un feu ardent dans mes veines. Javel ! Je n'ai pas pu. Je te vengerai. Un dernier regard pour cette petite forme prostr&eacute;e et je retourne dans la m&ecirc;l&eacute;e. Les blessures m'indiff&egrave;rent et c'est avec effroi que je constate que Maille est en difficult&eacute;.<br /> J'all&egrave;ge la pression de son flanc droit en usant et abusant des m&eacute;tamorphoses incessantes du Kregg. Elle s'en donne &agrave; coeur joie et son rire r&eacute;sonne sous mon cr&acirc;ne, m'abrutissant compl&egrave;tement.<br /> Je m'abandonne &agrave; sa fougue, entrelace mon esprit au sien comme si nous &eacute;tions d&eacute;vor&eacute;s de passion l'un pour l'autre. Nous partageons nos sensations, elle me transmet la force du sang de nos adversaires et puise dans le mien pour s'allonger, se courber, se couvrir de piques et devenir toujours plus vicieuse. Je beugle encore et encore &agrave; m'en arracher le larynx.<br /> <br /> Je ne suis pas le seul &agrave; avoir remarqu&eacute; la chute de Javel. Le long cri qui est le mien et bient&ocirc;t repris par Kageisha. Perdu quelque part dans l'empoignade, je note une augmentation soudaine du nombre de gargouillis et d'exclamations. Et soudainement, une voix plus puissante et pourtant tellement tranquille :</span><br /> <br /> - Laissez le moi.<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Occuper &agrave; ferrailler, je n'ai que le temps d'apercevoir un colosse blond et barbu sans aucune arme apparente. Qu'est ce que ?<br /> Un coup d'&eacute;p&eacute;e puissant me lac&egrave;re le bras droit. Je constate avec horreur que ma main n'est plus l&agrave;. C'est la deuxi&egrave;me ! Plusieurs plaques de mon armure ont saut&eacute;es. Je souffre d'une plaie vilaine au front et je perds du sang par en bas.<br /> Enferm&eacute; dans une cage de folie et de douleur, mon esprit n'en continue pas moins de penser &agrave; ce colosse aux traits nordiques. Et soudain, la lumi&egrave;re se fait !<br /> Le coup qui m'&eacute;branle les dents m'emp&ecirc;che de formuler l'avertissement. Maille pivote brusquement et d&eacute;coupe un homme avec ses deux &eacute;p&eacute;es &agrave; la mani&egrave;re d'une paire de ciseaux monstrueuse.<br /> Haletant, couvert de sang et agit&eacute; de spasmes, je crache avant de lui lancer.</span><br /> <br /> - Arr&ecirc;te le&hellip;c'est&hellip;<br /> <br /> <span style="color: #999999;">Une ombre surgit sur le cot&eacute;, &eacute;p&eacute;e au clair. Mes yeux trahissent la peur panique qui m'&eacute;treint subitement. La m&ecirc;l&eacute;e &eacute;loigne le duc. Est-ce qu'il m'a entendu ? Aucune id&eacute;e. Mais la lame qui fouille soudainement mes entrailles, elle, je l'entends. Elle crisse contre mes os, elle lac&egrave;re mes muscles et mes organes&hellip;elle&hellip;<br /> <br /> Je &hellip;froid&hellip;.le tambour qui fait vibrer le sol&hellip;le bronze qui ressort tremp&eacute; de mon ventre. Tremp&eacute; de mon sang.<br /> <br /> Je l&egrave;ve le moignon de mon bras droit pour tenter de saisir quelque chose. Mes doigts de pierre raclent le sol. Elutrine s'agite d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment pour tenter de me redonner de la vigueur. Ce n'est plus la peine.<br /> <br /> Elle rel&acirc;che&hellip;je sombre&hellip;j'ai mal et je tremble&hellip;<br /> <br /> Ma vision brouill&eacute;e me propose des images &eacute;tranges.<br /> Je vois un visage. Une jeune fille brune &agrave; la peau liquide. Elle me regarde mais ses yeux ne trahissent ni tristesse ni joie.<br /> &hellip;<br /> Je ne vois plus son visage maintenant, dissimul&eacute; sous un masque noir.<br />Elle pointe une lame courb&eacute;e vers moi et l'approche de ma poitrine.<br /> Thrace&hellip;Thrace !<br /> &hellip;<br /> La pointe s'enfonce, lentement, tendrement. Elle traverse mon pectoral bossel&eacute; et vient cueillir mon c&oelig;ur palpitant comme un fruit m&ucirc;r. A gestes gracieux, elle appose ses doigts contre ma poitrine, se penche et embrasse mes l&egrave;vres tum&eacute;fi&eacute;es, avant de se retirer, aussi l&eacute;g&egrave;re et lourde qu'un soupir.<br /> &hellip;<br /> Je rouvre les yeux subitement sous la douleur. Un bras muscl&eacute; retire la lame dor&eacute;e qui vient de me larder la poitrine. Ma t&ecirc;te bascule en arri&egrave;re et j'ai juste le temps de voir Kageisha tomber &agrave; son tour&hellip;chose que je n'aurais jamais crue possible.<br /> Un filet de sang entre les dents, je go&ucirc;te la saveur min&eacute;rale de ce sol si froid et si dur.<br /> Mes yeux se referment.<br /> Mon c&oelig;ur s'arr&ecirc;te.<br /> &hellip;<br /> Et &agrave; nouveau cette jeune fille brune.<br /> Cette fois elle agite sa main.<br /> Non elle agite&hellip;quoi &hellip; ?<br /> Je pars. Elle prendra ma suite.</span></span></span><br /><br /><strong>Partager cet article :</strong> <a href="http://www.wikio.fr/vote?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Voter sur Wikio&quot;);"><img src="http://www.wikio.fr/shared/img/vote/wikio5.gif" alt="Wikio" class="icon" /></a> <a href="http://minurl.fr/?twitter&amp;titrelien=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Twitter&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/twitter.png" alt="Twitter" class="icon" /></a> <a href="http://del.icio.us/post?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316&amp;title=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur del.icio.us&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/delicious.png" alt="del.icio.us" class="icon" /></a> <a href="http://www.facebook.com/sharer.php?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316&amp;t=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Facebook&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/facebook.png" alt="Facebook" class="icon" /></a> <a href="http://digg.com/submit?phase=2&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316&amp;title=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Digg&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/digg.png" alt="Digg" class="icon" /></a> <a href="http://www.technorati.com/faves?add=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Technorati&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/technorati.png" alt="Technorati" class="icon" /></a> <a href="http://myweb2.search.yahoo.com/myresults/bookmarklet?u=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316&amp;t=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Yahoo!&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/yahoo.png" alt="Yahoo!" class="icon" /></a> <a href="http://www.stumbleupon.com/refer.php?url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316&amp;title=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Stumbleupon&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/stumbleupon.png" alt="Stumbleupon" class="icon" /></a> <a href="http://www.google.com/bookmarks/mark?op=edit&amp;output=popup&amp;bkmk=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316&amp;title=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Google&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/google.png" alt="Google" class="icon" /></a> <a href="http://blogmarks.net/my/new.php?mini=1&amp;simple=1&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316&amp;title=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Blogmarks&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/bmarks.png" alt="Blogmarks" class="icon" /></a> <a href="http://mystuff.ask.com/mysearch/QuickWebSave?v=1.2&amp;t=webpages&amp;title=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Ask&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/ask.png" alt="Ask" class="icon" /></a> <a href="http://slashdot.org/bookmark.pl?title=Chapitre+25+%3A+Froide+flamme+qu%27est+ta+larme+%21&amp;url=http%3A%2F%2Fsakutei.eklablog.com%2Fchapitre-25-froide-flamme-qu-est-ta-larme-a971316" rel="nofollow" onmouseover="Help.bubble(this, &quot;Partager sur Slashdot&quot;);"><img src="http://sakutei.eklablog.com//images/bookmarks/slashdot.png" alt="Slashdot" class="icon" /></a><br /><hr />Article original rédigé par Sakutei et publié sur <a href="http://sakutei.eklablog.com">Bouillie de scribe par Sakutei</a> <br /> Reproduction interdite sans autorisation]]></content:encoded>
		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 16:34:22 +0100</pubDate>
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		<dc:creator>Sakutei</dc:creator>
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